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Argentan. Robert Boscher, figure de la ville, est décédé... |
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Robert Boscher est décédé ce mardi 10 mars, à l’âge de 80 ans. © Ouest-France
Robert Boscher, président de la Bayard omnisports est décédé ce mardi 10 mars 2020. Âgé de 80 ans, il a succombé à un infarctus lors d’un séjour à la montagne.
C’est une figure du monde politique et associatif que la ville d’Argentan vient de perdre. Robert Boscher, président de la Bayard omnisports depuis 2012 et ancien élu local durant 24 ans, s’est éteint ce mardi 10 mars 2020, à l’âge de 80 ans. Il a succombé à un infarctus alors qu’il était en séjour près de Sallanches (Haute-Savoie).
De la banque à la politique
Issu d’une famille très ancrée à Argentan, Robert Boscher voit le jour le 11 janvier 1940. Fils de Robert Boscher Senior, ancien directeur de la Caisse d’Épargne et conseiller municipal entre 1947 et 1977, il suit les pas de son père en exerçant la profession de banquier au sein de ce même établissement bancaire, durant 37 ans. C’est d’abord au guichet que la population découvre son visage avant qu’il ne prenne la responsabilité des agences locales (Argentan, Trun, Vimoutiers…).
Avant cette carrière professionnelle bien remplie, Robert Boscher est appelé sous les drapeaux pour prendre part à la guerre d’Algérie, en 1960. Promu sous-lieutenant, il termine son parcours au grade de capitaine.
C’est peut-être de cette période que lui vient son sens de l’engagement pour son territoire. Un engagement d’abord politique lorsqu’il entre au conseil municipal en 1977, après la victoire de Jean Vimal du Bouchet (RPR). Adjoint durant 12 ans, Robert Boscher est élu de l’opposition à partir de 1989, année marquant le début de l’ère Doubin (PRG). Un rôle qu’il occupe jusqu’en 2001, date à laquelle il met un terme à 24 ans de carrière politique.
Une vie dédiée au sport
Multicasquettes, Robert Boscher préside la commission des sports de 1977 à 1989 et en reste membre jusqu’en 2001. D’ailleurs, il dédie une grande partie de sa vie à cette passion. Basketteur accompli, il consacre près de 50 années à sa passion en tant que joueur puis dirigeant au sein de la Bayard. « Le basket, et le sport en général, est une formidable école de la vie : un battant sur le terrain sera un battant dans la vie ! », confessait-il.
Retraité des parquets en 2005, cet infatigable bénévole n’en demeure pas moins actif. En 2012, faute de candidat pour succéder à Thomas Guillais, l’octogénaire se dévoue pour reprendre les rênes de la Bayard omnisports, « un club du patrimoine local » qui ne doit pas disparaître. Devant assurer la transition avant de nouvelles élections, il restera finalement en poste jusqu’à son décès.
En parallèle, il s’investit pleinement dans la vie administrative et culturelle : président du conseil d’administration de la maison de retraite d’Occagnes, membre de l’association faune et flore de l’Orne, membre du comité des fêtes de la mer de Carteret ou encore représentant des usagers au sein du conseil de surveillance de l’hôpital d’Argentan, il occupe pendant 18 ans la tête de la section locale du Souvenir français. « Notre société a un devoir de mémoire envers ceux qui sont tombés pour la France. Nous leur devons notre liberté et donc tout notre respect », expliquait-il à cet égard.
« Aimer sa ville, c’est en parler »
Véritable ambassadeur de sa ville et de ses habitants, Robert Boscher laissera le souvenir d’un homme au caractère bien trempé mais aux valeurs altruistes indéniables. Preuve en est, son attachement à l’association Les Bouchons du cœur pour laquelle il collectait avec l’aide de bénévoles, plusieurs tonnes de bouchons chaque année, en faveur des personnes handicapées.
Une activité et un engagement sans limite qui lui valent la Légion d’honneur en novembre 2007. « Je suis très gêné d’être mis à l’honneur en ce jour, car cette très haute distinction nationale aurait pu, aurait dû être attribuée à mon avis à des personnes que je connais bien », avouait-il lors de la remise.
Modeste, il était aussi réputé pour ne jamais être avare d’un bon mot lors de rencontres avec la presse. Taquin et l’œil espiègle, il n’en gardait pas moins une certaine bienveillance pour ses interlocuteurs auxquels il pouvait tenir la discussion pendant des heures afin de se remémorer avec eux, les grandes pages de l’histoire d’Argentan. « Aimer sa ville, c’est en parler », disait-il. Une juste devise à l’image du bonhomme dont l’empreinte restera indélébile dans la ville. À sa femme Françoise, ses enfants, ses petits-enfants et tous ses proches, la rédaction d’Ouest-France adresse ses plus sincères condoléances.