|
Classé au patrimoine de l’Unesco, ce village fait le forcing… pour en sortir : « L’Unesco nous a transformés en zoo »... |
1
Les habitants de VlkolÃnec (Slovaquie) aimeraient voir leur village "déclassé" par l’Unesco. © Photo : TPH/SIPA
Niché au cÅ“ur des Carpates, le village de VlkolÃnec (Slovaquie) est une curiosité à double titre. D’une part, parce que ce lieu remarquable des Carpates fait partie du cercle très fermé des sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco. D’autre part, parce qu’il est bien décidé à en sortir… Pour les 14 habitants qui continuent d’y vivre, le prix est trop cher payé : ils ne veulent plus subir les contraintes (surtourisme, cahier des charges…) inhérentes au « label Unesco ».
Le classement au patrimoine mondial de l’Unesco est un parcours semé d’embûches. La concurrence est rude, le processus long, exigeant et incertain. Chaque année, beaucoup d’appelés et peu d’élus au rang de cette distinction internationale qui met en valeur des sites jugés d’importance universelle. Ce « label mondial » est vécu comme une consécration pour les sites retenus. Alors, quand un lauréat se permet de faire la fine bouche, l’affaire fait parler…
14Â habitants, 100Â 000Â touristes
Le village de VlkolÃnec (Slovaquie) a reçu son label Unesco en 1993, pour la valeur exceptionnelle de son architecture traditionnelle en bois. À l’époque, la nouvelle avait été accueillie au son des tambours et des trompettes.
Le moins que l’on puisse dire est que l’enthousiasme est retombé. 33 ans plus tard, le village des Carpates au paysage de carte postale ne claironne plus : 100 000 touristes y font escale chaque année et seulement 14 habitants continuent d’y vivre. Beaucoup de maisons, transformées en résidences secondaires, sont désertées la plupart de l’année.
Des règles « ultra-strictes »
Le classement hier si prisé est aujourd’hui un fardeau, rapporte The Mirror. À tel point, que le village – vacciné contre un cadeau qu’il juge empoisonné – souhaite être déclassé : il ne veut plus trôner au rang du patrimoine mondial de l’Unesco. En cause : le surtourisme et un cahier des charges très strict qui prive les locaux de leurs traditions.
« L’Unesco nous a transformés en un zoo pour touristes. Ce prétendu honneur est devenu non pas seulement un fardeau, mais un vrai cauchemar », tranche un villageois. La déception est à la hauteur de l’espoir qu’avait, en son temps, suscité le label : immense. « Nous sommes désormais écrasés sous le poids des foules, poursuit ce même habitant. Les règles de préservation ultra-strictes de l’Unesco ont fini par interdire le mode de vie même qui donnait à notre village tout son sens à la protection ! Nous n’avons plus le droit d’élever du bétail, de cultiver la terre ni même de réparer librement nos maisons. C’est incroyable que chaque clou, chaque planche, chaque tuile doive désormais être approuvé ».
Lire aussi : Mutée dans le Sud, cette policière n’arrive pas à se loger : « Lors du dernier refus, je me suis effondrée en larmes »
Curieux exemple que ce village de VlkolÃnec qui se sent dépossédé par l’Unesco. Du reste, les faits le démontrent : les habitants ont beau réclamer la radiation de la liste du patrimoine mondial, la décision ne leur appartient même pas. Ce sera à l’État slovaque de trancher et, le cas échéant, de faire suivre la demande auprès de l’organisme des Nations Unies.