|
« On espère de l’aide »: réfugié en Normandie depuis huit mois, ce couple d’Iraniens dénonce la répression dans son pays... |
1
Bahman Chenegi et Sepideh Razmjoo, deux artistes iraniens, sont très inquiets pour leurs familles et leurs amis. Ils sont réfugiés dans la Manche depuis juillet 2025. © Ouest-France
Depuis juillet 2025, Bahman Chenegi et Sepideh Razmjoo, deux artistes iraniens, sont accueillis à Donville-les-Bains, dans la Manche. Censurés et brimés par le régime des mollahs, ils ont dû fuir leur pays. Témoignage.
Sepideh Razmjoo et Bahman Chenegi, un couple d’artistes iraniens, sont connus dans le secteur de Granville (Manche). À deux reprises, ils ont été invités au festival Botanik’art et ont sculpté devant le public. En décembre 2025, ils ont exposé dans l’ex-office de tourisme. En janvier 2026, ils ont participé au festival de sculpture sur glace de Valloire (Savoie). Prochainement, Bahman et Sepideh sculpteront un tronc d’arbre dans la cour de l’école publique. Une œuvre d’art comme un message d’espoir.
Voir aussi : VIDÉO. Iran : des étudiants scandent des slogans contre le pouvoir à Téhéran
Obligée de se voiler
Pour autant, l’espoir de voir l’Iran sortir de l’impasse est mince aux yeux de ces artistes qui ont dû fuir leur pays. Ils ont récemment obtenu le statut de réfugiés. Nous sommes arrivés en France en juillet 2025
, explique Sepideh. Par ses sculptures, l’artiste dénonce le statut des femmes voilées. Un jour, alors qu’on circulait en voiture j’ai reçu un SMS nous disant de nous rendre à la police parce que Sepideh qui était à côté de moi, ne portait pas de voile. C’est passible d’une amende. Et si on ne se présente pas au commissariat, ils nous confisquent la voiture !
raconte Bahman. Lui, a été contraint de retirer des sculptures faisant allusion à des élections démocratiques comme cette grosse main en bois glissant un bulletin dans une urne…
Lire aussi : L’Iran estime qu’il existe « de bonnes chances » de parvenir à un accord avec les États-Unis
« On espère de l’aide, d’où qu’elle vienne »
Ne pouvant s’exprimer librement, ces artistes de renommée internationale ont quitté l’Iran. Très affecté par la vague de répression sanglante qui a déferlé sur leur pays en janvier, le couple espère des jours meilleurs pour leurs familles et amis. Les communications étant coupées, nous n’avions plus de nouvelles. Depuis le 25 janvier, via le réseau Starlink, on peut à nouveau échanger. Les activistes estiment à 30 000 le nombre de morts, dont Mehdi Salahshoor, un ami, sculpteur réputé, père de deux enfants. Et à 50 000 le nombre d’arrestations. Ils ont achevé des blessés dans un hôpital, emprisonné des médecins et des professeurs. Mon père a été blessé à la mâchoire. Toutes les familles ont perdu un proche ou un ami. Les militaires sont omniprésents et le couvre-feu est à 19 h…
, énumère Sepideh, très émue.
Aujourd’hui les deux réfugiés estiment que le peuple iranien ne peut s’en sortir seul. On espère de l’aide, d’où qu’elle vienne. La population est désappointée. On ne peut pas continuer sous le régime des mollahs. Trump n’interviendra pas s’il n’a pas d’intérêts. Il existe bien plusieurs groupes opposés au régime islamiste, mais il n’y a pas d’union. Des élections démocratiques seraient la solution.