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À Sainte-Marguerite-de-Carrouges, ces jeunes rénovent La Normandière... |
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Paul, Théo, Anna, Théophile et Aurélien rénovent La Normandière, à Sainte-Marguerite-de-Carrouges (Orne). © Ouest-France
Chantiers participatifs, transmission de savoir-faire, rencontres et partages sont les mots-clés de l’association créée par cinq amis désirant rénover La Normandière, à Sainte-Marguerite-de-Carrouges (Orne).
La Normandière est un tout petit hameau de Sainte-Marguerite-de-Carrouges (Orne), qui compte deux habitations aujourd’hui. Ce lieu-dit, pourtant prospère jadis, est surtout connu pour y avoir vu naître le célèbre pain Poilâne.
En effet, Pierre-Léon Poilâne (1909-1993) y vivait et y a fait ses premiers essais du pain dans un four, dont il reste des vestiges à La Normandière. Il a quitté la Normandie pour Paris en 1930 pour y travailler, il y a affiné sa recette et rendu célèbre son pain.
Des amis de longue date
Théo, Anna, Aurélien, Paul et Théophile y ont donc acquis un lopin de terre (8 ha et quatre ruines) en 2022. Ils se sont rencontrés à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris Val-de-Seine (Ensa) et sont devenus rapidement inséparables.
Les études terminées, chacun s’est orienté selon ses aspirations personnelles, mais ils avaient envie d’un projet commun pour expérimenter et mettre à profit leurs propres expériences et techniques.
Manches retroussées et outils en main, ils s’attellent, depuis, à redonner vie à ce patrimoine en péril. Depuis deux ans, ils viennent de Paris, ensemble ou à tour de rôle, lors des week-ends et des vacances, pour organiser les chantiers. Il a d’abord fallu se mettre à l’abri et créer un espace de vie pour eux et un lieu pour les outils à stocker. Un équipement sommaire – un dortoir en mezzanine – et les voilà lancés dans l’aventure.
Rénover dans le respect de la nature
Leur projet est aussi un laboratoire d’expérimentations où se mêlent savoir-faire ancestraux et techniques respectant les ressources naturelles. Retrouver des méthodes ancestrales, utiliser des matériaux en réemploi (par exemple, ils ont pu récupérer les arches en bois de la toiture de la piscine Georges-Vallerey de Paris, renouvelée pour les JO), c’est leur credo.
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Désormais, ils accueillent des volontaires intéressés par les chantiers participatifs, les rencontres avec les anciens, les échanges… En ouvrant leurs chantiers à tous, ils souhaitent transmettre leur passion et faire revivre les méthodes traditionnelles de construction, mais c’est aussi le paysage qu’ils cherchent à mettre en valeur avec des sentiers et des potagers.
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Ils sont toujours à la recherche de matériaux mais aussi de professionnels qui pourraient leur faire profiter de leur expérience et de leurs conseils.
Parfaitement intégré au village, le groupe organise des visites de chantiers et en profite pour en apprendre toujours plus sur l’histoire du lieu.
Contact : pour participer à l’aventure, proposer des matériaux ou des conseils, contacter Aurélien au tél. 06 58 00 48 31.