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Football : Christophe Ferron : « Je suis revanchard »... |
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Christophe Ferron revient à l'US Alençon pour mettre en place un projet de pré-formation et de formation. Acessoirement il sera aussi l'entraîneur de l'équipe de CFA2. © Nathalie Douley
US Alençon. Deux ans après avoir été écarté de son poste d'entraîneur, l'ancien pro lavallois revient aux manettes de l'équipe de CFA2.
La nomination de Christophe Ferron au poste d'entraîneur de l'US Alençon a été annoncée par le président Christian Lair mercredi soir, lors de l'assemblée générale du club. Un choix pour le moins surprenant dans la mesure où l'expérience Ferron à la tête de l'équipe fanion avait tourné court voici deux ans. Hier, le nouvel entraîneur est revenu sur les raisons l'ayant poussé à accepter ce nouveau challenge.
Deux ans après votre départ forcé, vous revenez à l'US Alençon. Au moins, vous n'êtes pas rancunier...
« Effectivement, je ne suis pas rancunier (sourire). Mais je suis revanchard. Il y a deux ans, je n'étais sans doute pas prêt pour assumer un poste d'entraîneur général. J'ai aussi commis des erreurs, tout comme le club en a commis à mon égard. Aujourd'hui, les choses sont claires, et il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis... Ceci dit, que mon retour surprenne beaucoup de monde, je peux le concevoir.
Comment s'est faite la genèse de ce retour ?
Avec le président (Christian Lair), on s'est rencontré il y a trois semaines, un mois. On a très peu parlé du passé. J'avais une opportunité de partir ailleurs (Concarneau), que j'ai refusé pour raisons familiales. J'avais aussi la possibilité de rester à Vitré (adjoint en CFA). Mais Alençon, c'est ma ville. Et j'ai envie de faire avancer le club.
Votre départ en 2006 avait été suivi de mots très durs entre vous et ami et vice-président Stéphane Guy. Absent mercredi, celui-ci a fait annoncer sa démission. Coïncidence ou conséquence de votre retour ?
(pause) Le mieux est sans doute de lui demander...
Mercredi, vous avez prévenu : « C'est n'est plus le même Ferron qu'il y a deux ans ».
Ces trois dernières saisons m'ont bien endurci. Et surtout, que les choses soient claires : je ne suis pas un entraîneur-général. Mon métier au sein du club, c'est de mettre en place un projet de pré-formation et de formation. En plus, je suis l'entraîneur de l'équipe première, mais ce sont bien deux choses distinctes.
Ce qui veut dire que si en CFA2 ça ne marche pas comme espéré, vous pouvez partir ou être démis, tout en gardant votre travail au sein de l'US Alençon ?
Tout à fait. Il s'agit d'une création de poste. Je suis là pour essayer de faire grandir le club. Actuellement, on a des équipes de jeunes (13, 15 et 18 ans) en Ligue. C'est bien, mais il faudrait qu'on aille plus haut. Il faut qu'on puisse évoluer au niveau fédéral si on veut attirer et garder les meilleurs jeunes de la région. À Mayenne, il y a des 14 ans et des 16 ans Nationaux. Pourquoi ne pourrait-on pas y arriver ici ?
Si vous êtes embauché pour la formation et donc sur le long terme, vous serez paradoxalement jugé sur le court terme, à savoir le parcours de la CFA2. Quelles sont vos priorités à ce sujet ?
Je vais voir les joueurs collectivement ce soir (hier) pour leur expliquer mon fonctionnement et leur exposer le projet sportif. Ensuite je les verrai individuellement, pour leur dire ce que j'attends d'eux. Il y aura aussi l'aspect financier, il ne faut pas le nier. Dans ce domaine, l'enveloppe destinée aux joueurs sera plutôt orientée à la baisse...
Vous avez déjà une idée de l'effectif de la saison prochaine ?
L'idée est de s'appuyer sur des joueurs déjà au club. La B monte en DH, on aura donc un groupe élargi. En essayant d'intégrer de temps à autre des 18 ans. À nous ensuite de faire un recrutement avec des gens adhérents au projet. Dès la semaine prochaine, on devrait annoncer quelques arrivées, des joueurs que je connais.
Avez-vous un adjoint ?
Pas à l'heure actuelle. Ma priorité c'était d'avoir un préparateur physique. Olivier Guillier viendra ainsi trois ou quatre fois par semaine dès la rentrée. Je le connais bien, il suivait les professionnels du Muc 72 dans le cadre de sa formation cette année. Je veux qu'il y ait un suivi pour les joueurs blessés ou en reprise. On est un club amateur, mais on doit avoir le fonctionnement et la volonté d'une structure pro.
Êtes-vous tenté de remettre un short pour rejouer en CFA2 ou avec la réserve en DH ?
Non, tout ça c'est fini (rire). Je n'ai pas fait un seul footing depuis deux ans. Si je remets le short, ce sera parce qu'il fait beau. Mais pas avec les crampons... »
Propos recueillis par François BOSCHER.