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« On ne joue pas pour l’argent » : depuis dix ans, le club d’Argentan attire les fans de poker... |
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Debout : Sébastien (trésorier), Sandrine (présidente), "John", "Ladoix", "le kid ". En bas : Davy (secrétaire), Nicolas (trésorier adjoint), Cyril (vice-président) , Jacky (secrétaire adjoint). © Ouest-France
Voilà dix ans que le club de poker d’Argentan (Orne) fait vivre la passion de son jeu. Dimanche 25 janvier 2026, une trentaine de ses adhérents s’étaient donné rendez-vous dans la salle Guy-de-Maupassant pour un tournoi interne. Retour sur une journée 100 % poker.
Dimanche matin, 10 h : quatre tables de huit à neuf joueurs. À la salle Guy-de-Maupassant, à Argentan (Orne), un marathon commence pour ceux qui auront la main chanceuse. En s’approchant d’une des tables de jeu, on peut voir les joueurs avec leurs blindes (mises obligatoires avant chaque donne). Elles augmentent toutes les vingt minutes pour maintenir la pression. « C’est un tournoi interne. On a huit manches dans l’année. Les premiers éliminés sortiront de la partie au bout d’une à deux heures. Pour les meilleurs, la journée se terminera vers 18 h », détaille Sandrine Maillard, la présidente du club.
« On ne joue pas pour l’argent »
Le vainqueur final (en fin d’année) décroche un séjour en Espagne pour participer au Florida Poker Tour. S’il y a un beau lot à la clé, il y a une règle d’or ici : « On ne joue pas pour l’argent, seulement pour des lots. Cela nous évite d’attirer les mauvais joueurs. », Insiste Sandrine, protectrice de l’esprit maison.
Le club, créé il y a dix ans, compte aujourd’hui 41 adhérents venus des environs d’Argentan et d’un peu plus loin. « Le Kid » (tous les joueurs ont des surnoms, des alias dans le jargon poker), 79 ans, doyen des lieux, habitant Bagnoles-de-l’Orne, raconte : « Ma fille m’a suggéré de venir. J’ai toujours joué aux cartes, mais ici, c’est l’ambiance qui m’a convaincu. » John, 29 ans, est lui d’Argentan. Il se souvient : « Je suis arrivé par curiosité. D’abord, j’ai regardé. Puis je me suis pris au jeu. »
D’autres comme « Ladoix » font la route depuis Caen : « Avant, je jouais dans un grand club où les gros lots prenaient le pas sur le plaisir. Ici, je joue à l’instinct, pour m’amuser. »
Le self-control essentiel pour ne pas trahir sa main
Et c’est vrai qu’ici le poker se joue sans logiciels ni statistiques. Les fameux « tells » (petits signes révélant la force de ses cartes) sont scrutés. « Il faut éviter l’effet tunnel, penser surtout à ce que l’autre peut avoir », rappelle Cyril, membre du bureau. Le self-control est essentiel pour ne pas trahir sa main.
Le club participera cette année pour la première fois au championnat de Normandie, rassemblant une dizaine de clubs et 80 joueurs de Saint-Lô à Vire, sous l’égide de la fédération française de poker associatif (FFPA). « On voudrait l’organiser à Argentan mais il nous faudrait une grande salle. Et puis l’équilibre d’un club est fragile, prévient Sandrine Maillard. Les gens qui intègrent le club, le font par le biais d’un membre actif. Ils font des dons (libres) pour adhérer à l’association. »