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En Normandie, quand l’arbre vient donner un sérieux coup de main au maraîchage... |
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L’arboriculture est un autre débouché possible pour les maraîchers. © Archives Ouest-France
Le rôle des arbres dans le maraîchage est le thème de rencontres d’une association nationale à Coutances (Manche). Elle préconise le non-travail des sols.
J’ai cherché à optimiser un système qui me permette de gagner ma vie sur une petite surface.
Après dix années très denses
de maraîchage, au prix de 70 heures de travail par semaine, Edouard Gosselin a basculé en arboriculture en 2015, sur une surface de 2 ha près d’Yvetot (Seine-Maritime) pour cultiver des cerises et des abricots sous serre, ainsi que des pommiers. C’est un terroir exceptionnel, où tout pousse : le verger est très productif. La cerise, pour laquelle il y a une très grosse demande, assure un tiers du chiffre d’affaires.
Il ne le cache pas, le but de ce père de trois enfants fut d’alléger la charge de travail. L’arboriculture est moins chronophage que le maraîchage, mais plus technique : il y a une seule récolte par an
, nuance l’arboriculteur. Ne craignant que le gel tardif, qui revient désormais chaque année depuis cinq ans
, l’exploitant a trouvé son équilibre économique et projette l’installation d’une guinguette.
Dynamique d’installations
Cet angle socio-économique est l’un des sujets abordés des rencontres nationales organisée par l’association Maraîchage sol vivant (MSV), au lycée Nature de Coutances du 15 au 17 février 2026. 200 personnes ont abordé le thème général de la valorisation des arbres (vergers, haies, biodiversité…) dans les systèmes maraîchers.
Fondée en 2013, MSV recense un millier de membres, dont la Normandie est l’une des régions les plus actives. Son principe fondateur est de ne pas travailler le sol pour qu’il travaille à votre place. Le secret est d’occulter le sol avec de la toile tissée ou des couverts végétaux,
résume Céline Colombier, animatrice du réseau. 90 % des membres sont en bio
(N.D.L.R. : les 10 % restants sont bio mais pas certifiés) et nous fonctionnons en autofinancement.Â
Malgré la pénibilité du métier, elle observe « plutôt une dynamique d’installations. Ce sont des petites exploitations, de 1 à 5 ha.