Accueil Info Info en continu 81e anniversaire du Débarquement. Mais au fait, c’est quoi la Bataille de Normandie ?

81e anniversaire du Débarquement. Mais au fait, c’est quoi la Bataille de Normandie ?

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photo  moment crucial de la bataille de normandie, la fermeture de la poche de falaise-chambois est beaucoup moins connue dans le public que le débarquement du 6 juin 1944 lui-même.  ©  iwm 5

Moment crucial de la Bataille de Normandie, la fermeture de la Poche de Falaise-Chambois est beaucoup moins connue dans le public que le Débarquement du 6 juin 1944 lui-même. © IWM

La Bataille de Normandie est commémorée et célébrée chaque année dans le territoire. 81 ans après, mais comment s’est déroulée cette impressionnante opération militaire ?

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La Bataille de Normandie, baptisée opération Overlord (pour suzerain), se déroule entre juin et août 1944 en Normandie. Tournant majeur de la Seconde Guerre mondiale, elle permet aux Alliés d’ouvrir un nouveau front pour les combats par l’Ouest pour la reconquête de la France, puis de l’ensemble du territoire jusqu’à Berlin. Mais repousser les troupes du IIIe Reich n’a pas été une partie de plaisir. Retour sur la genèse de ce projet militaire inédit puis sur son déroulé, qui a marqué l’Histoire de la Normandie, de la France et bien au-delà.

Quel est le contexte en amont de la Bataille de Normandie ?

La Normandie est occupée par les troupes de l’Allemagne nazie depuis l’armistice du 22 juin 1940, comme une majorité du pays de la zone dite occupée (la moitié nord du pays ainsi que toute la façade Atlantique). Dans cette première période du conflit, où l’Allemagne nazie accumule les conquêtes territoriales (Pays-Bas, Belgique, France), l’idée d’une libération est encore bien loin. Le Royaume-Uni, qui fait face à la Bataille d’Angleterre puis au Blitz (de juillet 1940 jusqu’à mai 1941, campagne de bombardements menée par l’aviation allemande contre le Royaume-Uni), est bien logiquement concentré sur sa propre survie.

Les États-Unis, de leur côté, se tiennent à distance du conflit jusqu’à l’attaque japonaise sur la base navale de Pearl Harbor, le 7 décembre 1941. Ils leur déclarent la guerre le lendemain, puis l’Allemagne et l’Italie déclarent la guerre aux États-Unis le 11 décembre. L’entrée en guerre des États-Unis ouvre la perspective d’un second front du conflit en Europe de l’Ouest, en plus de celui où s’affrontent l’Allemagne et l’URSS depuis juillet 1941.

L’option d’un débarquement en Normandie met du temps à être validée. Un premier raid est mené sur le port de Dieppe, en Seine-Maritime, le 19 août 1942. 4 963 Canadiens, 1 125 Britanniques, 50 rangers américains et 15 fusiliers marins français (FFL), sept destroyers de la Royal Navy et un polonais, 66 escadrilles de la RAF (dont 5 polonaises) et 8 escadrilles de l’Aviation royale canadienne sont engagés. Quatre débarquements de flanc simultanés sont programmés sur un front de 16 km. Mais avec un mauvais choix de lieu de débarquement et un manque de préparation global, le raid tourne au désastre. Plus de 900 Canadiens sont tués et près de 2 000 sont faits prisonniers ; il y a aussi plus de 600 morts côté britannique.

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Il devient évident qu’un débarquement en Normandie devra être méticuleusement préparé pour ne plus essuyer un tel fiasco. Après une succession de conférences interalliées, qui actent notamment l’opération Torch en Afrique du Nord (novembre 1942) puis le débarquement en Sicile (juillet-août 1943) la décision d’attaquer par la Manche est prise en mai 1943 (conférence Trident, à Washington) et valident le choix de la Normandie en août (conférence de Québec). Le général américain Dwight David Eisenhower est nommé commandant suprême des forces expéditionnaires alliées et le britannique Bernard Montgomery commandant opérationnel des forces d’invasion terrestres, respectivement en décembre 1943 et janvier 1944.

Pourquoi le choix de la Normandie ?

Depuis mars 1943, le Chief of staff to supreme allied commander (Cossac) dirigé par le général britannique Frederick Morgan, est chargé de planifier ce débarquement sur les côtes Nord-Ouest de la France. Les premières ébauches de ce qui deviendra l’opération Overlord sont lancées. Les raisons du choix normand, qui se fait donc en août, sont multiples et les objectifs visés sont intimement liés.

Le match se fait entre la grande baie de Somme ou la baie de Seine. Le premier territoire, avec le Pas-de-Calais, a l’avantage de la logique : la distance avec la Grande-Bretagne est la plus faible (45 km) ; les avions de chasse Alliés, à l’autonomie de vol modeste, pourraient y protéger les bateaux qui débarquent ; l’accès vers l’Allemagne y serait plus rapide. Mais si la logique peut être une force, en temps de guerre, elle sait être contreproductive. Et l’occupant allemand en a fait l’une des parties les plus imprenables de son Mur de l’Atlantique.

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La baie de Seine compte à peu près autant d’avantages, sans en subir les inconvénients. Comme le Pas-de-Calais, elle propose de grandes plages de sable favorables à un débarquement. La Normandie est moins défendue par les Allemands, avec un canon par kilomètre contre quatre en baie de Somme. Et elle reste suffisamment proche des côtes Sud-Ouest britanniques pour permettre une offensive maritime rapide.

Quels sont les objectifs visés par le Débarquement ?

Avec cette opération, les forces Alliées ont pour objectif d’ouvrir un nouveau front en Europe de l’Ouest. Cette seconde tête de pont entend créer un accès rapide vers l’Allemagne, ce que ne permettent pas les difficultés rencontrées lors de la campagne d’Italie lancée en juillet 1943.

L’enjeu de la capture d’un port en eaux profondes, qui permet d’accueillir tout type de navire, en l’occurrence celui de Cherbourg, est central. Le nœud routier que représente Caen et son importance pour se diriger ensuite vers Paris, ville hautement politique et symbolique, est un autre enjeu dont la libération rapide est visée. La libération de la Bretagne et de toute la façade Atlantique est un objectif pour septembre 1944.

photo lisieux sous les bombes faisait partie des villes majeures à reprendre par les alliés sur la route vers paris.  ©  archives

Lisieux sous les bombes faisait partie des villes majeures à reprendre par les Alliés sur la route vers Paris. Archives

Les Alliés préparent le Débarquement en s’appuyant au maximum sur les erreurs de débarquements passés lors du conflit (Afrique du Nord, Sicile, Italie) mais aussi lors du raid de Dieppe. Le Premier ministre anglais, Winston Churchill, partage aussi son expérience de la bataille des Dardanelles (Turquie), lors de la Première Guerre mondiale, en 1915. Prendre le port de Cherbourg par la mer, notamment, est utopiste : cela devra se faire par les terres.

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À quelle date commence la Bataille de Normandie ?

La Bataille de Normandie, opération Overlord, commence le 6 juin 1944, avec le célébrissime D-Day, le Débarquement allié sur les plages de Sword (par les Britanniques et les Français des commandos Kieffer), Juno (par les Canadiens), Gold (par les Britanniques), Omaha et Utah (par les Américains), dans la Manche et le Calvados. C’est l’opération Neptune.

photo au large de la normandie le 6 juin à 6 h 18, au matin, le croiseur lourd « uss augusta » ouvre le feu sur les plages. navire amiral de l’opération neptune, il a à son bord, le général omar bradley, commandant de la 1re armée américaine.  ©  archives

Au large de la Normandie le 6 juin à 6 h 18, au matin, le croiseur lourd « USS Augusta » ouvre le feu sur les plages. Navire amiral de l’opération Neptune, il a à son bord, le général Omar Bradley, commandant de la 1re armée américaine. Archives

Et pourtant, cette date du 6 juin n’est pas celle qui était prévue initialement. Le D-Day était fixé au 1er mai 1944. Pour des raisons logistiques, il est repoussé d’un mois, au 1er juin. C’est alors que la météo s’en mêle. Les conditions sont mauvaises pendant plusieurs jours. Une première tentative avortée a lieu le 5 mais les navires sont rappelés. Les planètes sont finalement alignées le 6 juin : le Débarquement peut se faire et marque le début de la Bataille de Normandie.

Avec cinq divisions par les mers et trois par les airs, cette opération militaire amphibie et aéroportée est d’une ampleur inédite. Au soir du 6 juin, 156 000 soldats alliés font face à 80 000 soldats allemands. L’enjeu est de prendre les plages le plus rapidement possible et d’établir un point de jonction entre toutes les forces débarquées.

Quels sont les faits marquants et les étapes majeures de cette Bataille ?

Les Alliés ne s’imaginaient pas un succès rapide et les difficultés avaient été pour partie anticipées, mais ne pensaient sous doute pas rencontrer autant de résistance de la part des Allemands. Caen était programmée pour être reprise dès le 6 juin au soir, mais comme le relate l’historien Marc Laurenceau sur son site D-Day Overlord, elle « est ajournée, car les chars britanniques, prenant trop d’avance, perdent le soutien de l’infanterie et, craignant une contre-attaque blindée ennemie alors qu’ils ne sont plus qu’à une poignée de kilomètres de la capitale du Calvados, ils sont obligés de se replier ». Il faudra finalement sept offensives (Perch, du 7 au 15 juin ; Epsom, du 25 juin au 1er juillet ; Windsor, les 4 et 5 juillet ; Charnwood, du 7 au 9 juillet ; Jupiter, les 10 et 11 juillet et enfin Goodwood et Atlantic, du 18 au 20 juillet) pour finalement libérer la ville, entre le 9 et le 19 juillet, de la rive gauche à la rive droite, ainsi que d’intenses bombardements alliés, avec plus de 2 300 tonnes de bombes larguées sur la ville.

Côté Manche, l’enjeu de taille est de récupérer Cherbourg et son port en eau profonde, mené par les troupes américaines. Cela passe dans un premier temps par la Coupure du Cotentin, soit la libération du centre-Manche pour isoler les forces allemandes dans le nord du Cotentin. Elle se fait en quelques jours, avec la libération de Sainte-Mère-Eglise dès le 7 juin, de Carentan le 12 juin, de Saint-Sauveur-le-Vicomte le 16 juin et enfin Barneville-sur-Mer le 18 juin.

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La Libération de la ville et de son port deviennent encore plus urgents quand les deux ports artificiels construits par les Alliés à Arromanches-les-Bains et Saint-Laurent-sur-Mer sont fortement endommagés par une tempête les 19 et 20 juin. Plusieurs dizaines de navires coulent ou s’échouent et environ de 140 000 tonnes de matériels sont perdus. « Les 4 e, 9e, et 79e divisions américaines viennent à bout de leurs ennemis et atteignent la ville de Cherbourg le 21 juin qui tombe entièrement le 27, complète Marc Laurenceau. Elle n’est totalement sous contrôle qu’à partir du 1er juillet 1944. Ce n’est que le 17 juillet que le premier bâtiment allié entre dans le port de Cherbourg tout juste rénové pour décharger sa précieuse cargaison. »

photo pendant l’été 1944, des soldats américains dans la baie du mont-saint-michel.  ©  archives

Pendant l’été 1944, des soldats américains dans la baie du Mont-Saint-Michel. Archives

En parallèle puis à la suite de la reconquête du nord de la Manche, place au sud du territoire et à ses zones frontalières avec le Calvados pour la terrible Bataille des haies. Au cœur du bocage, elle débute le 13 juin 1944, au lendemain de la libération de Carentan et va durer jusqu’au 25 juillet, date du début de l’opération Cobra qui ouvrira la route vers la Bretagne.

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Le bocage est un enfer technique et stratégique pour les Alliés. Trop denses pour être traversées, trop hautes pour être franchies, elles obligent les chars comme les troupes d’infanterie à avancer par des zones à découvert et qui les exposent fortement aux soldats allemands. Ces derniers, qui tiennent le terrain, exploitent à merveille les possibilités de camouflage offertes par les haies bocagères. Le temps pluvieux du mois de juillet 1944 n’arrange rien : la progression doit en plus se faire - quand elle se fait ! - sur des sols boueux.

Il va falloir activer ses cellules grises pour trouver un moyen de franchir le bocage. C’est chose faite quand le sergent américain Curtis G. Culin fixe à l’avant de son tank des dents en métal fabriquées à partir d’obstacles antichars installés par les Allemands sur les plages normandes, pour découper la végétation. Le dispositif est validé par Eisenhower et les chars en sont équipés la seconde quinzaine de juillet. S’il relance leur avancée, c’est surtout l’opération Cobra, le 25 juillet, avec 4 000 tonnes de bombes larguées sur les lignes défensives ennemies au-dessus de La Chapelle-en-Juger, à la hauteur de la route Saint-Lô – Périers, sur une bande de 6 km de long et 2 de large, qui achève la résistance allemande et permet la percée d’Avranches et sa libération le 31 juillet par la 3e armée américaine du général Patton.

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Enfin, le dernier objectif est de partir à l’est vers Paris. Les troupes américaines, par divisions entières, quittent la Normandie par un couloir étroit d’une dizaine de kilomètres entre la côte et le front. Dans un acte désespéré, Hitler impose la contre-attaque de Mortain, du 6 au 12 août. Cette contre-attaque fait environ 5 000 morts côté américain et 10 000 tués et blessés chez les Allemands, qui subissent un échec cuisant. Et laisse surtout Mortain en ruine.

La dernière bataille d’envergure stratégique est celle de la poche de Falaise, aussi appelée poche de Chambois - Mont-Ormel, qui commence dans la foulée de la contre-attaque avortée. Elle se déroule autour de Trun, Argentan, Vimoutiers et enfin Chambois, où les Allemands sont encerclés pour de bon et battus le 20 août. Ces jours de bataille sont apocalyptiques. Le nombre de morts et de blessés est impressionnant côté allemand (10 000 morts, 50 000 prisonniers), mais aussi côté alliés (près de 26 000). C’est tout de même un succès pour ces derniers, qui s’ouvrent pour de bon la route vers Paris.

Quand s’achève-t-elle et quel est son bilan ?

La date de fin de la Bataille de Normandie diffère selon les historiens. Pour certains, la fermeture de la poche de Falaise-Chambois, le 19 août, en est la conclusion. La date principalement retenue est le 29 août, celle de la fin des opérations de franchissement de la Seine par les forces armées allemandes, commencées le 25 août, jour de la libération de Paris. Car ce jour, qui marque l’arrivée des trois armées alliées le long de la Seine, leur permet désormais de se projeter vers l’étape suivante : atteindre la Ruhr.

photo les dégâts des bombardements qui ont suivi l’opération overlord ont été particulièrement ravageurs pour de nombreuses villes, comme ici falaise (calvados).  ©  mémorial de caen

Les dégâts des bombardements qui ont suivi l’opération Overlord ont été particulièrement ravageurs pour de nombreuses villes, comme ici Falaise (Calvados). Mémorial de Caen

Mais pour d’autres, elle ne s’achève que le 12 septembre, avec la libération du Havre. Car toutes les villes ne sont pas libérées le 29 août ! Rouen ne l’est que le lendemain et Dieppe, par les armées canadiennes, le 1er septembre.

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Le bilan humain est particulièrement lourd dans les deux camps. Les Alliés comptent un peu moins de 210 000 victimes, avec près de 37 000 tués (21 000 Américains, 16 000 Britanniques et Canadiens). Côté allemand, on compte environ 50 000 morts, 80 000 blessés, 120 000 disparus et plus de 200 000 prisonniers.

Les civils ont aussi fortement souffert, entre bombardements et combats au sol. On estime à environ 20 000 les morts de civils en Normandie, dont un peu plus des deux tiers dans l’ex Basse-Normandie (8 140 dans le Calvados, 3 800 dans la Manche et 2 200 dans l’Orne). Un tribut lourd pour retrouver la liberté.

 
Pierre-Maxime LEPROVOST.    Ouest-France  

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