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À Corbon, le Parc naturel du Perche aide à sauvegarder les berges de l’Huisne... |
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À Corbon (Orne), un sécateur géant est utilisé pour couper les arbres malades et les éloigner de la rivière. © Ouest-France
Face au phytophthora, un parasite qui touche les végétaux, des coupes d’arbres sont organisées à Corbon (Orne) pour régénérer la végétation bordant l’Huisne.
Depuis quinze ans, les aulnes glutineux sont de plus en plus nombreux à être malades. Très présents le long de l’Huisne, ils sont atteints par le phytophthora, un parasite qui se propage dans l’eau et sur les outils.
Pour limiter les ravages, les techniciens du Parc naturel du Perche accompagnent les propriétaires pour couper les arbres malades, comme ici, à Corbon (Orne).
« Des nécroses caractérisées par des tâches rouille à noirâtres »
« On peut suivre l’évolution du phytophthora en observant les arbres dont les feuilles jaunissent. Ensuite, le feuillage devient clairsemé et les cimes sont à nu. On peut aussi voir des nécroses caractérisées par des tâches rouille à noirâtres sur le tronc avec des suintements », explique Emmanuel Plessis, chargé de la gestion des milieux aquatiques (Gema) au Parc naturel du Perche.
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Il reste néanmoins positif : « C’est un arbre qui recèpe, c’est-à -dire qu’il repousse quand on le taille à la base. Si l’arbre est coupé à temps, cette opération entraîne une bonne régénération. Cela évite aussi que les arbres ne tombent dans la rivière et ainsi la contaminent et détériorent les berges. »
Un sécateur géant
Les agents du Parc peuvent marquer les arbres et apporter des conseils aux propriétaires riverains, qui restent responsables de l’entretien de la ripisylve. C’est ainsi qu’à Corbon, Alain Hareau a sollicité l’intervention de la Coopérative d’utilisation de matériel agricole (Cuma) de La Forêt-Auvray, qui dispose d’un sécateur géant qui peut couper des arbres de 60 centimètres de diamètre.
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L’engin de 27 tonnes est équipé de chenilles pour ne pas abîmer les sols. Son huile est bio pour éviter de polluer la rivière s’il en tombe dans l’eau.

L’engin de 27 tonnes est équipé de chenilles pour ne pas abîmer les sols. Ouest-France
Il est préférable au lamier ou à l’épareuse, qui participent à la propagation de la maladie. De même, l’incinération des arbres coupés est conseillée.
D’autres essences pour revégétaliser les berges
La coopération entre le Parc et les riverains s’étend à la revégétalisation des berges avec des essences complémentaires telles que les saules blancs. Sur cette portion de l’Huisne en contrebas de Mauves, certains, plantés il y a 8 ans, sont déjà hauts. Ils seront coupés plus tard et alimenteront la filière bois.