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« Les fautes d’orthographe, ça me fait mal » : cette prof de français planche sur une dictée du certificat d’études... |
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Marie-Suzanne Jombart a rendu une copie parfaite à son instituteur, Daniel Lesage. © Ouest-France
Venue à la 18e rue du livre de Torigni-sur-Vire (Torigny-les-Villes, Manche) pour présenter ses livres pour enfants, Marie-Suzanne Jombart a aussi fait la dictée par passion pour la langue française.
Professeure de français en collège-lycée, dont une vingtaine d’années à l’institut Saint-Lô, à Agneaux (Manche), Marie-Suzanne Jombart était venue pour présenter ses livres pour enfants. J’ai découvert sur place qu’il y avait une dictée. J’ai trouvé cela amusant et, sachant que c’était une dictée du certificat, cela m’a fait penser à mes parents qui, à l’époque passaient le certificat d’études.
Elle s’est mise dans leur peau en dépliant sa petite feuille double, qu’elle a noircie du texte de Théophile Gautier, Le défi du rossignol, dicté par Daniel Lesage. Il n’y avait pas de difficultés majeures. Peut-être un accord du participe passé et deux ou trois mots de vocabulaire (le verbe pépier, motet et fioritures) sur lesquels j’ai entendu que des gens avaient buté dessus, mais j’ai trouvé que c’était bien »,
a estimé l’écolière d’un jour, émettant une petite réserve : Pour un niveau CM2, c’était relativement long.
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« Je suis très inquiète »
J’ai eu la chance de faire découvrir la littérature à mes élèves. Je les ai fait lire et découvrir de belles pages. Je leur ai vraiment inculqué l’amour des beaux mots,
se félicite l’ancienne professeure de français, avec nostalgie. Je crains qu’à l’heure actuelle, avec les réseaux sociaux et tout ce qui est trop facilité maintenant pour les jeunes, ils ne prennent plus le temps de lire et qu’ils se réfugient derrière des réponses toutes faites.
Impossible d’enclencher la marche arrière, pas même d’appuyer sur la pédale de frein. Notre monde va beaucoup trop vite. Quand on voit les SMS et quand je lis des adultes qui ont la prétention d’écrire des romans ou autres… Les fautes d’orthographe, c’est inimaginable. Moi qui suis une maniaque de l’orthographe, ça me fait mal.
Je suis très inquiète,
confesse Marie-Suzanne Jombart. Je crains que l’orthographe ne retrouve jamais sa vraie valeur.
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« J’ai déjà le titre »
Cette dictée n’a pas fait oublier à l’auteure qu’elle était d’abord là pour présenter ses livres. J’écris pour les enfants, mais je ne veux pas un langage bêtifiant, bébé. On m’a dit, et ça me fait plaisir, que je fais de la littérature enfantine. J’estime qu’il faut considérer les enfants comme des adultes en devenir et qu’ils ont le droit d’avoir de jolis mots, même parfois un peu recherchés, qui leur donnent envie.
La dictée de Théophile Gautier pourrait même guider sa plume pour une prochaine histoire sur les animaux et les chants. J’ai déjà le titre : Chorale de Chante val »,
nous a-t-elle confié.