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Alençon. Autonomie et solidarité : les vertus cardinales du camp d’été des scouts... |
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Au sein de l’espace de temps spirituel, les dix jeunes du groupe Marcel Mézen d’Alençon font le salut scout, entourés par leurs chefs, Émilie Larvet et Ivan Martin. © Ouest France
Du samedi 24 juillet au dimanche 1er août 2021, dix scouts du groupe Marcel Mézen d’Alençon (Orne) ont installé leur camp d’été dans un jardin de Saint-Céneri-le-Gérei. Au cours de ce séjour, ces jeunes âgés de 11 à 14 ans apprennent à se responsabiliser et prendre soin les uns des autres, en lien avec les enseignements du catholicisme.
Foulard noué autour du cou, deux jeunes en chemise bleue tentent désespérément de ranimer le brasier malgré le crachin matinal. « Tout devient plus compliqué avec la pluie, déplore Ivan Martin, chef scout. On est obligés de s’abriter sous les bâches et tipis, quand on pourrait passer les nuits à la belle étoile. » Assis autour de lui, les « bleus boulets » acquiescent. Un drôle de nom pour ces dix jeunes âgés de 11 à 14 ans, qui forment le groupe des Scouts et Guides de France d’Alençon (Orne).
Du samedi 24 juillet au dimanche 1er août 2021, ils ont installé leur traditionnel camp d’été dans un jardin de particulier à Saint-Céneri-le-Gérei. Huit jours au cours desquels les enfants sont placés en autonomie, de la lessive à la vaisselle. Sans oublier l’installation du campement, bâti à l’aide de branches et de ficelle, sous forme d’un concours. « Le séjour est agrémenté de défis à réaliser en équipe »,témoigne Ivan Martin. À l’image de la compétition de cuisine du lundi soir, qui a fait appel à la créativité des enfants.

Victor tente de ranimer le feu éteint par la pluie qui arrose le campement, ce mardi 27 juillet. Ouest France
« On a fabriqué un « chococisson », une enfilade de chamallows nappé de chocolat en forme de saucisson », s’enthousiasme Amélie. Mais que les parents se rassurent, d’ordinaire, le menu s’avère plus conventionnel : pâtes, riz, salade composée, fruits et légumes… « On essaye d’équilibrer les repas », assure Ivan Martin, tombé dans la marmite du scoutisme en inscrivant sa fille, en charge de l’intendance sur le camp. « Je gère les courses pour le repas en fonction des besoins, tout en veillant à respecter le budget », explique la jeune scoute.
Une organisation millimétrée
Comme elle, tous les enfants se sont vus attribuer un rôle sur le camp. Quand le coach motive l’équipage pour se lever à huit heures du matin, l’artiste est chargée de la décoration et l’organisation des jeux. « Ça leur permet de se responsabiliser », explique le chef. Dans cette optique, la session d’exploration, organisée mercredi 28 juillet, est cruciale.
Pendant vingt-quatre heures, les apprentis Robinson se retrouvent en totale autogestion. Avec comme objectif initial de repérer leur lieu de campement pour la nuit uniquement grâce à une carte et boussole. « Chaque équipage devrait faire une vingtaine de kilomètres »,anticipe-t-il. Une distance plus courte que celle de la sortie en canoë, prévue en fin de séjour.

À l’aide de bassines d’eau, les enfants réalisent leur propre vaisselle. Ouest France
Elle vient récompenser l’implication des jeunes dans l’élaboration du nouveau logo du groupe Marcel Mézen, qui compte désormais 50 membres. Un nombre qui devrait croître en septembre tant les demandes d’inscription ont augmenté ces dernières années. « Je pense que les parents en ont ras le bol de voir leur enfant scotché aux écrans. » Il faut dire que sur le camp, le téléphone est strictement prohibé. « C’est une forme de retour à la nature », justifie Ivan Martin.
Une cérémonie d’engagement en début de séjour
Déconnexion, mais aussi solidarité, patience et entraide, telles sont les qualités enseignées lors de la cérémonie de promesse, qui a inauguré le camp. Main sur le drapeau, les jeunes se sont engagés à respecter les règles de la loi scoute. Autrement dit, rendre chaque jour service à son prochain et faire attention aux autres. « Cette promesse, ils la font avant tout devant Dieu »,note Émilie Larvet, qui effectue son 15e camp en tant que cheffe.
Une preuve de l’affiliation des Scouts de France à la religion catholique. « Nous allons régulièrement à la messe du dimanche et organisons une rencontre à Noël, détaille-t-elle. Sans oublier un temps spirituel organisé tous les matins. » À l’origine dédié à la prière, il se transforme souvent en échange, histoire que chacun puisse exprimer librement son ressenti. Une manière de prôner une autre valeur chrétienne : le partage.