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« Tôt ou tard, il y aura un blessé »: les syndicats de police inquiets après les violences à Alençon... |
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Ce mercredi matin, les carcasses des vingt-quatre véhicules incendiés sont retirées de la chaussée. © Ouest-France
Dans la nuit du mardi 27 au mercredi 28 septembre 2022, un nouvel épisode de violences urbaines s’est produit dans le quartier de Perseigne, à Alençon (Orne). Vingt-quatre voitures ont été incendiées. Et les policiers visés par des tirs de mortiers d’artifice. Les syndicats de police réclament plus de moyens et s’inquiètent pour l’intégrité physique des fonctionnaires.
Après une nouvelle série de violences urbaines, dans la nuit du mardi 27 au mercredi 28 septembre 2022, dans le quartier de Perseigne à Alençon (Orne), les syndicats de police montent au créneau. Si « personne n’a été blessé au cours de l’intervention, ni du côté des forces de l’ordre, ni du côté des pompiers », confirme le préfet, Sébastien Jallet, les syndicats s’inquiètent de la montée de la violence dans ce quartier. Et des violences urbaines qui deviennent la réponse à toute nouvelle interpellation dans le quartier.
Mickaël Métairie, secrétaire du syndicat Unité SGP Police FO
« Comme l’an dernier, les collègues ont subi des jets de mortiers d’artifice. Cela devient malheureusement classique, à Perseigne. Le fait d’occuper le terrain régulièrement et de faire des interpellations dérange les trafiquants. Leur réponse, c’est de foutre le feu à des bagnoles mises en travers, de tirer et d’intimider la police. On est clairement ciblés parce qu’on fait notre taf et qu’on pète des points de deal. C’est devenu symptomatique et récurent. Tôt ou tard, il y aura un blessé. Il y a une volonté de casser du flic, ça fait peur. Il faut une réponse pénale très forte pour montrer qu’on ne lâche rien. »
Yoann Leandri, secrétaire régional adjoint de la zone de défense Ouest
« Des individus se pensent au-dessus des lois. La peur doit changer de champ. Unsa Police apporte son soutien aux policiers qui sont intervenus et aux habitants qui ne peuvent plus vivre en pleine quiétude dans ce quartier. Hier, on était véritablement sur des scènes de guérilla urbaine. On demande des effectifs supplémentaires pour faire face à ce genre de situations qui se répètent. »
Stéphane Tristant, délégué départemental du syndicat Alliance dans l’Orne
« Il y a eu plus de soixante tirs de mortiers d’artifice en direction des forces de l’ordre et vingt-quatre véhicules brûlés. On dénonce évidemment ces violences qui font suite à une interpellation pour un refus d’obtempérer. On réclame un renfort d’effectifs immédiats et conséquents sur la voie publique et auprès des services d’investigation dans tout le département. On a reçu treize effectifs supplémentaires mais cela vient seulement combler les départs à la retraite. On parle même de supprimer la Brigade anticriminalité d’Alençon par manque d’effectifs. Ce n’est pas concevable. »