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Il gère 5 260 km de haies dans le Bocage ornais, des aides financières aux enjeux environnementaux... |
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Roald Harivel est le nouveau technicien Bocage de Flers agglo, dans l’Orne. © Ouest-France
Depuis la rentrée de septembre, Roald Harivel a rejoint les services de Flers agglo (Orne) en tant que technicien Bocage et zones humides. C’est le premier technicien de l’intercommunalité dédié aux haies.
Dans les 42 communes de l’agglomération de Flers, le plan local d’urbanisme intercommunal dénombre 5 260 kilomètres linéaires de haies, – soit cinq fois la distance Lille-Marseille – dont 3 600 classées, c’est-à -dire qui ne peuvent pas disparaître sans compensation. Pour s’y retrouver entre ce qu’il est possible de faire ou non avec ses haies, Flers agglo a créé un poste de technicien Bocage et zones humides, occupé par Roald Harivel depuis septembre.
« Il y a énormément de réglementations qui touchent les haies, et notamment celles de la Politique agricole commune (PAC), avance Roald Harivel. On a notre propre réglementation, qui est mieux disante. Quand un agriculteur a un projet, qu’il souhaite, par exemple, agrandir une ouverture de champ et couper des haies pour faire passer une plus grosse machine, il peut nous contacter pour qu’on étudie la faisabilité et les compensations possibles. » Contrairement à la PAC qui est renouvelée tous les quatre ans et dont la réglementation en matière de haie peut varier au gré des différentes orientations, les règles fixées par Flers Agglo sur une gestion durable des haies bocagères, ne changeront pas.
L’enjeu des haies sur talus pour limiter l’érosion
Parce que, si une haie est classée, on ne peut pas juste replanter le même linéaire de haie ailleurs. « La nouvelle haie devra avoir un rôle contre l’érosion, ou faire un couloir pour la biodiversité », détaille Roald Harivel. Limiter l’érosion est l’un des enjeux du maintien des haies sur talus – ou de leur replantation : leur présence en fait une barrière naturelle pour la terre, qui se retrouve, sans elles, dans les rivières lors de fortes pluies.
Une fois logés dans le lit du cours d’eau, les sédiments, la partie la plus riche en nutriment, vont relarguer de la matière organique. Et l’eau des rivières sera plus difficile à traiter par les usines d’eau potable. « Dans les zones de Bocage, 22 tonnes de sédiments par kilomètre carré par an filent dans la rivière », décrit Roald Harivel.
Flers agglo favorise donc les plantations de haies sur talus. Si un exploitant agricole décide de planter ce type de haies sur ses terres, cela ne lui coûtera rien. L’Agence de l’eau Seine-Normandie finance à hauteur de 80 % ; l’intercommunalité (Flers agglo ou Domfront interco) prend en charge 20 %. S’il décide d’opter pour une haie à plat, il devra débourser 10 % du financement, Flers Agglo participant à hauteur de 10 %.
Trouver des débouchés pour les haies
Roald Harivel a donc pour mission de remettre en place du bocage sur le bassin-versant du Noireau. Son poste étant financé à 50 % par l’agence de l’eau Seine-Normandie, à 30 % par l’Europe via des fonds de la Région et à 20 % par l’agglo, le technicien Bocage travaille une partie de son temps dans le pays de Tinchebray. Sur le bassin du Noireau, Roald Harivel a déjà obtenu la promesse de deux kilomètres de haies plantées. « Le contexte est favorable, avec les financements extérieurs. »
S’il insiste sur les bienfaits environnementaux des haies, ces arguments ne suffisent pas toujours. « Il faut mettre en avant, auprès des agriculteurs, que la haie rapporte du bois, affirme Omar Ayad, vice-président de Flers agglo chargé de l’environnement. Il faut militer pour un bois de Bocage que les collectivités et particuliers puissent utiliser de manière locale, pour développer la valeur économique de la haie. Il faut que les agriculteurs trouvent des débouchés pour les encourager dans cette voie. » Les haies promises seront plantées l’hiver prochain.
Contact pour les agriculteurs et les particuliers : rharivel@flers-agglo.fr et 06 02 11 40 66