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L’Aigle. Le festival Jazz en Ouche est revenu mais avec deux fois moins de public... |
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Greg Zlap à fond le souffle avec sa quarantaine d’harmonicas qui l’accompagnent sur scène, pour des duos de rêve avec guitariste, batteur et bassiste. © Ouest-France
Greg Zlap en ouverture, suivi de 3 Kings, le blues a lancé Jazz en Ouche. La magie de la scène a gagné le cœur du public même si beaucoup ont sans doute eu peur du virus.
Que l’on soit tendance rock ou plutôt blues, en attente de mélodies, de textes engagés et rebelles, dans les bonnes vibrations du rock pionnier rockabilly, ou encore sur les traces de Sidney Bechet et John Coltrane, on a trouvé son bonheur au cours des soirées du 16 au 21 novembre ! Un 13e festival Jazz en Ouche, où il a fait bon retrouver des scènes et des salles bien vivantes.
Dans le respect des engagements pris en 2020 envers les artistes déjà programmés, la Ville a fait des heureux, les artistes ravis d’être attendus à L’Aigle, car toutes les villes n’ont pas pu honorer les contrats passés. La bonne vieille salle de Verdun, encore debout et vide, a dû « pleurer des rivières » (ça se fait dans le blues) et s’est fait regretter.
« Les chiffres parlent d’eux-mêmes »
Mais comme l’indiquait avec philosophie Olivier l’un des techniciens, « beaucoup d’allées et venues entre Rai, L’Aigle et Aube pour installer le matériel, mais l’une des qualités du festival Jazz en Ouche est sa nature nomade. Habitués à transporter le matériel ici ou là , puisque ça change tous les ans, nous avons été bien accueillis par les communes partenaires. »
Pour Myriam Legendre, du service culturel de la Ville, « les chiffres parlent d’eux-mêmes, 250 entrées à Greg Zlap, 132 pour 3 Kings, 161 pour Swing Vandals, 202 pour Sanseverino, 64 pour Night’s Cats, 124 au concert de clôture avec les écoles de musique et Pierre Bertrand Sextet, les entrées sont de moitié par rapport aux jauges des autres années, comme si le public s’était protégé et restreint de lui-même ! »
La crainte de résurgence de contamination a pesé sur les esprits et le public habituel a appliqué à sa manière les gestes barrière en se privant de spectacle. Quoi qu’il en soit, cela n’enlève rien à la réussite de cette année de reprise, le public était majoritairement masqué (plutôt dans les petites salles qu’à Do Rai Mi). Et partout on a pu sentir l’envie d’applaudir, rappeler, et prolonger en côtoyant les artistes aux signatures d’albums, et selfies souvenirs. En somme une ambiance festival qui se remettait en douceur de son année d’interruption. En appréciant tout autant le talent des artistes, au combien heureux eux aussi de la reprise des scènes et du direct.
Les belles soirées d’une semaine de Jazz en Ouche
Un passe festival, à 60 €, permettait de s’offrir une semaine de musique. Mardi et premier soir, dans la grande salle Do-Rai-Mi, un public intergénérationnel, même en famille (avec bouchons d’oreilles) s’est pressé pour applaudir Greg Zlap.
Toute la musique qu’il aime, « elle vient de là elle vient du blues ». L’élève de Jean-Jacques Milteau enchaîne solos endiablés à l’harmonica, et duos subtils avec ses musiciens. Quand la salle se lève pour danser, Greg finit parmi le public dans l’énergie partagée.
Mercredi, la salle de Saint-Michel-Thubeuf est comble, et le blues de 3 Kings comble aussi les puristes et dingues de blues qui se laissent emporter par l’histoire d’Albert, Freddie et BB King, et la musique sonne !
Jeudi à la Grange Villeron de La Ferté-en-Ouche, le public venu pour Swing Vandals, se fait plaisir. L’aventure rythmique chaloupée et méditerranéenne présentée par une voix féminine plaît beaucoup.
Vendredi à Aube, Sanseverino fait salle comble. Sonorités guitare manouche ne sont jamais loin dans ce solo tantôt rageur ou plein d’humour où les textes de François Béranger reprennent vie. L’artiste propose « lâchez vos téléphones, pas besoin de me filmer, on est là tous ensemble, il n’y a qu’une chose à faire, partager ! » Et ça marche.
Samedi à la salle de la mairie la conférence d’Alain Siard avec son complice Richard Deltour pour les montages et arrangements fait la part belle au rythm’n blues, en découvrant des pépites d’avant les années 55 ; le boogie-woogie joyeux et apprécié de Night’s Cats prendra le relais.
Samedi soir, au Silo de Verneuil, transformé en boîte de jazz, c’est la fête du saxophone soprano, dans le vibrato et la vitalité du quartet d’Émile Parisien.
Dimanche, à Do-Rai-Mi, la clôture tout en cuivres, assurée par le concert de L’Eagle Mega Band des écoles de musique des environs de L’Aigle en première partie et le sextet inspiré du maestro Duke Ellington, de Pierre Bertrand Sextet, a permis de voyager.