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ENTRETIEN. À mi-mandat, le maire de Val-au-Perche a réalisé « 75 % des projets de campagne »... |
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« Conjuguer un rôle de maire et un travail à côté, c’est mon cas, n’est pas toujours aisé », Sébastien Thirouard, maire de Val-au-Perche (Orne), fait le point à mi-mandat. © Ouest-France
Municipales, trois ans déjà . Seul candidat aux dernières municipales à Val-au-Perche (Orne), élu avec 75 % des voix, mais avec une participation de seulement 30 % des inscrits, Sébastien Thirouard, maire, fait le point à mi-mandat. Un sexennat particulier, marqué par la crise sanitaire.
Sébastien Thirouard a été élu maire de Val-au-Perche (Orne) aux dernières élections municipales, en 2020. Trois ans après son élection, il répond aux questions d’Ouest-France et fait le point sur cette première partie de mandat.
Quel regard portez-vous sur votre fonction ?
Je suis investi dans la politique locale depuis plus de vingt ans. Au départ conseiller municipal de mon village de Mâle, pour la première fois en 2001, puis maire de Val-au-Perche, depuis 2020. Je savais ce qui m’attendait. J’ai un rôle très direct, je passe beaucoup de temps à gérer les réclamations, même si mes adjoints m’aident beaucoup.
Cela peut paraître parfois ingrat, mais assurer le service après vente, c’est aussi ça qui m’intéresse. Ma prise de fonction pendant la crise sanitaire n’a pas été évidente. L’équipe municipale a été privée de contacts humains pendant une bonne année. C’est la raison pour laquelle nous redoublons nos efforts pour aller au-devant des habitants, comme c’est le cas avec les visites de quartiers, mises en place cette année.
Où en êtes-vous de vos engagements de campagne ?
Pour l’élection, nous avions réalisé un programme de quatre pages avec des actions assez concrètes à mener. Aujourd’hui, grosso modo, nous sommes à 75 % de réalisation. On s’est engagé, par exemple, à mettre en place un conseil municipal des jeunes (CMJ). C’est chose faite, mais il faut maintenant l’animer et l’accompagner.
De même, nous consacrons beaucoup de moyens au commerce. Concernant l’arrivée prochaine d’une grande surface, je reste très prudent, mais le permis de construire a été validé et les travaux devraient démarrer au mois d’août. Sur le commerce de proximité, nous essayons de faciliter l’arrivée de nouveaux acteurs en mettant à leur disposition des locaux (la mairie en a racheté deux) et en les aidant à rechercher des financements. On tente un concept de boutiques éphémères, avec une quinzaine de dossiers reçus qui sont à l’étude.
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Côté équipements sportifs, dans la dynamique de la rénovation du gymnase, on a créé le city stade, sur une idée du CMJ. Avant l’été, les travaux de la piste de roller vont démarrer. Toujours sur proposition du CMJ, nous allons installer des agrès de sports extérieurs, au parc de la Pelzinière. Le lieu a été retenu après une consultation des Perchevaloises et Perchevalois, sur Facebook.
Le gros projet de la fin de mandat reste la réhabilitation de la mairie et de la salle des fêtes Jean-Baudoux. Dans le domaine des loisirs et du tourisme, il y a également le projet de création de sentiers autour de l’Huisne, en lien avec la communauté de communes (CDC) des collines du Perche normand et le Département de la Sarthe.
Que va devenir la friche industrielle Abadie ?
La réflexion de restructuration autour de l’usine de papier à cigarettes repose, à ce stade, sur une étude financière et technique menée en lien avec la CDC visant à transformer la fabrique en un tiers lieu, carrefour entre histoire, technologie et formation. Abadie fut le poumon du Theil, ne l’oublions pas. Pourquoi ne pas y installer aussi une halle, le marché ?
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Quel avenir pour la commune et pour vous-même ?
La commune nouvelle, c’est acté et adopté. On a réussi à passer ce cap tout en maintenant l’identité de chaque commune historique. Son avenir ? Je le vois comme celui d’une commune rurale qui prospère en se diversifiant et en étoffant son tissu économique. Mais il faut inverser la tendance démographique, a minima stabiliser la population pour maintenir les services publics, et promouvoir et valoriser le tourisme. La position géographique centrale de la commune, au milieu de plus grandes villes, et le long de la RD923, doit devenir un avantage majeur.
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Quant à moi, je continue ma mission jusqu’en 2026, après, on verra. Ce sera une question de motivation. Être un bon maire nécessite beaucoup de temps et beaucoup d’énergie, on a besoin, pour s’engager, d’avoir de la ressource, des gens autour de soi, des idées renouvelées…