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Giel. Portraits croisés chez les confinés du lycée... |
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Chaque semaine, le père Christophe Peschet illustre la chronique de Frère Manu. Cette fois, c’est l’épisode le plus inquiétant de la semaine passée qui l’a fait sourire… (Puisqu’il s’est bien terminé !) © Christophe Peschet
La chronique de Frère Manu. Les semaines de confinement se suivent et commencent à se ressembler, au sein du lycée Giel-Don Bosco. C’est sans compter ces visages que le chroniqueur salésien ne se lasse pas de croiser… De loin.
Emmanuel Philippart est le responsable de la communauté salésienne du lycée Giel-Don Bosco. Confiné au lycée avec six autres religieux et une vingtaine de mineurs non accompagnés, il s’est mis à rédiger une chronique quotidienne, le temps du confinement.
18 avril, le soulagement
Frère Manu s’était bien gardé d’en parler dans sa chronique mais l’inquiétude les taraudait, lui et toute la communauté, depuis quelques jours. L’un d’entre eux avait eu de la fièvre. Oh, un épisode de rien du tout mais quelle aventure ! « Après une semaine de confinement total, il vient d’être libéré. »
Et de raconter cette « suspicion d’une forte angine » assortie d’un confinement obligatoire : « Comme nous étions le Vendredi saint lors du passage aux urgences (et en fin de journée !), le laboratoire pour le test n’ouvrait que le mardi suivant à cause du congé pascal. […] Vendredi, 11 h, pas de réponse. Il se décide à prendre contact. Bonne nouvelle, il est testé négatif. Ouf, pour lui et pour nous ! Nous avions pris des règles strictes avec masque, désinfection des clenches, vaisselle, etc. En attendant, ce qui devait prendre trois jours maximum, a duré huit jours. Merci pour l’angoisse ! »
19 avril, l’admiration
Parmi les personnes qui s’occupent encore de la ferme du lycée et qu’aperçoit donc Frère Manu, l’une retient son attention : « C’est un mordu de la marche, très engagé chez les marcheurs du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Un accident cardiaque lui est arrivé sur ce chemin. Avec plusieurs années de patience et une lente rééducation, il a étonné le cardiologue. Il n’avait jamais vu quelqu’un surmonter son handicap d’une telle façon. Tous les contrôles sont bons et le feu vert pour recommencer les chemins de Saint-Jacques. Et patatras, le Covid-19 vient tout foutre en l’air. »
« Il fait la nique au covid et continue à s’entraîner. Il parcourt un très long trajet, croyez-moi. Il monte jusqu’à la salle de sport, […], passe voir si l ânesse s’entend toujours avec les moutons, traverse la ferme, (il est le spectacle du jour pour les génisses), […] et observe si l’atelier menuiserie est toujours debout. […]. Quand on y croit, même le covid et son confinement ne peuvent rien arrêter ! »
21 avril, au turbin !
Les ouvriers qui interviennent à la ferme ont fort à faire, en l’absence des lycéens. « Il est temps de mettre les bêtes en pâture. Il faut pour cela vérifier toutes les clôtures, mais l’urgence d’une saison qui avance vite empêche de le faire sereinement. Un tas de petites choses faites par les élèves volontaires du mercredi après-midi et pendant les cours de pratique ne se font plus. Il faudra attendre des jours meilleurs. » L’un des membres de la communauté prête main-forte : « Tous les après-midi, il va chercher les vaches aux champs, c’est 40 minutes de gagnées pour les ouvriers. L’équipe de la ferme est sérieuse et bosse très bien. On y arrivera ! »
22 avril, médisance
Ce matin-là, Frère Manu est de sortie (dans l’enceinte du lycée) et en profite pour faire quelques clichés. « Une voiture était garée juste à l’endroit où j’espérais faire la photo ! Ma réaction fut de me dire : Qui a osé braver l’interdit de circuler pour venir se balader ? »
Il n’en était rien… « C’était notre cantonnier qui faisait l’entretien des pelouses […]. Confinement rime aussi avec service. Nous avons beaucoup parlé, avec raison, du corps médical, du personnel soignant, des pompiers et bien d’autres. Nous avions oublié le cantonnier. Merci à lui de nous préparer une commune bien entretenue pour notre sortie de confinement. » Et de conclure : « La photo, je l’ai prise le lendemain ! »
23 avril, nuits blanches
Frère Benjamin a rejoint la communauté à l’été 2019. Également directeur des études, au collège, Benjamin Dewitte a aussi droit à son petit portrait, dans la chronique de Frère Manu : « Il passe son temps à prendre contact avec ses professeurs et ses élèves. Il fait son possible pour que les collégiens ne perdent pas trop de matières scolaires en ces temps d’enfermement pour Covid-19. Il est spécialiste des réseaux sociaux. C’est un artiste et il vit la nuit. En général, il va dormir quand moi je me lève (3 h). Et, oui ! La garde ne dort jamais. » La veillée pascale, ce n’était pas déjà passé ?
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