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Avec sa forme de bateau et ses vitraux gigantesques, cette église normande ne ressemble à aucune autre... |
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Avec sa forme de bateau et ses vitraux de plain-pied, l’église Sainte-Jeanne d’arc ne ressemble à aucune autre. © Getty Images - possum1961
Construite sur le lieu même du martyre de Jeanne, l’église Sainte-Jeanne-d’Arc a une double vocation : honorer la mémoire de la sainte en tant que lieu de culte religieux, mais aussi commémorer civilement l’héroïne célébrée chaque deuxième dimanche du mois de mai. Ses vitraux, véritables joyaux de couleurs, datent de la Renaissance.
Sur la Place du Vieux-Marché, là où Jeanne a été brûlée vive et tout près d’une grande croix, monument national d’hommage, qui marque l’emplacement du bûcher, se dresse l’église Sainte-Jeanne-d’Arc. D’apparence extérieure étonnante, dotée d’un toit tout en jeux de courbes et d’écailles, elle déconcerte. Certains y voient la forme d’un dragon, d’un bateau viking, d’autres celle de vagues et d’autres encore les flammes d’un bûcher. La sobriété de ses murs en béton, sa forme unique… tout déstabilise le visiteur qui la contemple de l’extérieur. Il est vraiment recommandé de passer outre cet étonnement pour franchir la belle porte de bois qui la protège. En effet, l’intérieur est saisissant de beauté, de couleurs et de lumière !

Les formes intrigantes de l’Église Sainte-Jeanne-d’Arc ont été imaginées par l’architecte Louis Arretche. Getty Images - chris-mueller
Des vitraux sur toute la hauteur
La première chose qui saute aux yeux, c’est l’aspect remarquable de bateau renversé du toit tout en bois ! L’effet chaleureux qui en découle apaise instantanément et donne envie de se poser. Le sol en pente douce augmente l’impression d’être aspiré par les vitraux. L’architecte Louis Arretche a en effet demandé de creuser le sol de deux mètres de profondeur, pour accueillir ces vitraux dans toute leur hauteur. Extrêmement colorés, ils ont été créés entre 1520 et 1530 - le hiatus entre le béton extérieur et la chaleur de l’intérieur est saisissant. Venus de l’église Saint-Vincent, détruite en 1944 par un bombardement, après que le service des monuments historiques les a fort heureusement démontés et mis à l’abri, ils sont des témoins vivants de l’histoire et du passage du temps.
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Les vitraux occupent toute la hauteur de l’église, si bien qu’il est possible de les admirer au plus près. © Benoit Eliot - Métropole Rouen Normandie
Contrairement à ce que l’on observe dans la plupart des églises, les vitraux sont situés à hauteur du sol. Il est donc possible de les contempler de très près ! Leurs couleurs, leurs formes et le détail apporté aux visages et vêtements en font une expérience inoubliable. Flaubert a d’ailleurs écrit à un ami de passage : « Ne partez pas sans voir les vitraux de l’Église Saint-Vincent, ce sont les plus beaux de toute la ville. »
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Un charme traditionnel
L’acoustique du lieu est remarquable et en fait un lieu de prédilection pour le chant choral. Étonnamment, cette église moderne arbore tous les éléments anciens d’une église traditionnelle, depuis son orientation jusqu’à son baptistère, en passant par ses objets ritualistiques sacrés. Un peu à l’écart au fond de l’édifice, détail remarquable, une fontaine gallo-romaine est toujours visible et audible à ce jour.
Informations pratiques : ouverte du lundi au dimanche : de 10 h à 12 h et 14 h à 17 h. Fermée le 25 décembre et le 1er janvier. Visites libres et visites guidées. Les animaux ne sont pas acceptés. Plus d’informations sur visiterouen.com