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Alençon-Médavy. « La relocalisation aurait du bon »... |
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Pierre Vannier, à Alençon en 2018. © Archives Ouest-France
Des acteurs du sport normand lancent une réflexion sur l’avenir du sport. Et font part de leurs idées. Nous avons donné la parole à Pierre Vannier, l’organisateur de la course Alençon-Médavy.
Pierre Vannier, organisateur d’Alençon-Médavy :
« On est nombreux à se dire qu’il y a sûrement eu des excès dans le sport, mais nous sommes tous coupables. En course à pied, on a tous voulu avoir la plus belle course, celle avec le plus grand nombre de coureurs, les plus grands champions, les meilleurs temps, etc. Pour pouvoir arriver à un certain niveau d’événementiel, il faut avoir des salariés et pour les avoir, il faut faire un certain chiffre d’affaires. Tout cela engendre beaucoup de dépenses. Depuis une quinze d’années, pour la course Alençon-Médavy, nous avons divisé par trois la grille des prix, on essaye de revenir à des choses plus simples.
On se rend compte qu’on est arrivé au bout du système de mondialisation et que la relocalisation aurait du bon. On a oublié que le savoir-faire était aussi chez nous. On peut faire de très belles choses avec les collectivités locales et avec les bénévoles, qui sont notre première richesse.
Il faut revenir à des choses plus raisonnables et gérables. Ne plus être complice des déviances du monde sportif. Il faut que le sport redevienne raisonnable et que l’on arrête la surenchère des salaires, des prix qui sont choquants. Que l’on arrête de donner des légions d’honneur parce qu’on a fait un bon score lors d’une compétition. On ne meurt pas d’absence de sport dans le monde, on meurt d’absence de médecins et d’infirmières, pour reprendre les mots du milieu de terrain d’Amiens, Mathieu Bodmer. »