|
À Alençon, des jardins de dentelle suspendus à découvrir aux Beaux-arts jusqu’au 3 septembre... |
4
Guilaine Agnez, alias Zenga, était auparavant comédienne et s’est lancée dans la couture pour les besoins d’un spectacle, en 2015. Elle ne s’est pas arrêtée depuis. © Ouest-France
Le musée des Beaux-arts et de la dentelle ouvre une nouvelle exposition temporaire, jusqu’au 3 septembre 2023 : « Les jardins suspendus de Zenga ». L’artiste propose une promenade en terres asiatiques à travers des toiles de dentelle et de soie évoquant la nature.
Des fleurs se transformant en oiseau, des pétales devenant papillons, un croissant de Lune perçant l’obscurité de sa toile… Tout cela représenté avec de la dentelle. La nouvelle exposition temporaire du musée des Beaux-arts et de la dentelle d’Alençon (Orne), « Les jardins suspendus de Zenga », est « une promenade dans des jardins orientaux » à travers des toiles suspendues, d’après sa créatrice Guilaine Agnez. Elle y évoque « la nature, le bois, l’eau, le vent », à travers la couture, jusqu’au 3 septembre 2023.
Cet appel de la nature n’était pourtant pas le but premier recherché à l’origine. Car tout a commencé avec un « cabaret coquin sur la rencontre homme-femme » en 2015, un détournement de l’histoire d’Adam et Ève. L’artiste d’Orléans, surnommée Zenga, était alors comédienne et cherchait à installer dans son nouveau spectacle « un décor sensuel. D’où l’idée de la dentelle. »
L’artiste retrousse ses manches et se lance dans la couture « en totale autodidacte. Et j’ai adoré ça ! » En un an de travail, sa première œuvre est créée, L’arbre de la vie. « Je n’aimais pas coudre avant. Et depuis, je n’ai pas décroché. »

L’exposition est ouverte depuis mardi 11 avril 2023. Ouest-France
La Route de la soie
Une soixantaine de créations sont nées depuis 2015. Trente-quatre sont exposées au musée des Beaux-arts et de la dentelle pendant cinq mois. Elles témoignent de la rencontre entre « la dentelle artisanale et la dentelle mécanique ». C’est-à -dire que des motifs proviennent d’un travail à la main et d’autres des manufactures dentellières. « Je trouve cette rencontre formidable. » Une démarche « entre tradition et modernité » qui a plu à la conservatrice du musée, Johanna Mauboussin.

Zenga mêle dentelle artisanale et dentelle mécanique dans ses toiles, appréciant cette rencontre de deux savoir-faire. Ouest-France
Ces motifs ont été « trouvés lors de brocantes », se souvient l’artiste. Elle évoque même « une amie qui m’a donné sa vieille robe de mariée. Le vêtement était abandonné de tous, alors elle préférait la voir sur une œuvre d’art. »
Ses toiles sont toutes suspendues. L’art de la dentelle y rencontre le style asiatique, au sens large. Des réminiscences de la Route de la soie que Zenga a pu emprunter par le passé.
« Amener les gens dans un rêve »
L’une des particularités de cette exposition est sa division en deux ambiances : l’une obscure, le « jardin de minuit », et l’autre lumineuse, « le jardin de midi ». « Chaque jardin est une poésie qui amène les gens dans un rêve », explique l’artiste.

Ce croissant de Lune est l’une des œuvres phares de l’exposition. Ouest-France
Plus singulier encore, l’artiste a souhaité que d’autres sens des visiteurs soient mobilisés, pas seulement la vue. D’où l’odeur légère du jasmin, les sons d’oiseaux caressant les oreilles mais aussi des morceaux de soie entourant le petit guide de cette exposition. « Il ne manque qu’une dégustation à l’issue de la visite ! »
Jusqu’au 3 septembre 2023, de nombreuses activités ont été programmées en parallèle de cette exposition temporaire. Programme sur museedentelle.cu-alencon.fr.