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Bagnoles. « On m’a demandé où se situait la Tour de Pise », l’office aiguille les touristes... |
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L’office de tourisme de Bagnoles-de-l’Orne, dans l’Orne, où le repaire des curistes de la station thermale. © Ouest-France
NOS TOURISTES ONT DU TALENT (1/6). Depuis 1917, l’office de tourisme de Bagnoles-de-l’Orne, conseille et guide les voyageurs venus découvrir la station thermale et ses alentours. La porte à quelques anecdotes surprenantes.
Munis de bâtons de marche, et autre attirail du parfait randonneur, téméraires et débutants font une dernière halte à l’office de tourisme de Bagnoles-de-l’Orne, dans l’Orne, avant de s’engouffrer dans les bois de la forêt d’Andaine. Longues, courtes, avec dénivelé ou sans, les randonnées sont une véritable attraction. Retraçant chaque parcours, les dépliants fusent dans les mains des cinq conseillères. Un couple arrive en trombe dans l’accueil. « On fuit Amboise. L’été, c’est devenu la folie là -bas, on cherche du calme et des balades » , glissent-ils, le regard sur la longue file d’attente.
Du lundi au dimanche, environ 150 personnes en quête de conseils franchissent chaque jour le pas de l’entrée automatisée, et jettent un coup d’œil aux tracts exposés sur les étagères. « La fréquentation est au plus haut de juin à octobre. Cela correspond à la forte affluence des curistes aux thermes », explique Hortense Yvetot, conseillère en séjour à l’office de tourisme. La porte a quelques anecdotes renversantes.
Tour de Pise et Mont-Saint-Michel
« Un jour on m’a demandé où se situait la Tour de Pise. En réalité ils voulaient parler de la Tour de Bonvouloir », glisse-t-elle, le sourire aux lèvres. Un léger lapsus de 1 300 km, éclipsé rapidement par l’anecdote de Tiphaine Lerendu, référente en qualité tourisme. « Certains croyaient que Saint-Michel-desAndaines était le Mont Saint-Michel. Il y a moins de sable mouvant, mais c’est tout aussi bien ! »
L’horloge indique 15 h. En quelques minutes une dizaine de touristes s’amasse dans l’accueil. La majorité, en tant que curiste, profite de l’après-midi pour découvrir la région. À l’instar de Carole Dumont, ancienne responsable qualité chez Chanel. « Les dentelles d’Alençon m’intéressent. La couture a fait partie de mon quotidien pendant trente-cinq ans. » Plus local, le quartier Belle Époque, à Bagnoles-de-l’Orne, rencontre un franc succès. Construites au début du XXe siècle, ces demeures, vestiges de l’âge d’or de la station balnéaire, font l’objet d’une visite guidée chaque samedi. « Des amies m’ont expressément conseillé de visiter les lieux », raconte Dominique Leroux, auparavant conseillère en patrimoine du côté de Rouen. Un dépliant sur le musée du cidre à Lassay-les-Châteaux attire son regard.

Les produits du terroir continuent de séduire les touristes de passage à Bagnoles-de-l’Orne. Ouest-France
« Les galettes, le poiré et le calvados… »
Originaire de Bretagne, Édouard Vallée a franchi le Rubicon accompagné de son épouse, pour se délecter du terroir du Bocage. « Les galettes de Lonlay-l’Abbaye, le poiré, et le calvados. Avec ma femme, on est venus ici il y a trente ans. On a besoin d’une piqûre de rappel. » Sans oublier, même à 80 ans, les petites attentions du quotidien pour entretenir la flamme. « Faire des restaurants en tête à tête c’est primordial. Suivez mon conseil », martèle-t-il, les mains glissées dans les poches de son short. Un enthousiasme que ne semble pas partager Antoine, 12 ans, venu accompagné de ses grands-parents. « Je suis déçu de ne plus pouvoir faire de pédalo sur le lac. Je risque de m’ennuyer un peu. » Il arrive parfois que les plus beaux plans tombent à l’eau…