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La dentelle au Point d’Alençon fête ses 10 ans de label Unesco... |
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L’association La dentelle au Point d’Alençon fête les dix ans de l’inscription du savoir-faire des dentellières au patrimoine immatériel de l’Unesco, lundi 16 novembre 2020. © OUEST-FRANCE
Le savoir-faire de la dentelle au Point d’Alençon a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco le 16 novembre 2010. Une reconnaissance qui permet de préserver les secrets de fabrication et de continuer à faire rayonner la dentelle d’Alençon partout dans le monde.
Le 16 novembre 2010, le savoir-faire de la dentelle au Point d’Alençon était inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Dix ans plus tard, l’association La dentelle au Point d’Alençon publie un recueil de motifs floraux, accompagnés de poèmes sur le même thème, pour marquer l’événement.
Qu’est-ce que le Point d’Alençon ?
C’est une dentelle à l’aiguille, par opposition à la dentelle au fuseau, née au milieu du XVIIe siècle. Une dentelle d’hiver, donc. « Sous l’Ancien régime, quand on allait à la cour, on portant de la dentelle à fuseau l’été et de la dentelle à l’aiguille l’hiver, explique Isabelle Ivon, vice-présidente de l’association La dentelle au Point d’Alençon et doctorante sur la dentelle à l’université de Caen. Cela faisait partie des codes. »
« La dentelle d’Alençon était un bon moyen de montrer sa richesse, car c’était la plus coûteuse, la plus précieuse », ajoute Marie-Noële Charuel, présidente de l’association depuis dix ans. Elle est effet très longue à exécuter : il faut sept heures pour réaliser un centimètre carré. « On se ruinait, on vendait des terres pour notre dentelle », s’enorgueillit Marie-Noële Charuel.
Qu’est-ce qui est inscrit à l’Unesco ?
Ce qui est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, c’est le savoir-faire des dentellières. « La dentelle au Point d’Alençon est uniquement transmise par oralité, répétition et transmission du geste », rappelle Brigitte Lefebvre, vice-présidente. Elle a été dentellière pendant 44 ans. Le label de l’Unesco assure la préservation de ce Point et de son secret de fabrication, afin qu’il reste dans la mémoire collective.
Qui fait le Point d’Alençon aujourd’hui ?
En 1665, la dentelle au Point d’Alençon faisait vivre plus de 8 000 personnes à Alençon et alentours (Sées, Falaise, Mortagne-au-Perche…). Aujourd’hui, neuf dentellières sont en activité à l’Atelier national du Point d’Alençon. « Il y a des dentellières à la retraite, aussi, souligne Marie-Noële Charuel. Certaines ont plus de 80 ans. Il était urgent de recueillir leurs souvenirs. » Une captation a été réalisée par la compagnie Les Ouranies Théâtre. Le résultat, une vidéo immersive en 3D, va être mis à disposition du musée des Beaux-arts et de la dentelle.
Qu’est-ce que ce label a changé depuis dix ans pour le point d’Alençon ?
« Ça nous a donné beaucoup de devoirs », s’exclame Marie-Noële Charuel. Un travail de tri des archives, notamment, pour faire honneur à la nouvelle aura de la dentelle d’Alençon. Pour contribuer au rayonnement du Point d’Alençon, et marquer le dixième anniversaire du label Unesco, l’association publie un recueil des différents motifs floraux, accompagnés de poèmes sur le même thème. Dès la fin du confinement, le livre sera en vente 30 € au musée, à l’office de tourisme d’Alençon et à la librairie le Passage.