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L’association Environnement autrement vent debout contre un projet éolien à Écouché-les-Vallées... |
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Les membres de l’association Environnement autrement lors de leur réunion publique contre le projet d’éoliennes de Loucé. © Ouest-France.
C’est dans la salle Notre-Temps d’Écouché-les-Vallées (Orne) que l’association Environnement autrement a organisé sa première réunion publique, samedi 11 janvier 2025. Au programme : l’implantation de quatre éoliennes portées par le promoteur belge Elicio.
À l’invitation de la nouvelle association Environnement autrement, des élus, citoyens et militants étaient présents à la salle Notre-Temps, samedi 11 janvier 2025, à Écouché (Orne), pour échanger sur les enjeux environnementaux, patrimoniaux et économiques d’un projet de parc éolien qui suscite de vives oppositions.
Un projet qui divise
Tout a commencé il y a quelques semaines avec l’installation d’un mât de mesure dans un champ, à Loucé. Une initiative découverte par hasard par Sylvain Maline, président d’Environnement autrement : « Ce projet avance sans transparence. Il est de notre devoir de mobiliser la population pour qu’elle fasse entendre sa voix. »
Louis Hamel, maire délégué de Loucé, partage ces préoccupations : « La mairie d’Écouché-les-Vallées a exprimé son refus catégorique, mais il semble que cela ne suffise pas. »
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Un territoire déjà saturé
Un élu nous confie : « Ces projets sont souvent allemands ou belges. Ceux-ci montent des dossiers dans beaucoup de territoires sans réfléchir. Ce qui importe pour eux, c’est de signer des contrats pour des éoliennes souvent fabriquées en Chine. »
Avec 80 % des éoliennes de l’Orne concentrées dans le secteur de Terres d’Argentan, l’association dénonce aussi une concentration excessive de sites sur le territoire. Et des projets qui poussent de tous les côtés : dix promoteurs pour douze projets en cours de constitution dans la région.
Patrimoines et environnements en danger
L’impact environnemental et patrimonial est également au cœur des préoccupations. « L’église de Loucé a reçu des subventions de l’État pour sa restauration, il serait incompréhensible que ces travaux soient détériorés par des éoliennes subventionnées par des ressources publiques. N’oublions pas aussi le château de Beaurepaire : avec des pales à proximité, tout le paysage environnant serait défiguré », s’inquiète Aurore Vimbert, militante de l’association.
Une autre adhérente, Laurraine Gabard, enchaîne : « Les inquiétudes sur les nuisances sonores et visuelles sont réelles, de même que l’impact sur la faune locale et notamment pour les oiseaux et chauves-souris qui meurent ou partent de ces lieux leur étant devenus infréquentables. »
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Des promesses économiques remises en cause
Sur le plan économique, Sylvain Maline reste sceptique : « Ces éoliennes ne fonctionnent qu’à 20-25 % de leur capacité. Les promesses de retombées économiques sont floues pour le contribuable, contrairement à celles pour les promoteurs. »
Mobilisation en cours
« C’est une bataille sur le long terme, admet Sylvain Maline, bien décidé à mobiliser les citoyens. C’est une première réunion et croyez-moi, ce n’est sûrement pas la dernière ! »