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« Noël, c’est 30 à 40 % de notre chiffre d’affaires » : en fin d’année à Argentan, les chocolatiers bûchent encore plus... |
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Taoufik Laasri est le pâtissier chocolatier de la Maison Lecointre, à Argentan. © Ouest-France
Comment les chocolatiers d’Argentan (Orne) vivent-ils l’intense période des fêtes de fin d’année ? En cette mi-décembre 2025, nous sommes allés à leur rencontre au milieu de cette période cruciale pour leur activités... et la pérennité de leurs commerces.
Les fêtes de fin d’année, c’est offrir ou recevoir des cadeaux, partager un repas en famille. Avec, comme feu d’artifice, la traditionnelle bûche de Noël. Traditionnelle… ou pas ! Depuis longtemps, la bûche au beurre cohabite en effet avec une flopée de cousines, aussi appétissantes les unes comme les autres. En cette mi-décembre 2025, entre les bûches glacées qu’elle est « sans doute la seule à proposer à Argentan » et les bûches pâtissières, la Maison Lecointre, à Argentan, offre ainsi le choix d’une dizaine de bûches différentes.
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Alors si on compte les commandes des fameux Étriers Normands « qui marchent très bien », les autres douceurs au cacao et la pâtisserie fine élaborée par Taoufik Laasri (successeur de Joël Lecointre il y a deux ans) et ses trois salariés, les journées de 24 heures n’y suffiront bientôt plus. « À partir de la fin novembre, ma journée de travail commence à 4 h du matin et se termine au plus tôt à 20 h, ça fait partie du métier », sourit le trentenaire qui gardera sa boutique ouverte tous les jours, jusqu’au 6 janvier, rue de la Chaussée.
Huit pains spéciaux pendant le week-end
Car la période est cruciale pour le pâtissier chocolatier qui réalise tous ses produits sur place. « L’an dernier, Noël a représenté 30 % de mon chiffre d’affaires ». Et depuis quelques mois, l’artisan a ajouté une nouvelle corde à son arc, proposant la vente de pains qu’il conçoit lui-même. Pas de baguette blanche, uniquement des baguettes de tradition et des pains spéciaux : quatre sortes en semaine, huit pendant le week-end.
Taoufik Laasri a un faible pour la Saint-Ouen, un pain « élaboré avec Arnaud Viel, à base de farine de la minoterie Dubois, qu’on trouve au restaurant La Renaissance et ici ». Son pain au lin fait le bonheur des personnes diabétiques, tandis que le pain au maïs « passe très bien auprès des personnes intolérantes au gluten ».
A « C par Gourmandise », la clientèle quadruple avant Noël
Un peu plus bas, rue Etienne-Panthou, le carillon de la boutique C par Gourmandise n’en finit plus de tinter. « Mercredi on a accueilli trente-huit personnes, soit trois fois plus qu’un jour habituel, calcule la responsable Chantal Marie. Et la semaine qui précède Noël, on quadruple la clientèle ! »

La boutique C par Gourmandise : la vendeuse Nadine, le chocolatier Nicolas Bisson, la gérante Chantal Marie, et Denise, fidèle cliente nonagénaire. Ouest-France
Ce qui fait que la période de fin d’année représente 40 % du chiffre d’affaires. « A Pâques aussi, on a du monde. Mais les prix sont moindres, ce sont surtout des friandises pour les enfants… Alors que pour Noël, les gens se lâchent ! » sourit Nadine, la vendeuse, jetant un regard circulaire dans la boutique regorgeant de ballotins, tuiles, macarons, biscuits et autres marrons glacés. « La nouveauté de l’année, le cake de Noël, se vend également très bien. »
A l’arrière, dans le laboratoire, le chocolatier maintient la cadence depuis quelques semaines. « On commence par les moulages, avant de poursuivre avec les intérieurs », précise Nicolas Bisson. Prochainement, il proposera une boîte de macarons des rois, où les gourmands trouveront une couronne… et une fève pour les plus chanceux.