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EN IMAGES. Près d’Argentan, les vieilles carrosseries rajeunissent les souvenirs... |
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Les vieilles voitures de collection étaient de sortie : ici une Citroën B14 de 1928 et juste derrière une Citroën type C4 de 1932. © Ouest-France
Pour la quatrième édition du rassemblement organisé à Sarceaux, près d’Argentan (Orne), par les passionnés de moteurs anciens, Joël Roger et Cyrille Esnault, le temps s’est un peu figé entre deux coups de klaxon d’avant-guerre. Dimanche 7 septembre 2025, les voitures d’époque ont fait un peu plus que raviver des souvenirs.
En ce dimanche 7 septembre 2025, les chromes étincellent comme au premier jour. Sur le parking de l’école de Sarceaux, près d’Argentan (Orne), 4L, Tractions et autres Dauphines rappellent qu’avant le GPS, on roulait avec une carte Michelin et qu’un départ pouvait se jouer à la manivelle. « Ma voiture, une Citroën type C4 de 1932, c’est ma femme qui me l’a offerte pour mon anniversaire, il y a quinze ans, sourit Michel Lebreton. Je ne la sors quasiment que pour cet événement ou pour des mariages familiaux. Mais elle démarre toujours au quart de tour. C’est une mécanique simple, sans électronique. »

À Sarceaux, motos et voitures de collection étaient de sortie, dimanche matin. Ouest-France
Tout autour, les discussions fusent. On compare suspensions et moteurs d’autrefois. « Quand j’étais gamin, je ne connaissais que ça. Ces voitures, c’est un petit bout de ma jeunesse », confie Christian Grée, propriétaire d’une Citroën B14 de 1928. « Elle a passé neuf ans au musée de Flers. Quand je l’ai achetée, elle a démarré aussitôt. Un coup de manivelle… Et au deuxième essai, elle part systématiquement. »
Chaque véhicule raconte une histoire : la moto Ravat de 1931 restaurée par Jean-Jacques Gilles ou des voitures revendues trop tôt et regrettées. « On entend souvent ça », glisse Joël Roger.
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Les voitures de collection s’étaient donné rendez-vous à Sarceaux, dimanche matin. Ouest-France
Mais au-delà des mécaniques, ce rendez-vous est avant tout convivial. Pas d’association ni de comité : juste des habitants qui sortent leurs voitures pour les partager. « Le but, c’est de réunir les gens autour d’une passion », explique Cyrille Esnault. Certains viennent avec leur véhicule, d’autres pour discuter. « On aimerait aussi développer l’exposition des deux-roues. Si des collectionneurs de Sarceaux en ont, qu’ils viennent l’an prochain », ajoute Joël Roger.
Les anecdotes fusent : panne d’essence en balade, manivelle glissante, bras endoloris après vingt-cinq kilomètres. Mais personne ne se plaint. « Quand vous passez en ville avec ces voitures, les gens vous saluent. C’est ça qui est génial », sourit Christian Grée, l’œil presque humide et le cœur gonflé de fierté.
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Sarceaux a accueilli son quatrième rassemblement de vieilles voitures. Ouest-France
Pour la mairie, ce n’est pas qu’un défilé mécanique. « C’est un rendez-vous inscrit depuis quatre ans ici. Et il y a plus de monde que l’année dernière, ce qui est une vraie satisfaction », sourit le maire, Patrick Claeys.
Et tandis que le pique-nique approche, suivi d’une balade jusqu’à Rânes, on entend encore : « Ah ça, j’avais la même quand j’étais jeune… » Le temps d’une journée, Sarceaux a retrouvé le parfum des dimanches d’antan, quand les sourires accompagnaient le ronron des moteurs et que chaque véhicule racontait une vie.
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