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Égalité : ce lycée scientifique attire de plus en plus de filles et sert de modèle à d’autres établissements normands... |
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Au Girls’day du lycée Pablo-Neruda de Dieppe (Seine-Maritime), des élèves de terminale générale, ont expliqué aux collégiennes le spectre des fréquences sonores avec des instruments de musique et abordé la question du Wi-Fi, dont un des principes fondateurs a été inventé par une femme. © Ouest-France
En ce mois de mars 2026, 33 lycées normands accueillent des collégiennes de 4e et 3e pour les attirer vers les études scientifiques. Ce sont les Girls’day. Le format du lycée Pablo-Neruda, à Dieppe (Seine-Maritime), fait figure d’exemple. En quatre ans, ce lycée a triplé la part de jeunes filles dans ses effectifs.
Margaret Heafield Hamilton, sans qui l’atterrissage d’Apollo 11 sur la lune n’aurait peut-être pas été possible. Ou encore Hedy Lamarr, actrice mais aussi inventrice de génie autodidacte à qui l’on doit l’un des principes fondateurs du Wi-Fi.
Des scientifiques brillantes, trop méconnues mais qui montrent à quel point les filières scientifiques ne sont pas réservées aux hommes.

Le Girls’day de Pablo Neruda et un travail plus global sur l’égalité fille-garçon, a permis à ce lycée général et technologique de Dieppe (Seine-Maritime), de passer de 8 à 23 de filles dans l’effectif total des élèves en quatre ans. Ouest-France
Pas un hasard
Mercredi 4 mars 2026, des élèves de Terminale du lycée général et technologique Pablo-Neruda de Dieppe (Seine-Maritime), les ont présentées à plus de 250 collégiennes de 4e et 3e dans le cadre des Girls’day. Cet évènement est destiné à attirer plus de jeunes filles dans les filières scientifiques et techniques, pour ensuite davantage féminiser l’industrie, qui en a besoin.
Et si le lycée de Dieppe ouvrait le bal des Girls’day dans les lycées normands tout au long de ce mois de mars, ce n’est pas un hasard. Le format de son évènement, qui alterne conférences et ateliers et pour lequel professeurs et élèves s’impliquent, est aujourd’hui dupliqué dans 33 lycées dans les cinq départements de la région.
Pas assez de filles et un risque de fermeture
En écoutant sa proviseure, Sophie Hébert, on comprend vite pourquoi. « Quand je suis arrivée en 2021, le lycée perdait des élèves et on craignait une fermeture d’une classe de seconde. En étudiant de près les chiffres, le nœud du problème s’est imposé à nous. Il y avait seulement
%8
de filles dans l’établissement. On a donc décidé de mettre en place dès 2022, le concept allemand du Girls’day pour expliquer, montrer aux collégiennes nos enseignements et casser les stéréotypes sur la science et les métiers de l’industrie.
»

Des ateliers sur les énergies mais aussi le numérique ont particulièrement intéressé les collégiennes. Ouest-France
De 8 à 23 % en quatre ans
Très vite les résultats se font sentir. « En quatre ans, nous sommes passés de 8 à 23
% de jeunes filles dans la totalité des effectifs, et de 11
%de filles en seconde à 27
%. » Au lieu de fermer une classe de seconde, il a été nécessaire d’en ouvrir une de plus. « Maintenant, nous avons cinq classes de 35
élèves. Il est important aussi de préciser qu’en parallèle des Girls’day, nous avons, grâce à l’implication de tout le personnel, travaillé à devenir inclusif et nous avons obtenu le niveau 3
sur 3
du label égalité fille-garçon
. »

Ici, des lycéennes ont proposé aux collégiennes de reconstituer un caryotype humain à partir des chromosomes, pour expliquer notamment ce qu’est la trisomie 21. Ouest-France
Je ne pensais pas que ça me plairait
Pendant une demi-journée, mercredi, des groupes de collégiennes ont donc été accompagnés par des lycéennes et des lycéens vers des ateliers animés, eux aussi, par des élèves.
Lily Rose, Manoa ou encore Edgar, élèves de terminale générale, ont fait partie des guides qui ont emmené ces jeunes filles de salle en salle. Ici, un atelier sur les ondes sonores avec des élèves qui sont aussi musiciens, pour expliquer les fréquences. Ou encore un autre sur le caryotype humain, pour expliquer les chromosomes. Un test plus tourné vers la force mécanique et les énergies. Bien des collégiennes ont semblé intéressées.
« Je ne sais pas encore ce que je vais faire,
confie Lou, mais j’ai vraiment aimé alors que je ne pensais pas que ça me plairait. Ça fait réfléchir.
» Et les lycéens de Pablo-Neruda de conclure en mode promo : « Ce qui est bien en plus chez nous, c’est que c’est un lycée à taille humaine et avec une bonne ambiance.
»