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Après 24 ans, le salon de coiffure Patricia de Tinchebray-Bocage a fermé samedi 27 juillet 2024... |
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Patricia Gobé est regrettée par ses clientes, mais aussi par les commerçants, elle était secrétaire adjointe du TyGr Team (union commerciale). © Ouest-France.
Elle en a toujours rêvé, à 52 ans, Patricia Gobé ferme définitivement son salon de coiffure et quitte Tinchebray-Bocage (Orne). À la rentrée, elle enseignera la coiffure au Centre interprofessionnel de formation de l’artisanat du Calvados (Cifac).
À la sortie de la 3e, après un apprentissage à Briouze (Orne) et un brevet professionnel, Patricia Gobé prend la responsabilité d’un salon à Paris. Mais l’envie de revenir en Normandie, le hasard, le bouche-à-oreille faisant le reste, elle reprend le 1er décembre 1999 le salon tenu par Jean-Philippe Durand.
Un nouveau départ, 24 ans plus tard
C’est mon dernier grand virage »,
comme elle se plaît à le dire. Déjà, en 2011, j’avais envie d’un renouveau dans ma carrière et j’ai repris les cours au Cifac (Centre interprofessionnel de formation de l’artisanat du Calvados) pour préparer le brevet de maîtrise »,
le Graal dans la profession. Je l’ai obtenu et j’étais toute contente d’avoir le titre de maître artisan.
Ce diplôme lui permet d’enseigner la coiffure.
Elle le reconnaît, depuis de nombreuses années j’ai toujours eu le souhait, un jour, d’enseigner
. Depuis son brevet de maîtrise, elle participe aux jurys d’examen. En avril 2024, elle assure un remplacement de formatrice au Cifac et, un mois plus tard, on me fait savoir qu’il y avait une opportunité d’un poste pour la rentrée de septembre
. Tout s’est donc précipité.
Une confidente pour sa clientèle
La coiffeuse est fortement appréciée par sa nombreuse clientèle : On s’attache aux gens, on passe du temps avec eux, ils se confient aussi, c’est un échange,
fait-elle remarquer. C’est agréable, c’est vrai, je connais la vie des gens, c’est le côté sympathique du milieu rural.
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Depuis quelques semaines il y a de l’émotion : Mes clientes sortent du salon, la larme à l’œil. Je suis reconnaissante de la fidélité des gens.
Ce sont des années que je ne regrette pas. Le lien avec les voisins va me manquer. Quand on est à son compte, si on n’a pas de liens avec les collègues et les voisins, il peut y avoir un côté travail individuel. Le contact est nécessaire, sinon on vivrait mal.
En attente d’un repreneur
Le salon et l’habitation viennent d’être mis en vente. J’espère trouver repreneur, il y a du potentiel, il y a une clientèle.
Quand elle l’avait pris, son prédécesseur lui avait confié : Si vous voulez travailler, il y a de quoi. C’est le même discours que j’aurais si j’ai des repreneurs potentiels.
L’affaire est dissociable entre le salon et l’habitation, mais en fait une personne qui prend le salon, elle a son habitation contiguë, c’est un avantage indéniable
.