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Écouché. Depuis quarante-deux, Annie Duval gère les stocks de la quincaillerie... |
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Annie Duval est la providence des bricoleurs, des artisans et des ménagères de la région. © Ouest-France
D’abord son arrière-grand-père, son grand-père, son père puis, c’est Annie Duval qui hérite de la quincaillerie, à Écouché, où des registres de stocks des années 50 côtoient des contrats Primagaz de 1938. Son expérience lui permet de satisfaire les demandes les plus insolites.
Derrière le comptoir de sa quincaillerie, à Écouché dans l’Orne, Annie Duval est au service des artisans et des bricoleurs de la région depuis quarante-deux ans.
Son arrière-grand-père, Auguste, tenait une affaire de mécanique générale place du Marché, aujourd’hui place Warabiot. Charles, son grand-père, lui succède. Il installe son atelier rue Pierre-Trévin à Écouché et lui ajoute une boutique de quincaillerie. Victime des bombardements du 6 juin 1944, il décède à l’hôpital d’Argentan.
Son père, Guy, contraint au Service du travail obligatoire (STO) en Allemagne, reprend l’affaire à son retour. En 1979, il est rejoint par sa fille Annie qui devient patronne en 1990.
La caverne d’Ali Baba
La boutique d’Annie Duval est une véritable caverne d’Ali Baba. On y trouve l’outil, le produit providentiel ou la pièce de vaisselle qu’on croyait définitivement disparue des rayons. « Mon credo est de vendre de la marchandise de qualité et qui dure », explique Annie Duval. Elle s’alarme de la disparition des fournisseurs : « des commerciaux passaient toutes les trois semaines pour nous présenter les nouveautés et enregistrer nos commandes ». Aujourd’hui Annie Duval gère sa boutique du bout des doigts, sur sa tablette numérique.
Soigneusement classés dans ses tiroirs, des registres de stocks des années 50, rédigés à la plume, côtoient un contrat de distribution des Ets Primagaz… de 1938 ! (Annie Duval distribue aussi des produits Butagaz et Finagaz).
Diatomée, percarbonate de soude, sels d’oseille…
Sur ses étagères s’alignent de mystérieux bocaux de poudre : terre de Diatomée, percarbonate de soude, sels d’oseille… On y trouve aussi de véritables pains de savon d’Alep « made in Syria ».
Son expérience lui permet de satisfaire les demandes les plus insolites : « j’ai trouvé des verres de lampe à pétrole pour des clients qui faisaient chez moi leur ultime tentative ». Annie Duval vend de la visserie au détail et un client précise : « elle n’hésite pas à ouvrir un blister de quatre piles pour servir un client qui en demande deux ».
La commerçante pense à l’avenir : « je n’envisage pas de raccrocher bientôt, mais si je trouve des jeunes motivés, je suis prête à les accompagner pour leur démarrage » et elle précise « c’est un métier qui demande un long apprentissage ».
Quincaillerie Annie Duval, 16, rue Pierre-Trévin, à Écouché, Écouché-les-Vallées. Renseignements au 02 33 35 10 21 ou par mail : annie.duval@orange.fr