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« On est restées les mêmes » : cinquante ans après, les deux « meilleures copines » se retrouvent presque par hasard... |
Courrier des lectrices et des lecteurs. « Pendant toutes ces années, il m’était arrivé de me demander ce qu’elle était devenue. Elle aussi se posait la même question. Nous étions les meilleures copines du monde au lycée. Après la terminale, nos chemins s’étaient séparés… »
Dans le cadre de notre rubrique « Courrier des lectrices et des lecteurs », Catherine Broudic (Ille-et-Vilaine) nous livre cette belle histoire :
« Cinquante ans que nous ne nous étions pas vues… Pourtant, pendant plus de vingt ans, Françoise et moi avons vécu non loin l’une de l’autre. Moi, à Rennes et Françoise, à Thorigné-Fouillard (Ille-et-Vilaine).
Pendant toutes ces années, il m’était arrivé de me demander ce qu’elle était devenue. Elle aussi se posait la même question. Nous étions les meilleures copines du monde au lycée, et ce, depuis la 4e au lycée Bossuet de Lannion (Côtes-d’Armor). Après la terminale, nos chemins s’étaient séparés.
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« J’ai très envie de te lire… »
En juin 2025, lors d’une séance de dédicaces à Saint-Nicolas-de-Redon (Loire-Atlantique), pour la sortie de mon livre Moi, ma terre, un correspondant local de presse vint m’interviewer. En couverture, une photo de moi, jeunette, et mon nom bien entendu. Quelques jours plus tard, l’article parut dans Presse-Océan . Le hasard fait parfois bien les choses ; à la suite de cet article, Françoise m’envoie un message (passé dans les spams en plus) : « J’ai très envie de te lire et je serais vraiment très contente d’avoir de tes nouvelles ».
C’est ainsi que nous nous sommes retrouvées. C’était comme si nous ne nous étions jamais perdues de vue, à part les marques du temps sur nos visages. On porte allégrement nos 71 ans, mais nous sommes restées les mêmes au fond de nous.
On a fêté ça avec une coupe de champagne à la main. On a bien ri, chacune avec ses propres souvenirs. Notamment cette année 1968, où nous avions participé à un sit-in dans la grande cour de l’école des garçons, trop jeunes alors pour aller manifester, mais assez matures pour s’opposer à l’autorité en place, en l’occurrence les professeurs. Nous étions libres et rebelles. Nous portions des minijupes ou des pantalons à pattes d’éléphant.
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« Des bêtises de toutes sortes »
Ce furent des années de lycéennes bien remplies… en bêtises de toutes sortes : la craie sur la chaise du prof d’allemand, les épinards à la cantine fourrés dans nos poches avec du papier journal – il faut savoir que si on ne mangeait pas, on nous mettait automatiquement de corvées de vaisselle –, le vol de châtaignes en automne…
On se souvient de cet enseignant qui sentait l’ail, des boulettes et des avions de papier qui volaient dans les classes, des cours de biologie avec des souris ou des grenouilles à disséquer. Des punitions, aussi, comme les colles du jeudi – jour sans cours – ou encore ces heures passées à genoux sur les prie-dieu en bois dans l’église. Il y avait aussi ce petit café rue des Chapeliers à Lannion, près du cinéma, où nous passions du temps quand on séchait les cours…
Rires et blagues ! Malgré tout, nous étions plutôt de bonnes élèves, avec des parents exigeants derrière nous. Françoise était douée en maths et en sport. Grâce à elle, je me surpassais dans ces domaines. Moi, j’étais plus portée sur le français, la philo et la biologie.
Nous nous sommes retrouvées, avec ce lien d’amitié qui va encore perdurer… »
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