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Journée des droits des femmes : des mobilisations partout en France ce week-end face à la « montée des conservatismes »... |
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Des mobilisations sont prévues samedi 7 et dimanche 8 mars 2026 dans 150 lieux différents en France, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. (Ici, une mobilisation l contre les violences sexistes et sexuelles à Rennes, en Ille-et-Vilaine, le 23 novembre 2024). © MARC OLLIVIER / OUEST FRANCE
Près de 150 manifestations sont prévues ce week-end pour la Journée internationale des droits des femmes, dimanche 8 mars 2026. La poussée de l’extrême droite partout dans le monde, inquiète. Et mobilise. Solidarité internationale, liberté des femmes à disposer de leur corps et lutte contre les violences sont les autres mots d’ordre de la mobilisation.
Un village féministe à Redon ou Bourges, une balade revendicative à vélo à Saint-Nazaire, un repas partagé à Morlaix, une marche nocturne entre femmes à Metz, un concert de chœur de femmes à Nantes… Et, partout, des cortèges pour la Journée internationale des droits des femmes, dimanche 8 mars. Au total, 150 manifestations sont annoncées partout en France, samedi et/ou dimanche.
Une centaine d’organisations, syndicats et associations, appellent à se mobiliser ce week-end pour la liberté des femmes à disposer de leur corps, contre les violences mais aussi contre l’extrême droite. 60 % des smicards sont des smicardes
, dit aussi Myriam Lebkiri de la CGT, mobilisée pour l’égalité salariale, et la transposition d’une directive européenne sur la transparence des rémunérations.
Contre l’extrême droite
La montée des conservatismes
partout dans le monde préoccupe les associations et syndicats. L’extrême droite en expansion signifie un recul des droits pour toutes et tous, et notamment pour les droits des femmes
, alerte Anne Leclerc, membre du Collectif national pour les droits des femmes. Elle s’inquiète de la porosité entre l’extrême droite et les discours masculinistes
qui prospèrent sur les réseaux sociaux et trouvent un écho dans les têtes des jeunes adolescents, comme l’a encore montré le dernier rapport du Haut conseil à l’égalité. Ou le récent baromètre de la Fondation des femmes.
Le fameux backlash
, le retour de bâton après des avancées du côté des droits des femmes, trouve un terreau propice aux États-Unis. C’est un laboratoire
, met en garde Anne Leclerc. Dans ce contexte, le collectif Grève féministe appelle à la solidarité internationale
.
Au Planning familial, qui fête ses 70 ans, Sarah Durocher s’alerte aussi d’une grande offensive des mouvements anti-choix au niveau européens et en France
. Le droit à l’avortement, les droits sexuels et reproductifs restent des droits fragiles
, prévient-elle, inquiète des budgets en berne pour les associations de terrain.
Contre les violences physiques, sexuelles, psychologiques faites aux femmes et aux enfants, expression d’un « continuum de domination », les associations féministes réclament toujours l’adoption d’une « loi-cadre intégrale »
, transversale, signée par plus de 100 parlementaires. Il est temps de changer de braquet
, estime Suzy Rojtman, pour le Collectif national pour les droits des femmes.
Pas de Némésis dans les cortèges
À Paris, le collectif d’extrême droite Némésis n’aura pas sa place dans les cortèges. Des associations féministes avaient demandé au ministère de l’Intérieur d’interdire la participation de ce collectif identitaire, accusé « d’instrumentaliser » les luttes féministes « à des fins racistes ». Némésis organisera son propre rassemblement dans l’Ouest de la capitale, a indiqué la préfecture de Paris, afin de concilier la liberté de manifester et la sécurité de l’ensemble des publics
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