|
« Perseigne n’est pas une zone de non-droit » : préfet et maire condamnent les violences à Alençon... |
3
Vingt-quatre véhicules ont été incendiés, dans la nuit du 27 au 28 septembre 2022. Le maire Joaquim Pueyo et le préfet Sébastien Jallet se sont rendus sur place, mercredi. © Ouest-France
Le maire d’Alençon (Orne) Joaquim Pueyo et le préfet Sébastien Jallet sont venus à la rencontre des habitants du quartier de Perseigne, mercredi 28 septembre 2022, après une nuit d’émeutes où 24 véhicules ont été incendiés.
Dans la nuit du 27 au 28 septembre 2022, une nouvelle nuit de violences urbaines a agité le quartier de Perseigne, à Alençon (Orne). Ce mercredi 28 septembre, la préfecture de l’Orne décomptait 24 véhicules brûlés. Trois ont été retournés pour freiner la progression des forces de l’ordre et un abri de bus a été détruit. La ligne 1 des bus Alto ne dessert plus les arrêts Tisons, Rhin-et-Danube, Zola, Jeanne-d’Arc, Flaubert, place de la Paix, ainsi que les collèges Louise-Michel et le lycée Leclerc, jusqu’en début d’après-midi, mercredi.

Vingt-quatre véhicules ont été incendiés, dans la nuit du 27 au 28 septembre 2022. Ouest-France
Le maire d’Alençon, Joaquim Pueyo, s’est rendu sur place dans la matinée, pour rencontrer les habitants et les victimes. « Dans un État de droit, il n’est pas acceptable qu’une minorité mette un quartier à feu, détruisant des biens publics et privés. Les Alençonnais ne peuvent pas être pris en otage dans leur propre quartier et être spectateurs de faits remettant en cause la quiétude à laquelle ils ont droit », a-t-il réagi.
Une permanence pour les victimes
Les habitants de Perseigne dont le véhicule a été endommagé seront accueillis à la Maison France services de Perseigne, place de la Paix, de 13 h 30 à 17 h 30, ce mercredi. Et au CCAS, 24, place de la halle au Blé, jeudi matin, de 8 h 30 à 12 h. Les habitants bénéficieront d’un accompagnement administratif dans leurs démarches auprès des assurances. Ils seront par ailleurs orientés vers l’association d’Aide aux victimes, de contrôle judiciaire socio-éducatif, d’enquête de personnalité et de médiation pénale (ACJM) pour se porter partie civile. À noter : il est impératif que les victimes se rendent rapidement au commissariat de police ou à la gendarmerie pour déposer plainte

Le maire Joaquim Pueyo et le préfet Sébastien Jallet se sont rendus dans le quartier, mercredi matin. Ouest-France
La Ville et la communauté urbaine déposent plainte
Il a également salué « le courage des forces de l’ordre et des sapeurs-pompiers, mobilisés sur place durant la nuit. Nous exprimons également tout notre soutien et notre solidarité aux habitants du quartier de Perseigne. Nous avons une pensée particulière pour les victimes de dégradation de biens privés ». Il a annoncé que la Ville et la Communauté urbaine d’Alençon allaient déposer plainte. « Nous souhaitons vivement que les auteurs de ces faits soient interpellés, traduits en justice et que les peines soient à la hauteur des préjudices moraux et physiques causés. »
Le préfet de l’Orne, Sébastien Jallet, est aussi sur place, ce mercredi matin. « Cette nuit, une trentaine d’émeutiers a été à l’origine de ces violences. Avec la volonté manifeste d’attirer les forces de l’ordre dans un guet-apens, aux alentours de 23 h 15- 23 h 30. Nous pouvons penser qu’il y a un lien avec l’interpellation qui a eu lieu dans la journée. » Selon nos informations, un homme, sous le coup d’un mandat d’arrêt, a bien été interpellé et écroué mardi 27 septembre. Il se trouvait alors dans un véhicule qui avait refusé de s’arrêter à contrôle de police.
« Dans le quartier, des interpellations, des démantèlements de trafics sont opérés. La semaine dernière, la Brigade anticriminalité (Bac) a interpellé deux dealers. Nous faisons mal aux trafiquants. »
« Pas de blessé »
Face aux casseurs, des policiers de l’Orne et onze militaires des compagnies de gendarmerie d’Argentan, de Domfront et de Mortagne, qui ont été mobilisés pour sécuriser l’action des pompiers et neuf policiers du Mans arrivés en renfort.
L’objectif : « forcer les barricades, mettre en fuite les émeutiers et réinstaurer l’ordre dans le quartier. Les forces de l’ordre ont essuyé plusieurs dizaines de tirs de mortier. Il n’y a pas eu de blessé, ni du côté des forces de l’ordre, ni du côté des pompiers », détaille le préfet, qui indique s’être rendu sur place dans la nuit.
Sébastien Jallet assure que le dispositif de sécurité sera renforcé « cette nuit et dans les jours prochains. Force est restée à la loi hier soir et restera toujours à la loi. C’est une mission que nous menons avec la plus grande fermeté. Perseigne n’est pas une zone de non-droit. Nous ramènerons la tranquillité dans la durée ».