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La boulangerie de Chanu mise en vente, la mairie prête à investir... |
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« Chez nous, tout est fait maison, pas de congelé », se plaît à dire l’artisan. © Ouest-France
L’âge de la retraite arrive pour Philippe et Lydie Cordier, les seuls boulangers-pâtissiers de Chanu, dans l’Orne. Ils voudraient profiter d’une retraite bien méritée, le fonds est mis en vente.
Philippe Cordier a plus de 62 ans, il est pâtissier depuis quarante-six ans, En qualité d’apprenti, d’ouvrier et d’artisan, il a arpenté la région parisienne et la Normandie. Cela fait dix ans qu’il est installé à dans le bourg.  Quand j’ai acheté le fonds, c’était une affaire à la traîne, mon prédécesseur était malade et nous avons remonté le commerce.Â
Il y a des endroits où Philippe et Lydie Cordier se sont moins plu.  Nous ne regrettons pas cet achat, ici nous sommes bien, mais la retraite arrive, nous avons déjà pas mal bossé donc nous voulons nous arrêter et profiter.Â
Un commerce qui conviendrait à un pâtissier
Le commerce fonctionne bien, l’emplacement est idéal. Le couple a fait des travaux, les fours sont remplacés. Son employé est boulanger. « J’ai un très bon ouvrier. C’est à lui que j’ai proposé le fonds en premier. Il a décliné mon offre, mais, si c’est vendu, il est prêt à rester », assure Philippe Cordier.
Le fonds a été mis en vente, il y a un peu plus d’un an.  Nous avons eu quelques touches, mais ça n’a pas abouti. Il faut quand même un apport,
plaide l’artisan. Déjà , il y a très peu de demandeurs pour s’installer et les banques sont frileuses.Â
Et de déplorer :  Il n’y a pas d’aide directe pour que les gens s’installent.Â
La commune prête à investir
Contacté, le maire, Michel Legalle, souhaite bien entendu une continuité.  C’est indispensable d’avoir une boulangerie dans la commune. Nous avons tous les commerces de bouche. Si la boulangerie disparaît, elle peut faire disparaître d’autres commerces.Â
Pour aider à ce qu’une vente se fasse,  nous pourrions, nous commune, acquérir les murs. Ensuite, un loyer serait mis en place. Cela peut être une solution pour arranger un acheteur, d’autant qu’il y a l’habitation.Â
Le bonus pour la retraite, l’aboutissement du travail d’une vie
Ce fonds, Philippe et Lydie Cordier l’ont acheté et l’ont remonté.  On aimerait bien partir aussi avec un pécule, ce ne serait pas à la valeur réelle du fonds. Je me dis que nous allons réussir à vendre l’année prochaine. Nous ne nous sommes pas donnés de limite pour arrêter, mais je n’irai pas jusqu’à 70 ans.Â
À partir du 1er janvier, la boutique sera fermée deux jours par semaine, le lundi et le mardi.  Je suis à la retraite au 1er décembre, mais je peux continuer mon entreprise. Rester encore un an à un an et demi, mais pas au-delà . Et puis, il y a la fatigue. Je me lève encore le dimanche matin à 2 h 30.Â
Arrivé midi, je suis rincé. Je sens bien que les années me pèsent, à un moment on a envie de décrocher.Â