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Argentan. Zoom sur ces détails de l’architecture du musée Fernand-Léger que vous ignorez peut-être... |
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Samedi 17 et dimanche 18 octobre 2020, des visites commentées de l’intérieur du musée Fernand-Léger – André-Mare par l’un de ses architectes étaient proposées à Argentan. © Ouest-France
À l’occasion des Journées nationales de l’architecture, des visites commentées du musée Fernand-Léger – André-Mare par l’un de ses architectes étaient proposées samedi 17 et dimanche 18 octobre 2020.
Inauguré le 6 juillet 2019, le musée Fernand Léger-André Mare, installé dans la maison natale du peintre Fernand Léger, à Argentan (Orne), joue le contraste. Il allie façade classique et intérieur ultramoderne.
Samedi 17 et dimanche 18 octobre 2020, Jules Sineux, l’un des professionnels à l’œuvre, a détaillé ces choix architecturaux lors de visites commentées organisées à l’occasion des Journées nationales de l’architecture. Il formait un binôme avec la médiatrice culturelle Ophélie Gélu.

Au centre, Jules Sineux, l’un des architectes à l’origine du musée Fernand Léger – André Maree. À droite, la médiatrice culturelle Ophélie Gélu, qui fait vivre le lieu. Ouest-France
F comme façade
 Le bâtiment était vacant depuis de nombreuses années quand on est arrivéÂ
, retrace l’architecte argentanais qui travaille au sein de l’agence Koya basée à Pantin (Seine-Saint-Denis). Dans les années 1990, Georges Rousse, plasticien spécialiste de l’anamorphose, s’était emparé du lieu, détruisant tout ce qui se trouvait à l’intérieur. Jules Sineux et ses collègues ont donc eu carte blanche pour créer le musée.
Contrairement à l’intérieur, la façade a conservé son lustre d’antan ; la maison étant l’une des rares d’Argentan à n’avoir pas été détruite pendant la Seconde Guerre mondiale. Les architectes ont décidé de la restaurer le plus possible à l’identique.
J comme jardin
Il en a été de même pour le jardin qui se trouve à l’entrée du musée. Le service des espaces verts s’est inspiré du tableau de Fernand Léger, Le Jardin de ma mère, pour recréer l’ambiance d’autrefois. Pour composer le parterre de fleurs central,  ils ont fait des recherches sur les plantes de l’époqueÂ
, précise Jules Sineux.

Les gaines de ventilation, peintes en rouge et jaune, font référence au Centre Pompidou, à Paris. Ouest-France
P comme Pompidou
Si d’extérieur, le musée garde l’allure classique de la maison d’enfance de Fernand Léger, à l’intérieur, le parti pris des architectes est tout autre. Les gaines de ventilation en sont un bel exemple. Peintes en rouge et jaune, elles reprennent des couleurs vives chères à Fernand Léger. Jules Sineux ne cache pas non plus le clin d’œil au Centre Pompidou, à Paris.
T comme tableau
Déployé sur quatre niveaux, le musée trouve son unité grâce à sa fresque monumentale (elle mesure 6 m sur 4 m). Il s’agit d’une reproduction de l’œuvre emblématique de Fernand Léger, Les Constructeurs. Les dimensions du tableau ont été doublées pour mettre en valeur le plafond cathédrale et pour remettre les personnages à l’échelle humaine. Au fur et à mesure que le visiteur gravit les escaliers, il découvre de nouveaux détails de la peinture.

Chaque niveau est séparé en deux espaces distinctes. Du côté consacré à André Mare, la rondeur est de mise, notamment sur l’escalier en chêne. Ouest-France
E comme escaliers
Deux des quatre niveaux du musée sont séparés en deux espaces bien distincts visuellement. Chaque espace est dédié à l’un des deux artistes amis. Les escaliers en sont la parfaite illustration. Côté Fernand Léger, les lignes sont droites, le métal est brut. Du côté dédié au décorateur André Mare, les courbes sont à l’honneur et le chêne apporte de la chaleur.  On s’est inspiré d’escaliers et de balustrades qu’il a dessinésÂ
, précise Jules Sineux.

Côté Fernand Léger, les lignes sont droites et brutes, les couleurs éclatantes. Ouest-France
V comme vitrail
Au dernier étage, là où se trouvaient les combles de la maison, on découvre deux vitraux habillent les lucarnes. Des éléments qui font référence aux dernières années de la vie de Fernand Léger, durant lesquelles l’artiste a travaillé le verre. L’œuvre de Cathy van Hollebeke reproduit ainsi le travail de Léger autour de La Nativité.

Au dernier étage, on retrouve des vitraux, parmi lesquels celui de Cathy van Hollebeke. Elle a reproduit le travail de Fernand Léger autour de « La Nativité ». Ouest-France