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Argentan. Le Diamantaire, un street artiste adepte de la pierre précieuse... |
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Le Diamantaire à travers l’une de ses Å“uvres, un diamantoscope. © Le Diamantaire
Originaire de la région d’Argentan (Orne), le street artiste, le Diamantaire, a collé des miroirs en forme de diamant dans le monde entier. Aujourd’hui, il expose des sculptures plus imposantes en galerie.
Il taira son prénom. Le Diamantaire souhaite rester discret. Originaire de la région d’Argentan (Orne), il vit désormais essentiellement à Paris (Ile-de-France). Ses passes d’armes de street artiste, il les a faites dans le coin. Jeune, il voit un tag dans un magazine sur le roller. Très vite, il s’intéresse au graff. « J’ai commencé à acheter des magazines sur le graffiti. C’est là que j’ai commencé à en faire un peu dans les rues », confie-t-il. Quelques coups de peinture dans Argentan, « rien de très glorieux », selon lui.
Le jeune homme se forme à la métallerie. En parallèle, il continue à graffer : « J’en faisais un peu, beaucoup, trop même. J’étais mauvais, je ne suis pas un bon dessinateur mais j’aime bien l’idée de sortir, créer, montrer. Je faisais un peu de pochoir mais c’est très figuratif. Je ne me suis pas retrouvé dedans. »
La forme du diamant comme signature
Quand il monte à Paris pour faire une mise à niveau en art et ensuite un BTS communication visuelle, il lâche le street-art. « Je n’avais plus de temps, il y avait beaucoup de boulot. » Mais l’envie reste. Pendant les cours, il continue à dessiner. À la fin de son cursus, après avoir repris le pochoir, il découvre sa signature, le diamant. « Ce que je trouve intéressant, c’est qu’il est reconnaissable par tous. » Cette forme, il l’allie avec des miroirs. « Le diamant est symbole de pureté, de luxe, d’immortalité. C’est complètement en paradoxe avec le miroir, éphémère et fragile. »

On retrouve la signature du Diamantaire près de la tour Eiffel. Le Diamantaire
Les miroirs qu’il utilise proviennent de rebuts, jetés dans les rues. « Je trouve intéressant de prendre des miroirs que plus personne ne veut, de les transformer et de leur offrir une nouvelle vie. Il y a un petit côté environnemental que j’aime aussi. »
De la rue aux galeries
Le Diamantaire se met à en poser dans le monde entier. Dans un premier temps : « L’objectif, c’était de kiffer. À Los Angeles, c’était aussi pour être connu mais au final, ça ne sert à rien. » Désormais, il colle dans des endroits « cools » et peu accessibles. « J’ai collé en Guadeloupe en haut du volcan de la Soufrière. En pleine mer des Caraïbes aussi, à Tokyo il y a deux ans… C’est sympa de coller dans des endroits où les gens vont passer et se dire : « Ah c’est le Diamantaire ! » »

Le Diamantaire a récemment collaboré avec le Museum national d'Histoire naturelle. Le Diamantaire
Peu à peu, les galeries ont pris la place de la rue. « J’ai basculé dans les galeries car il y a des choses que je ne pouvais pas faire dans la rue. Les sculptures que je fais, de vrais volumes, je ne peux pas les mettre dans la rue. Les diamantoscopes [sculptures de miroirs qui dupliquent l’image perçue] dans la rue ça tient une semaine, il n’y a pas vraiment d’intérêt. »

Des diamantoscopes sont exposés au sommet de la tour Montparnasse jusqu'à septembre. Le Diamantaire
Le Diamantaire collabore aussi avec de grandes marques et des musées. Son exposition à la tour Montparnasse vient juste de se terminer, mais quatre diamantoscopes restent installés à son sommet jusqu’à fin septembre. Une nouvelle exposition aura lieu à Paris en début d’année 2022. Les miroirs, formant la pierre la plus précieuse du monde, n’ont pas fini de briller.