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Municipales 2026. Coup de tonnerre à Cherbourg-en-Cotentin, avec l’invalidation de la liste de Jean-Marie Lejeune... |
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Le 15 janvier 2026 en soirée, le meeting de lancement de campagne de Jean-Marie Lejeune faisait un flop avec 26 personnes dans la salle. Un mois et demi plus tard, la liste présentée le 27 février a été invalidée par la préfecture de la Manche. © Ouest-France
Il n’y aura finalement que trois candidats à la mairie de Cherbourg-en-Cotentin (Manche). Jean-Marie Lejeune avait présenté sa liste vendredi 27 février 2026 au public après l’avoir déposée la veille à la préfecture de la Manche. Elle a été invalidée ce lundi 2 mars 2026. L’intéressé dépose un recours.
C’est la fin d’un feuilleton au dénouement pressenti. La préfecture de la Manche a invalidé, ce lundi 2 mars 2026, la liste Réussir Cherbourg 2026 que présentait le candidat Jean-Marie Lejeune aux élections municipales de Cherbourg-en-Cotentin. À moins de quinze jours du premier tour de scrutin, l’événement constitue un petit coup de tonnerre dans le Landerneau politique local, quand bien même cette candidature ne manquait pas de plonger depuis le début les observateurs dans une intense circonspection.
À l’issue des vérifications opérées sur le dossier de candidature de M. Jean-Marie Lejeune, candidat dans la commune de Cherbourg-en-Cotentin, le préfet a décidé de refuser la délivrance d’un récépissé définitif à cette liste, entraînant l’invalidité de la liste, résume le communiqué des autorités. La liste présentée par M. Jean-Marie Lejeune ne répond pas à certaines des conditions fixées par l’article L.265 du code électoral. Aussi, cette liste ne peut être enregistrée en l’absence de conformité des candidatures.
Le candidat en a été informé ce lundi.
Une candidature surprise
Jean-Marie Lejeune avait créé la surprise en annonçant se lancer dans la campagne, le 26 novembre 2025. 73 ans, en retrait depuis belle lurette de toute vie publique, l’ancien avocat s’était alors entouré d’une dizaine de soutiens pour tenir conférence de presse, quelques jours après avoir déposé un courrier annonçant sa candidature dans les boîtes à lettres des journaux. Non sans, entretemps, s’être étonné du fait que l’information n’avait pas été relayée, ne comprenant d’ailleurs pas que les rédactions ne pouvaient se contenter d’un feuillet transmis de la sorte.
S’en étaient suivi le 8 janvier dernier l’inauguration d’une vaste permanence dans une des rues les plus stratégiques de la ville ; un meeting de lancement de campagne, le 15 janvier, en quasi-huis clos dans une salle des fêtes pouvant contenir plusieurs centaines de personnes et dans laquelle seulement 26 personnes avaient pris place ; des réunions publiques…
Et, surtout, une série d’événements pour le moins troublants. Il y a d’abord eu cet esclandre au meeting de lancement de campagne de Camille Margueritte, dont il avait été interdit d’accès par les agents de protection de l’invité de marque Bruno Retailleau. La candidate s’était d’ailleurs fendue d’une main courante au commissariat pour dénoncer ses agissements. Son adversaire avait pour sa part écrit au procureur de la République (avec copie du courrier aux journaux) pour porter les faits à sa connaissance, sans que le ministère public estime légitime de donner suite.
Dépôt de plainte
Il y a aussi eu ces intrusions récurrentes à la mairie dans les services (un courrier lui rappelant la marche à suivre lui a été adressé, avec copie au bureau des élections de la préfecture et au procureur parce qu’il menaçait aussi de plainte deux colistiers du maire sortant Benoît Arrivé) sans lien aucun avec l’administration municipale, ces apparitions où on l’attend le moins (un rassemblement d’avocats en robe devant le tribunal judiciaire, la commission de vérification des listes électorales à l’hôtel de ville), la vidéo qui a tourné sur les réseaux sociaux où on le voit lacérer lui-même les affiches de Camille Margueritte et dont il dit qu’elle a été fabriquée grâce à l’IA…
Jusqu’à la goutte qui a refermé le chapitre : la constitution de la liste déposée en préfecture mercredi dernier après un premier remaniement. Un colistier demande à en être retiré. Le fils d’une colistière de la première mouture porte plainte pour faux et usage de faux. C’est ce sur quoi le préfet a tranché. Jean-Marie Lejeune porte l’affaire en justice pour suspendre la décision.