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Entreprise. Les parquets Panaget, fleuron industriel breton... |
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Panaget produit plus d’un million de mètres carrés de parquets par an. A 95%, il s’agit de parquets contrecollés à parement de chêne. © Philippe Renault / Ouest-France
Implanté à Bourgbarré et à Redon, en Ille-et-Vilaine, le premier fabricant français de parquet investit pour affronter la concurrence.
Une feuille de chêne sert d’emblème à la manufacture de parquets Panaget. Ce n’est pas un hasard. L’essentiel de sa production est fabriquée dans cette essence de bois noble. Basé à Bourgbarré, à 14 km au sud-est de Rennes, Panaget revendique le titre de premier fabricant français de parquets. « 8 millions de mètres carrés de parquet sont consommés par an en France, indique Jean-Marie Touzé, le directeur industriel. Nous en produisons un peu plus de 1 million de mètres carrés. Une bonne partie du reste est importée. »
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100 000 mètres carrés de parquets sont stockés à Bourgbarré. Soir un mois à un mois et demi de production. De quoi satisfaire rapidement toutes les commandes. Philippe Renault / Ouest-France
L’histoire a débuté en 1929 quand le fils d’un artisan menuisier de Bourgbarré, Joseph Panaget, alors âgé de 24 ans, se lance dans la fabrication de parquet. L’entreprise a compté jusqu’à 700 personnes et huit sites de production. Aujourd’hui, elle emploie 177 salariés, dont la moitié sont des femmes. Ses usines de Bourgbarré et Redon, en Ille-et-Vilaine, fabriquent des parquets contrecollés (95 % de la production). Le site de Saint-Martin-du-Vieux-Bellême, dans l’Orne, est spécialisé dans le parquet massif en chêne. Panaget vend ses parquets dans une trentaine de pays et possède une filiale aux États-Unis.
Suivi de production grâce au Wifi
L’entreprise est discrète et ouvre rarement ses portes aux médias. Elle dispose pourtant d’un très bel outil de production. Son principal site, l’usine de Bourgbarré, occupe 11 ha dont environ 25 000 m² de bâtiments. Du pré-séchage au vernissage, toutes les étapes de la fabrication sont aujourd’hui très largement automatisées. Le site est entièrement couvert par le Wifi, ce qui a permis d’éliminer toutes les opérations de saisie manuelle dans le suivi de production par codes-barres. « Nous avons une visibilité en temps réel sur nos stocks », précise Jean-Marie Touzé.

Sur cette ligne de fabrication automatisée, les lames de parquet sont poncées et vernies. Philippe Renault / Ouest-France
Un parquet contrecollé comporte trois couches de bois : un parement en chêne d’au moins 2,5 mm d’épaisseur, un milieu en bois compressé ou en contreplaqué et une couche inférieure en épicéa ou peuplier. Dans l’atelier de fabrication des parements, une première ligne de fabrication rabote puis scie en continu les planches préséchées. Ces ébauches sont ensuite séchées. « La durée de séchage a été ramenée à 30 heures, au lieu de quatre semaines, grâce à un nouveau procédé », indique Jean-Marie Touzé.

La mesure du taux d'humidité dans les parements de chêne se fait à l’aide d’un «gann». Deux électrodes sont plantées dans l’épaisseur du bois. Un faible courant électrique mesure la résistivité du bois, ce qui permet d’en déduire son degré d’humidité. Philippe Renault / Ouest-France
Une fois secs, les parements défilent à la vitesse de 60 mètres à la minute devant un scanner, le Woodeye Parquet. « Il repère les singularités du bois aussi bien sur la face de dessous que celle de dessous de façon à choisir la plus belle », explique Jean-Marie Touzé. Au total, 4 millions d’euros ont été investis en l’espace de deux ans pour moderniser cet atelier de fabrication des parements.
C’est le prix à payer pour rester compétitif. Car Panaget doit faire face à une rude concurrence. Celle des pays européens, bien sûr, mais de plus en plus, aussi, celle de la Chine. « Nous ne serons pas attractifs si nous n’investissons pas, souligne Carole François, la directrice générale. Quand nous avons automatisé, nous n’avons pas licencié, nous avons continué à recruter. »
Chiffre d’affaires en croissance
Depuis 2019, Panaget fait partie du groupe coopératif choletais Bouyer Leroux (2 000 salariés, un chiffre d’affaires de 450 millions d’euros). En s’adossant au numéro 1 français de la brique en terre cuite, Panaget pense avoir trouvé le partenaire idéal. « Notre logique est industrielle et long-termiste », souligne Roland Besnard, le PDG de Bouyer Leroux.

Le contrôle de qualité en bout de chaîne est essentiel pour garantir le positionnement haut de gamme des parquets Panaget. Philippe Renault / Ouest-France
Après des années difficiles, Panaget envisage à nouveau l’avenir avec optimisme. Avec la crise sanitaire, le besoin de confort est devenu une nouvelle priorité pour les Français qui investissent dans l’aménagement de leur intérieur. « La belle nouvelle de cette année, c’est notre chiffre d’affaires de 35 millions d’euros, en croissance de 20 %, annonce Carole François. Nous avons recruté 30 personnes en dix-huit mois. Nous espérons en recruter une trentaine d’autres dans les trois-quatre ans. »

De gauche à droite : Roland Besnard, PDG du groupe Bouyer Leroux, Carole François, directrice générale de Panaget, et Jean-Marie Touzé, directeur industriel. ? Philippe Renault / Ouest-France