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Élections départementales dans l’Orne. Faut combien déjà pour être élu au premier tour ?... |
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La règle pour être élu au premier tour était loin d’être limpide, pour les élus eux-mêmes… © Ouest-France
La règle qui permettait de sortir vainqueur dès dimanche soir était loin d’être limpide. Plusieurs élus eux-mêmes s’y sont perdus, faisant flotter une ambiance particulière sur le résultat du scrutin.
Pour être élu au premier tour de scrutin, il fallait aux binômes recueillir la majorité absolue des suffrages exprimés et un nombre de suffrages au moins égal au quart des électeurs inscrits. Vous n’avez rien compris ? C’est normal et vous n’êtes pas les seuls. Dimanche soir, ils sont nombreux à s’être arraché les cheveux.
En clair : pour être élu au premier tour, il fallait plus de 50 % des suffrages exprimés, mais aussi que ces voix représentent 25 % des inscrits. Et si le compte n’était pas bon : passage obligatoire par la case second tour.
Calculettes à la main
Bref, cela a donné quelques sueurs froides aux candidats. À Mortagne-au-Perche, le binôme Virginie Valtier-Xavier Goutte (DVD) avait les mains vissées à la calculatrice. Ils espéraient rafler la mise dès le premier tour mais malgré leur score de 61,90 % des suffrages, ils n’ont obtenu que 21,10 % des 25 % nécessaires.
Long moment de flottement aussi à la mairie de Damigny. Sophie Douvry (LR) et Michel Génois (centre droit) semblaient sûrs du scénario qui se profilait, à savoir un duel entre eux et le binôme Sandrine Potier-Emmanuel Roger (divers gauche). Mais avec 709 voix, le tandem divers gauche n’a pas franchi le seuil des 12,5 % du nombre d’électeurs inscrits pour rester en lice dimanche prochain.
Consultation d’internet, coups de fil, discussions animées… Le flou s’est estompé quand le deuxième étage de cette règle a été clair pour tout le monde : si un seul binôme passe le seuil des 12,5 %, celui qui a obtenu le plus de voix après lui, peut se maintenir au second tour. Vous suivez toujours ?
Élu, puis en fait non
Mais le binôme qui a certainement eu le plus gros coup de chaud, c’est celui formé par Laurent Marting (LR) et Élisabeth Josset (divers droite), à Rai. À 21 h 30, face aux résultats qui leur attribuent 72 % des suffrages, Laurent Marting annonce : « On est contents d’être réélus ».
On s’interroge quand même, car son total de voix ne représente que 21,63 % des inscrits et pour enfoncer le clou, on le questionne sur un potentiel second tour face au binôme du RN, qui a récolté 28 % des voix. « Non, non, c’est bon », assure le conseiller départemental sortant, qui avait été induit en erreur par les assesseurs d’un des bureaux de vote dudit canton.
Vers 22 h 30, pris d’un gros doute, le journaliste rappelle le candidat. « Euh, vous êtes vraiment sûr d’être élu ? » Léger flottement à l’autre bout de la ligne. Le candidat admet qu’un second tour sera finalement nécessaire. « Mais cela ne change pas mon analyse du scrutin », précise-t-il.
Peut-être, mais ça change quand même un peu la donne. Pour être « Rai-élus », Élisabeth Josset et Laurent Marting devront encore patienter une semaine.