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Cambriolé 54 fois, le vendeur de motos excédé3 |
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Le vendeur de moto trouve du réconfort auprès de son comité de soutien. Hélène l'aide à recenser et ranger les 14 000 signatures qui lui sont parvenues.
© Ouest-France
Le dernier casse date de ce week-end. En juin, il a tiré sur des malfaiteurs et la justice lui demande des comptes. Un comité de soutien s'est formé.
Cinquante-quatre cambriolages en 28 ans. À Saint-Julien-sur-Sarthe, 660 habitants dans l'Orne, un magasin de motos de compétition a été la cible d'une nouvelle effraction le week-end dernier. Les malfaiteurs se sont introduits par le toit, ont arraché l'alarme et sont repartis avec quelques centaines d'euros. Pascal Rauber, le propriétaire, s'avoue complètement démuni.
« Ils sont fous ! Ils devraient pourtant avoir peur et me prendre pour un cinglé ! » Le 26 juin, Pascal Rauber a quitté son domicile armé d'un fusil de chasse. Il venait d'être alerté par le système de sécurité de son magasin. Sur place, il voit une voiture foncer sur lui, il tire, pour se protéger, assure-t-il.
Comité de soutien
Deux hommes sont interpellés le lendemain à l'hôpital de Dreux (Eure-et-Loir), à 90 km de là. L'un d'eux est sérieusement touché à la tête. Le second, plus légèrement atteint, est incarcéré. Le commerçant est placé sous contrôle judiciaire, l'instruction est en cours.
« Tant d'années de travail acharné pour finir comme ça ! se désespère le quinquagénaire. Je suis fiché chez les assureurs. Plus aucun ne veut me garantir. » Il y laisse à chaque fois des plumes. « Je passe mon temps à rembourser ce qu'on m'a volé. » Dont plusieurs motos.Son magasin est pourtant sécurisé avecrambardes de sécurité, système d'alarme satellite, motos enchaînées.
Localement très apprécié, Pascal Rauber, mécanicien sur les circuits, est très connu dans le milieu des courses. Un comité de soutien piloté par des élus s'est constitué. « Nous atteignons 14 000 signatures, sourit le vendeur. Certaines viennent de Guadeloupe, de Martinique et même du Canada. » Des amis l'aident à recenser les pétitionnaires. D'anciennes connaissances poussent sa porte pour lui apporter du réconfort.
Mais la situation reste désespérante. « C'est compliqué, admet le lieutenant-colonel Urien, commandant de la gendarmerie dans l'Orne. Le magasin est « trop » bien situé sur la nationale 12 et permet la fuite rapide des malfaiteurs. J'ai demandé d'intensifier la surveillance des lieux. Mais notre secteur est vaste, ce n'est malheureusement pas satisfaisant. »
Ouest-France