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« Les enfants sont exposés quotidiennement à la langue » dans cette maternelle bilingue d’Alençon... |
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Tom Perelle et Élodie Goguet ont commencé par une chanson avec petite chorégraphie en anglais. © Ouest-France
À l’école Saint-François-de-Sales d’Alençon (Orne), on ne perd pas de temps pour plonger les enfants dans le bain de l’anglais. Dans l’une des classes de maternelle, un assistant de langue est présent tous les matins.
C’est le grand jour pour les loupiots de la toute petite section de l’école Saint-François-de-Sales d’Alençon (Orne), en ce lundi 1er septembre 2025. Les bouts de chou ont deux ou trois ans, et sont dans une classe presque comme les autres, à la différence près qu’elle est bilingue ! Mais avant d’être plongés dans le bain polyglotte, il faut souvent sécher les larmes, et ça, on ne peut le faire que dans la langue de Molière. Élodie Goguet, l’enseignante, et Tom Perelle, l’assistant de langue, sont là pour calmer les gros chagrins. Et c’est parti pour une chanson, intitulée « Hello Hello ».

Les activités et jeux sont traduits par Tom Perelle. Ouest-France
Elle est totalement en anglais. Il y a une chorégraphie. Il faut taper dans ses mains à « clap your hands », taper des pieds, bref, c’est super fun, les minots s’essayent à l’exercice. Et une toute petite fille, les yeux toujours embués, sourit franchement tout à coup, au moment d’applaudir.
« You’re stealing my bread ! »
Puis, les enfants jouent : l’une a une poupée. Elle la donne à Tom, qui remercie, et traduit en anglais : « Thank you ! » Il la lui rend, elle doit aussi remercier, dans la langue de Shakespeare, évidemment ! C’est le principe : les mettre dans un bain bilingue : « Même en dehors des activités, on les expose quotidiennement à la langue », expose-t-il. Il sera là tous les matins. Tous les moments de rituels, comme la petite collation, seront évidemment traduits. « Au cours de l’année, on va tourner sur des ateliers, au fur et à mesure. Il y aura une zone de la classe identifiée où l’on ne parlera qu’en anglais. »

Tom Perelle, assistant de langue et Élodie Goguet, enseignante de la classe de maternelle bilingue. Ouest-France
Le jeune homme de 25 ans est professeur de littérature anglaise, à l’origine, et enseigne aussi aux BTS. C’est la première fois qu’il s’occupe d’aussi jeunes enfants, et on dirait qu’il a fait ça toute sa vie. À la dînette, il rit, quand un enfant lui chipe une fausse tranche de brioche : « Tu voles mon pain ! You’re stealing my bread ! » C’est la « méthode perroquet », comme il dit, qui consiste à traduire et répéter.

La classe bilingue anglais a démarré cette année 2025. Ouest-France
« Je suis très enthousiaste »
Pour Élodie Goguet, qui enseigne ici depuis quatre ans, « c’est une première pour moi, je suis très enthousiaste ! Je suis convaincue par ce projet. » En plus, avec quinze inscrits, « c’est un petit groupe, c’est génial. » Et c’est important, car le métier est fatigant : « C’est intense, un enfant, c’est entier. On doit gérer leurs émotions. C’est à nous de leur créer une nouvelle zone de confort. » Car cet apprentissage supplémentaire vient en plus du reste.

Les enfants apprennent une chanson en anglais. Ouest-France
Valérie Roustel, la directrice de l’école, expliquait il y a quelques mois à Ouest-France : « On démarre en petite section et on poursuit jusqu’en CM2, avec trois heures d’anglais tous les matins. Les élèves passent normalement la certification Cambridge en CM1. » Élodie Goguet, elle, indique qu’il reste encore des places : « Les parents désireux peuvent venir voir. » En tout cas, cette histoire, ça ressemble fort à une« good idea. »