|
Féminicides : elles s’appelaient Magali, Lucie, Martine… Qui sont ces femmes tuées en janvier ?... |
1
Des membres de l’organisation féministe "Collages Féminicides Paris" collent des fleurs sur un mur après avoir collé des pancartes lisant les noms de plus d’une centaine de femmes tuées depuis le 31 août 2019, à Paris le 30 août 2020. © CHRISTOPHE ARCHAMBAULT/ARCHIVES AFP
Durant le mois de janvier 2024, au moins dix femmes ont été tuées par leur conjoint en France. Voici leur histoire.
En janvier 2024, au moins dix femmes ont été tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint*. Dans la continuité du travail d’Ouest-France réalisé durant l’année 2022 sur les féminicides, nous avons souhaité retracer leur parcours.
Lire aussi : Féminicides : quatre questions sur la bataille de chiffres entre le gouvernement et les associations
Lucie, 29Â ans
Le décompte des féminicides pour l’année 2024 aura commencé quelques heures après minuit, le 1er janvier. À l’aube, ce lundi, le corps de Lucie Fataulie, 29 ans, a été retrouvé sur un chemin de Bourail, dans le centre de la Nouvelle-Calédonie. D’après un témoin, durant la soirée, une dispute aurait éclaté entre la victime et son conjoint, dans un contexte d’alcoolisation importante. Ils auraient passé la nuit à cet endroit, en dormant à la belle étoile.
L’homme, réveillé au milieu de la nuit, n’aurait pas réussi à réveiller sa compagne, a précisé le procureur dans un communiqué. Il se serait rendu chez un membre de sa famille à qui il aurait confié la situation avant de retourner sur les lieux et d’appeler les pompiers, puis de disparaître.
À leur arrivée, les pompiers ont constaté le décès de la jeune femme qui portait des traces de coups, notamment au visage. Lucie Fataulie était mère de trois enfants.
Selon Les nouvelles calédoniennes , après son meurtre, un collectif a été créé, appelé « Cris et pleurs de femmes ». Il a organisé une marche blanche le 27 janvier en hommage à la jeune femme.
Martine, 62Â ans
Mardi 2 janvier, les corps sans vie d’un couple ont été retrouvés à leur domicile de à  Nègrepelisse (Tarn-et-Garonne). Trois jours plus tard, après les autopsies, le substitut du procureur de Montauban a déclaré à la presse qu’il n’y avait « plus aucun doute sur ce qui s’est passé ». Martine Vasquier, âgée de 62 ans, a été tuée à bout portant par son conjoint, 75 ans. Ce dernier s’est ensuite suicidé.
« Il ressort des différentes auditions de l’entourage proche qu’il y avait une situation conflictuelle dans le couple et que la séparation était vraiment imminente […] C’est un monsieur qui n’a pas accepté la séparation », a indiqué la substitut du procureur.
Une femme âgée de 75 ans
Un homme âgé de 84 ans a été placé en détention provisoire et mis en examen pour « meurtre par conjoint ». En garde à vue, il a reconnu avoir mortellement étranglé sa compagne âgée de 75 ans, mercredi 3 janvier, à leur domicile de Vinon-sur-Verdon (Var), non loin de Durance.
Selon les informations de Var Matin , la victime était connue dans le village, ayant notamment été en charge du comité des fêtes. Le mari a expliqué aux gendarmes avoir tué sa femme après une « dispute ».
Une femme de 29Â ans
Un homme a été interpellé dans la ville de Mamoudzou à Mayotte, le 9 janvier dernier, alors qu’il était en train de boire un verre avec des amis. Il est soupçonné d’avoir tué sa compagne quelques heures plus tôt dans un banga, une habitation informelle, au sein du quartier du sud de Mamoudzou, la préfecture du département français de l’océan Indien. Elle était âgée de 29 ans et mère de cinq enfants.
Selon Mayotte La Première , l’homme, un Comorien de 32 ans, décrit comme un « mari violent », aurait séquestré et battu la jeune femme.
Une femme de 50Â ans
Dans le Tarn, à Brassac, jeudi 11 janvier, une femme de 50 ans a été tuée par son compagnon d’une balle tirée dans le thorax. Lors de l’arrivée des gendarmes, ce dernier n’avait pas pu être interrogé en raison « de son état d’alcoolisation ». Il a reconnu le meurtre le lendemain.
L’homme a tiré avec un fusil de chasse, selon les premiers éléments de l’enquête. Dans l’appartement, les gendarmes ont trouvé plusieurs armes à feu, détenues illégalement par le suspect, révèle Le Parisien . Il a été mis en examen pour « meurtre sur conjoint » et écroué à la maison d’arrêt d’Albi, selon Actu .
Une femme de 56Â ans
Il avait été condamné au début du mois de janvier et avait l’interdiction d’entrer en contact avec elle : un homme a tué son ex-conjointe et s’est donné la mort à Saint-Mandrier-sur-Mer, dans le Var, le jeudi 11 janvier. Les corps, retrouvés le lendemain au domicile de la victime, présentaient des blessures provoquées par une arme à feu.
Selon le procureur de Toulon, « les premiers éléments de l’enquête tendent à démontrer que le mis en cause a pénétré la veille au soir, par escalade, dans l’appartement de la victime avant de la tuer avec une arme à feu et de se donner la mort. » Le couple était séparé depuis de nombreuses années et la victime avait eu en sa possession un « téléphone grave danger » pendant plusieurs mois, en 2023.
Michèle, 60 ans
Michèle Leveque avait 60 ans, était employée municipale de la ville de Poitiers et mère de deux enfants. Elle devait partir à la retraite dans quelques mois. Son corps ainsi que celui de son mari ont été découverts dans le jardin de leur pavillon à Nieuil-L’Espoir (Vienne), lundi 15 janvier dernier.
« Il résulte des premiers éléments de l’enquête que l’époux aurait vraisemblablement tiré au moyen d’un fusil de chasse sur son épouse, avant de retourner l’arme contre lui et de se donner la mort », a fait savoir Cyril Lacombe, procureur de la République à Poitiers, au lendemain des faits.
Brigitte, 64Â ans
Le corps sans vie de Brigitte Vallet a été retrouvé sur le lit de son appartement, avec des pièces de monnaie sur les yeux. Selon les premiers éléments de l’enquête révélés par l’ Écho Républicain , son compagnon, né en 1964, a contacté les pompiers pour les prévenir du décès de la victime, née en 1960. Il est le principal suspect.
Le corps de la victime a été nettoyé puis placé sur le lit de son domicile. Selon le parquet, la cause du décès pourrait être l’asphyxie. « Il n’y a encore pas d’explication. Les explications du suspect sont déraisonnables. Son récit pose question », a indiqué le procureur à l’AFP. Selon l’Écho Républicain, l’homme avait déjà été condamné à plusieurs reprises, dont à une peine de dix ans, prononcée dans l’Aude en 2000 pour tentative de meurtre, ainsi qu’à deux ans de prison pour agression sexuelle sur sa compagne. Jeudi 18 janvier, il a été mis en examen pour « homicide sur conjoint ».
Magali, 52Â ans
Magali Barbu, 52 ans, a été tuée par balle et retrouvée mardi 23 janvier, dans un véhicule utilitaire garé à proximité de son domicile de Bretoncelles, dans l’Orne. Son conjoint, âgé de 54 ans, était lui aussi blessé à la joue et était alcoolisé lors de l’arrivée des secours. Après avoir tué sa compagne, il aurait tenté de retourner l’arme, un fusil de chasse, contre lui, a-t-il expliqué aux gendarmes.
L’homme avait été condamné par le passé pour des faits de violences conjugales. Il a été mis en examen pour « meurtre sur conjoint » et incarcéré.
Le frère de Magali a témoigné auprès de nos collègues de l’Orne. Il a décrit sa sœur comme une personne « déconneuse, toujours prête à rire, bonne vivante malgré sa silhouette fluette », tombée sous l’emprise d’un homme violent verbalement et physiquement, qui l’a peu à peu coupée du monde extérieur. À la fin de sa vie, elle « ne pesait plus que 35 kg quand lui en fait 110 ».
Lire aussi : « Ma sœur était prisonnière de son mari » : le frère de Magali Barbu, tuée dans l’Orne, témoigne
Une femme de 72Â ans
Vendredi 26 janvier, une femme âgée de 72 ans a été découverte inconsciente à son domicile à Marseille. Les pompiers, dépêchés sur place, n’ont pas réussi à la réanimer. Elle est morte par strangulation. Son mari, âgé de 67 ans, a été interpellé sur place le même jour. L’homme a depuis reconnu les faits, a indiqué le parquet de Marseille, à TF1 . Il n’a toutefois pas expliqué son geste. Il est mis en examen pour « homicide volontaire par conjoint ».
Si vous êtes victime de violences conjugales, vous pouvez joindre le 3919 ou le 114 par SMS.
(*) Pour réaliser ce recensement, nous nous sommes appuyés sur les informations relayées par la presse locale, l’AFP, les associations (#NousToutes, Féminicides par compagnons ou ex), les réseaux sociaux et les sources officielles (parquet, avocats), mais aussi sur les articles de nos rédactions locales lorsqu’un féminicide est commis sur la zone Ouest-France. Il s’agit d’un recensement à date qui peut évoluer dans les semaines après publication si des cas de féminicides sont mis au jour.
Source : Maville.com