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Jean-Boris, jeune premier de l'élevage ornais... |
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Jean-Boris Bois, vice-président du syndicat national des éleveurs de chevaux Cobs normands, n'a que 26 ans. Son objectif : développer les usages du cheval dans les temps à venir.
C'est la dixième fois que Jean-Boris Bois, 26 ans, se rend au salon de l'agriculture qui ouvre aujourd'hui à Paris. Il est très investi dans le monde du cheval.
Les vocations aussi solides que celle de Jean-Boris Bois sont rares. C'est vrai, ses parents tiennent une ferme à Sainte-Opportune, en Suisse Normande. Mais ça ne veut rien dire : combien de jeunes ont déserté, au contraire, la ferme familiale ? Lui serait plutôt du genre... tombé dedans quand il était petit. « L'histoire a fait qu'à quatorze ans, je préférais avoir un cheval qu'une mobylette », commente simplement le jeune homme. Ses parents lui offrent alors une petite jument, la première de la ferme, dont Jean-Boris s'occupe, tout seul.
Vice-président de syndicat national
Dix ans plus tard, douze chevaux résident en permanence sur l'exploitation. La passion du jeune homme est devenue un métier. « À 17 ans, j'ai eu un deuxième cheval : une pouliche Cob normand. C'est à partir de là que j'ai voulu travailler avec cette race ». Celui qui vient à la ferme pour débourrer la jeune jument est le vice-président du syndicat national des éleveurs et utilisateurs de chevaux Cob normands. Jean-Boris en devient adhérent. Toujours volontaire pour rendre service, il est vite sollicité par le syndicat. « Quand une place d'administrateur s'est libérée, on m'a appelé pour que je me porte candidat. C'est un milieu où on a besoin de jeunes ».
Aujourd'hui, il est vice-président du syndicat et, par ailleurs, secrétaire de France Trait, qui fédère les organismes des neuf races de trait en France. À 26 ans, son esprit travailleur, son implication permanente, son sens des réalités et du contact le rendent incontestablement compétent. Et sa jeunesse est un atout : il se doit d'anticiper l'avenir.
Le cheval, une énergie solaire
Alors en plus de ses vaches laitières, qui font l'essentiel des revenus, Jean-Boris mise sur son cheval favori. Menus travaux agricoles, concours d'attelage dont le Cob normand est champion de France toutes catégories, concours d'élevage, tourisme équestre ou animations en carriole... Le potentiel existe. Et à l'heure de la fin du pétrole, le cheval pourrait bien revenir à la mode. « C'est de l'énergie solaire, puisque l'herbe pousse grâce à la photosynthèse ! », lance-t-il très sérieusement.
Le gros projet du moment, sur lequel planchent toutes les associations de chevaux de trait, est la mise en place de navettes attelées sur le site du Mont-Saint-Michel, pour assurer le transport du parking à l'entrée. « Le dossier a été remis au conseil régional et au ministère de l'Agriculture. Les enjeux sont énormes : cela permettrait de créer un pôle de formation et de recherche autour du cheval de trait », s'enthousiasme le jeune homme.
Voilà pourquoi le salon est « immanquable » selon Jean-Boris. « Tous les élus départementaux et régionaux passeront sur notre stand. On leur en parlera. Et on réfléchira aussi, entre éleveurs, à cette idée. Et à beaucoup d'autres ».