Accueil Info Info Orne Dans le Perche, ce « jardiniste » a créé un véritable havre de paix, les jardins de Montperthuis

Dans le Perche, ce « jardiniste » a créé un véritable havre de paix, les jardins de Montperthuis

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photo  vue des jardins de montperthuis (61)  ©  franck schmitt 1

Vue des jardins de Montperthuis (61) © Franck Schmitt

Dans le Perche, à Chemilli (Orne), Philippe Dubreuil a fait du manoir de la Pillardière son havre de paix. Autour du bâtiment du XVe siècle, il a conçu les jardins de Montperthuis, labellisés Jardin remarquable.

Quand je suis arrivé ici en 2010, un mois de mars, il faisait très beau. C’était la paralysie des transports aériens à cause du volcan en Islande. Le ciel était complètement dégagé, pas une traînée d’avion, c’était très calme. Il y avait juste cet ensemble de bâtiments en très mauvais état, avec des toitures qui commençaient à s’effondrer. Tombé sous le charme du lieu, Philippe Dubreuil effectue des recherches et trouve sept inventaires, dont un premier de 1482. « On a le détail des bâtiments et très sommairement de ce qu’il y avait comme jardin. On savait qu’il y avait un endroit pour faire du cidre et un pressoir donc il y avait forcément un verger. Il y a une parcelle qui s’appelle le potager. Le premier plan est le cadastre napoléonien de 1812 où l’on peut voir au milieu de la cour une mare, et c’est tout. Donc il n’y avait vraiment rien, c’était une feuille blanche. »

Les mains dans la terre

Philippe Dubreuil se définit comme jardiniste, un terme datant du XVIIe siècle découvert lors de ses études, et qui lui convient mieux que paysagiste. Pour lui, le jardiniste est le jardinier artiste, qui est architecte, mais qui a encore les mains dans la terre et qui connaît les plantes et le travail des fontaines. Le goût du travail de la terre remonte à loin, à son grand-père et son arrière-grand-père, pharmaciens botanistes, et au temps passé avec sa mère, Éliane Dubreuil. « Ma mère avait un jardin dans les Alpes dessiné en 1930 avec de belles essences d’arbres, qu’elle avait restructuré à sa manière avec des bordures de buis. C’était une sorte de paradis fouillis. Elle avait une vraie passion des plantes. Dès qu’elle se baladait dans la nature, elle faisait des boutures qu’elle replantait dans le jardin avec plein de souvenirs de lieux d’où venait ce qui était replanté. » Ce jardin a aujourd’hui disparu, mais les plantes sauvées d’un projet immobilier, dont des magnolias, ont été replantées à Chemilli. S’il voulait devenir « créateur de rosiers » à l’âge de 7 ans, Philippe Dubreuil est passé par l’histoire de l’art pour devenir conservateur, par la campagne anglaise pour apprendre à créer des jardins, puis par Londres pour se spécialiser en restauration de jardins historiques. Sur les 400 projets menés depuis 1998, il en compte une moitié sur des propriétés historiques, hôtels particuliers, châteaux, manoirs… Ses clients l’ont aussi amené à concevoir des jardins en Angleterre, aux États-Unis ou au Maroc.

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Un jardin d’harmonie

Des voyages et de la vie parisienne, l’envie est venue de cultiver son propre jardin. Le premier été a servi à débroussailler, avant d’organiser l’espace. L’axe est-ouest, entre l’allée des ormes et la fontaine centrale du cœur du jardin médiéval, sert de colonne vertébrale. Devant le manoir, le jardin est plus formel, avec des cyprès et des graminées à l’intérieur des broderies d’osmanthes. Il y a des haies de charmilles avec de grandes ouvertures, des passages et des œils-de-bœuf permettant de voir à travers. Il y a des gloriettes avec des collections de rosiers. La serre pour abriter toutes les variétés frileuses. Le verger de pommiers anciens et le potager, là où se serait trouvé celui du Moyen-Âge. Les jardins comptent des collections de magnolias, d’hortensias, d’hostas, d’hellébores, d’iris, de persicaires, une cinquantaine de pivoines odorantes et 400 rosiers anciens disséminés dans les jardins. La liste des collections s’étend aux sculptures, en créant des tableaux à travers des ouvertures.

La gestion de l’eau

Pour s’adapter à la chaleur, Philippe Dubreuil favorise des espèces architecturales, mais résistantes à la chaleur, comme les sauges ou les graminées. Dès la conception, le principe a été de récupérer toutes les eaux de pluie dans des citernes enterrées où se terminent toutes les gouttières. Des points d’eau ont été installés pour arroser au plus proche, avec une sorte de transition pour l’eau du sous-sol qui revient à la température ambiante dans les bassins pour arroser des plantes. L’eau est aussi importante pour Philippe Dubreuil : « L’eau apporte la vie. Ça attire les libellules, les oiseaux. J’ai créé au cœur de mon potager un bassin rond avec une rigole qui descend et permet aux oiseaux de boire et de s’ébrouer quand il fait très chaud. »

 
Propos recueillis par Christine RAOUT.    Ouest-France  

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