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Flers, une cité ornaise industrieuse et patrimoniale

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photo  une vue aérienne de la ville de flers.  ©  stéphane geufroi / archives ouest-france 6

Une vue aérienne de la ville de Flers. © Stéphane Geufroi / Archives Ouest-France

En Normandie, au cœur du bocage, en lisière de la Suisse normande, et voisine d’Alençon, Flers (Orne) mérite beaucoup plus qu’un détour tant ses attraits sont multiples et variés.

Patrimoine historique et industriel, balades, sport ou détente, la ville de Flers multiplie les initiatives afin de mettre en valeur ses atouts. La première mention de la cité est faite en 1180 dans les grands rôles (registres) de l’Échiquier de Normandie – institution créée par Rollon, premier duc au début du Xe siècle – qui juge de l’administration et de la justice. Le domaine est alors une baronnie convoitée par les plus illustres familles de Normandie. Toutefois, la chronique ne fait pas mention de forteresse, Flers ne présentant pas véritablement d’intérêt stratégique à l’époque de la guerre de Cent ans et ce, malgré l’existence attestée d’un château. Ce dernier fait figure de construction modeste, en pierres et à colombages, entourée de fossés.

Il ne prendra de l’importance qu’à la Renaissance sous l’égide d’un certain Nicolas III de Grosparmy, alchimiste passionné qui aurait fait fortune en parvenant à percer le secret de la transmutation des métaux et à changer le plomb en or.

Plus prosaïquement, il doit sa richesse aux forges de Halouze qui font partie de son domaine. On peut y voir les débuts de la vocation industrielle de la ville. L’union prestigieuse d’un seigneur de Flers, devenu comte, avec une Rohan, membre de l’une des plus grandes familles de Bretagne, ne fait que mieux préparer l’essor économique à venir. L’industrie du coutil, une toile faite de fil de chanvre ou de lin, souvent mélangée de coton puis lissée et serrée, commence à s’installer dans la ville. Un siècle plus tard, elle sera la source première de la prospérité du territoire.

Un XIXe siècle flamboyant

Passés les épisodes de la Révolution et de la Chouannerie normande – durant laquelle le chef de la révolte, Louis de Frotté, établit son quartier général au château de Flers – industrie et commerce reprennent leurs droits. On introduit des métiers Jacquard dans les fabriques, on crée les premières blanchisseries, on fabrique des cotons chinés, on organise une exposition en 1852.

Située au cœur du bocage ornais et malgré un isolement causé par l’inexistence de voies routières, la cité devient le centre d’un bassin d’emploi important au XIXe siècle. Elle possède alors une riche industrie textile et métallurgique. La population croît de 2 800 habitants en 1806 à 13 929 en 1886.

Flers porte encore aujourd’hui les traces de cette urbanisation accélérée par l’arrivée du chemin de fer (1866). Le début du XXe siècle voit encore augmenter le dynamisme du textile. Le blason de la ville témoigne de ce temps via les « navettes », bobines de fils circulants dans les métiers à tisser utilisés à l’époque, qui l’ornent.

L’après-guerre et les Trente Glorieuses

Le XXe siècle est marqué par la guerre. Les bombardements américains des 6 et 7 juin 1944 détruisent Flers à 80 % et font une centaine de morts. Le centre est l’endroit qui a le plus souffert. L’église Saint-Germain garde encore les stigmates de cette terrible époque. La ville est enfin libérée par les Britanniques le 16 août.

Dès 1948, la reconstruction prend forme. Les Trente Glorieuses voient la construction de nouveaux quartiers comme Saint-Michel, Saint-Sauveur, Pont Féron et le Clos Morel. Mais la crise économique des années 1970 affecte le bassin d’emploi qui voit la disparition d’une grande partie de son industrie textile, la fermeture de la mine de Saint-Clair-de-Halouze et celle, récente, de la fonderie La Sonofoque qui fabriquait les plaques d’égouts commercialisées dans toute la France. Toutefois, un parc industriel d’envergure internationale vient de voir le jour, laissant augurer un renouveau du dynamisme local.

Les incontournables

Le château

Du château des comtes de Flers de pierre et de bois, construit au XIIe siècle, il ne reste rien. Les bâtiments actuels, qui datent des XVIe et XVIIIe et ont été acquis par la ville en 1901, sont néanmoins de toute aussi belle facture. L’ancienne réserve de chasse voisine est devenue un parc où il fait bon se promener en famille et le musée, établi dans la demeure seigneuriale, présente un parcours d’exposition au travers d’une superbe scénographie. Peintures, objets et mobilier se côtoient et sont animés grâce au multimédia.

Chaque année, une exposition présente les collections de Beaux-arts et le travail d’artistes contemporains. Une tablette est disponible à l’accueil pour découvrir Flers via des œuvres emblématiques, un film d’animation, un quiz…

photo le château de flers.  ©  jrdesmonts, cc by-sa 3.0, via wikimedia commons

Le château de Flers. Jrdesmonts, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

L’église Saint-Germain

Au début du XXe siècle, décision est prise de construire une nouvelle église consacrée à saint Germain. La ville de Flers possédait pourtant déjà un sanctuaire à lui dédier. Mais, trop petit et menaçant, cet édifice, daté du XVIIe siècle, est entièrement démoli dès l’achèvement de la nouvelle bâtisse. Hélas, le 6 juin 1944, au soir, les bombes détruisent cette vaste construction néogothique dont ne subsistent plus que les murs épais de granit et les tours. Une torpille traverse le chœur et explose dans la crypte où de nombreux Flériens se sont réfugiés. L’attaque fait une dizaine de morts. Les bombes saccagent notamment les vitraux. Ils ont aujourd’hui été remplacés, ainsi que la rosace dont les couleurs chatoyantes sont l’œuvre de Jean Chaudeurge.

photo l’église saint-germain de flers.  ©  ouest-france

L’église Saint-Germain de Flers. OUEST-FRANCE

La chapelle du Souvenir

Le petit séminaire de Sées, expulsé de ses locaux en 1906 au moment de la loi de séparation de l’Église et de l’État, trouve refuge à Flers, à la villa des Cèdres, propriété de l’abbé Garnier. Des locaux scolaires sont construits dans le parc en 1907. Pendant la Première Guerre mondiale, l’école est en partie réquisitionnée pour accueillir des blessés. 88 anciens élèves et professeurs perdent la vie aux combats. Le chanoine Hugot, directeur, lance en 1919 l’idée de construire une chapelle pour commémorer les victimes. L’utilisation du béton armé permet l’avancement rapide du chantier. La consécration a lieu le 13 octobre 1932. Inscrite au Monuments historiques en 2005, la chapelle a reçu la visite de personnalités comme Jean XXIII ou l’abbé Pierre.

photo la chapelle du souvenir, à flers, dans l’orne, est l’un des rares édifices religieux de style art déco en normandie.  ©  archives ouest-france

La chapelle du Souvenir, à Flers, dans l’Orne, est l’un des rares édifices religieux de style Art déco en Normandie. Archives Ouest-France

Sur la route du fer

Durant des siècles, des hommes, dans l’Orne, ont extrait le précieux minerai de fer. Jusqu’à la fin des années 1970, il y a eu jusqu’à trois mines dans la région de Flers. Il en reste encore aujourd’hui quelques vestiges. À La Ferrière, les forges situées sur les berges de La Varenne possèdent encore des vestiges classés Monuments historiques, comme le haut-fourneau, les cheminées et la fonderie. À Saint-Clair-de-Halouze, dans les années 1930, cinq cents ouvriers travaillaient sur le site. Des cités minières se sont également installées aux abords des gisements. Sur le chantier de restauration de la butte rouge à Dompierre, l’association « Le savoir et le fer » s’est donné pour mission de restaurer le patrimoine minier de la région et d’en préserver la mémoire.

photo le carreau de la mine de saint-clair-de-halouze, près de flers, dans l’orne.  ©  vincent michel / ouest-france

Le Carreau de la Mine de Saint-Clair-de-Halouze, près de Flers, dans l’Orne. Vincent Michel / Ouest-France

Une balade entre haute et basse ville (5 km, 2 h)

photo une balade à flers.  ©  alban le pape

Une balade à Flers. Alban Le Pape

Accès : à Flers, rejoignez l’église Saint-Germain.

Départ : de l’église, empruntez la direction Argentan, montez tout droit. Au rond-point, prenez la deuxième à gauche direction Caen. À 50 m, virez à droite rue du Moulin puis à gauche rue de la Planchette. Poursuivez tout droit.

1. Tournez à droite rue des Écoles et encore à droite au commissariat de Police. Poursuivez jusqu’à l’église Saint-Jean et virez à gauche. Longez ensuite la rue de Paris à gauche, aux feux tricolores, tournez à droite. Passez le château Duhazé, au rond-point virez à gauche. Au Champ de foire, longez le parc à gauche. Poursuivez à droite puis prenez à gauche rue de Belfort.

2. Au carrefour, tournez à droite jusqu’à la place Charleston, traversez-la sur la gauche. Au milieu, empruntez la rue de la Harpe à droite. Rejoignez le parvis de l’église, longez le marché couvert à gauche. Continuez en face rue Schnetz et à 50 m, virez à droite rue Simons. Après les Bains Douches, traversez le parking à gauche et tournez gauche vers le château. Après un détour dans le parc, au portail, empruntez l’avenue de l’Hôtel de Ville à gauche.

3. Au stop, virez à droite et tout de suite à gauche rue de l’Orangerie. À 80 m, prenez à droite jusqu’au Monument aux Morts. Remontez à gauche rue du Théâtre. Au carrefour, continuez à droite puis à gauche à 80 m, rue H.Laforest. À la Poste, prenez à droite et encore à droite rue des Pages. En bas virez à gauche vers l’église.

Pratique

Se loger

Une terrasse ensoleillée à proximité du château de Flers. Cet hôtel douillet vous accueille dans un cadre idyllique. Le Berverl’Inn. 9, rue de la Chaussée. Flers. Tél. 02 33 96 79 79.

Au cœur de la Suisse Normande, Le Galion offre calme et raffinement. Vacances en famille ou escapade romantique, un havre de paix et de bien-être. Hôtel Le Galion. 5, rue Victor Hugo. Flers. Tél. 02 33 64 47 47.

Se restaurer

Qualité exceptionnelle et prix maîtrisés pour ce restaurant. Accueil chaleureux et mets succulents ! Auberge des Vieilles Pierres. 169, Buisson Corblin. Flers Tél. 02 33 65 06 96.

Un restaurant chaleureux où la cuisine, excellente, est concoctée avec des produits frais provenant principalement des producteurs locaux. L’Imprévu. 35, place Charleston. Flers Tél. 02 33 37 13 58.

 
Françoise SURCOUF.    Ouest-France  

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