|
Interdire les trajets courts en avion en France : des députés veulent lutter contre la pollution... |
1
Un avion décolle de l'aéroport Nantes-Atlantique, en décembre 2017. © FRANCK DUBRAY / OUEST-FRANCE
Un amendement à la Loi d’orientation des mobilités propose d’interdire les trajets en avion en France, là où un trajet similaire est possible en train. Objectif de ce texte, proposé par François Ruffin : lutter contre la pollution générée par la croissance du secteur aérien.
Comment freiner la croissance du transport aérien, un secteur particulièrement polluant ? Plusieurs députés Insoumis et écologistes suggèrent d’interdire purement et simplement les trajets en avion en France, sur lesquels le train est aussi rapide. Objectif affiché : favoriser les chemins de fer, bien moins polluants.
Un amendement à la Loi d’orientation des mobilités a été déposé dans ce sens par le député Insoumis François Ruffin. D’autres députés ont cosigné ce texte, chez les Insoumis mais aussi l’ancienne ministre de l’Écologie Delphine Batho, le député LREM Sébastien Nadot et le communiste Sébastien Jumel, rapporte Le Parisien. La loi sera examinée lundi 3 juin à l’Assemblée.
L'avion 50 fois plus polluant que le train
Le texte propose d’interdire les vols intérieurs en France, lorsque le train permet de faire le trajet dans un délai similaire. Par exemple, François Ruffin énumère sur son site les chiffres d’un Paris-Marseille. En avion, ce voyage émet 195 kg de CO2 par passagers, contre 4,14 kg pour un trajet en train, « soit près de 50 fois moins », assure le député Insoumis. Et le temps de trajet est similaire : 3 h pour le TGV et 1 h 30 de vol environ pour l’avion, auxquels il faut ajouter le temps d’attente, ainsi que les trajets pour rejoindre l’aéroport. Le constat est similaire sur un Nantes-Paris : une heure en avion et deux en train, 63,3 kg de CO2 par passager, soit 66 fois plus que pour un trajet en TGV…
Par ailleurs, François Ruffin propose de taxer les billets d’avion et le kérosène, dénonçant le fait que « le maintien sous perfusion de liaisons aériennes par les exonérations fiscales et autres aides publiques est un choix politique écologiquement et socialement injuste ». Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, Delphine Batho suggère également d’autres mesures, comme l’interdiction des publicités sur le transport aérien.