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Argentan. Sur les pas des châtelains du Bourg-Saint-Léonard... |
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Patrice Leroy, correspondant sur le secteur de Gouffern-en-Auge, est intarissable sur le château du Bourg-Saint-Léonard. © Ouest-France
En balade avec les correspondants. Pendant tout l’été, la rédaction vous propose de (re)découvrir un lieu, un monument ou un sentier du territoire à travers le récit et les anecdotes de nos correspondants. Aujourd’hui, arrêt au château du Bourg-Saint-Léonard avec Patrice Leroy.
Comme Obélix, il est tombé dedans tout petit. Mais contrairement au célèbre personnage crée par Goscinny et Uderzo, son chaudron date du XVIIIe siècle et se trouve assiégé par un parc à l’anglaise et une partie de la forêt de Gouffern, sur un domaine de 470 ha. Vous l’aurez compris, notre balade du jour nous emmène au château du Bourg-Saint-Léonard.
Sept ans de construction
C’est le lieu choisi par Patrice Leroy, 69 ans, correspondant Ouest-France dans le secteur de Gouffern-en-Auge depuis 2012. Une évidence pour cet amoureux du patrimoine local. « Je suis né à 300 m du château et j’ai été vite baigné dans son univers grâce à mon père qui siégeait au conseil municipal aux côtés de la dernière propriétaire, madame de Forceville. »
Le portail de l’entrée à peine franchi, notre homme de terrain ne tarit pas d’éloges face à l’imposante bâtisse qui s’offre aux visiteurs. « De l’extérieur, elle est majestueuse mais quand on rentre dedans, c’est très chaleureux et à taille humaine », promet notre guide du jour.
Le temps de traverser l’allée centrale, ce dernier n’hésite pas à dégainer quelques anecdotes concernant l’orangerie et les écuries, se situant de part et d’autre du chemin. L’arrivée à l’intérieur du bâtiment s’effectue en bas du seul escalier de la demeure. L’occasion d’une petite leçon d’histoire. « En 1756, Jules-David Cromot, surintendant des finances du futur Louis XVIII, a acheté le manoir du domaine mais le coût pour le moderniser était trop élevé. En 1763, il décide alors de construire le château dont les travaux vont durer sept ans. »
« Le Versailles normand »
L’introduction réalisée, place à la déambulation dans les sept pièces visitables au rez-de-chaussée. L’office où étaient réchauffés les plats, permet de découvrir une impressionnante vaisselle d’époque. Viennent la salle à manger et celle du retour de chasse « où il était coutume d’offrir la patte droite d’un sanglier ou d’un cerf à l’invité ».
Place ensuite aux discussions dans le petit salon et à la distraction, dans le grand salon garni de plusieurs tables de jeux. Sous la surveillance de l’autoportrait de Ducreux, dont le doigt et le regard ne vous quittent pas au fur et à mesure de votre pérégrination. Le tour s’achève par la bibliothèque et ses 2 000 ouvrages, puis le salon chinois, remarquable pour ses chinoiseries sur fresques.
Dehors, sur les arrières du château, le spectacle ne manque pas avec un joli panorama s’offrant sur la vallée de la Dives et notamment le château de Chambois. En contrebas, deux plans d’eau permettent une escapade nature et relaxante.
« Le plus beau coin de la région où je viens souvent me balader avec ma famille le dimanche, avance Patrice dans une once de chauvinisme. Voltaire, ami de Cromot, le considérait même comme le Versailles normand dans l’un des écrits que nous avons retrouvé. » Majestueux et à taille humaine, la promesse est bel et bien tenue.
Ouvert tous les jours jusqu’au 31 août, de 14 h 30 à 17 h 30. Visite guidée (1 h, groupe de quinze personnes maximum). Tarif : 5 € (adultes), 3 € (7-9 ans) et gratuit pour les moins de 7 ans. Port du masque obligatoire. Renseignements au 02 33 36 68 68.