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La Floride gèle, les iguanes tombent des arbres... |
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Un iguane givré rapporté le 2 février à la FWC, l’administration qui a organisé leur liquidation. © Cristobal Herrera-Ulkshevich, EPA
Les autorités locales du sud des États-Unis ont profité du froid extrême pour improviser une chasse à cette espèce invasive, qui ravage les écosystèmes.
Les photos de la « pluie d’iguanes verts » de Floride ont fait le tour d’Internet en ce début février. Et pour cause : le spectacle est assez rare. Pour qu’il se produise, il faut que la température chute sous 4 °C et paralyse le système nerveux des reptiles à sang froid (qui vivent perchés à plusieurs mètres) et les fasse choir. Ce qui est arrivé dans la nuit du 31 janvier au 1er février, quand la masse d’air polaire déferlant sur l’est des États-Unis est venue lécher le golfe du Mexique. Il a fait 1,7 °C dans le sud de la péninsule, température la plus glaciale depuis 2010.
Les grands lézards n’avaient pas vu le coup venir. Les autorités, si ! La Commission pour la conservation de la faune et de la flore de Floride (FWC) a publié un décret valable deux jours – une première dans l’histoire locale – autorisant les habitants à ramasser les bestioles et surtout à les transporter, ce qui est habituellement prohibé.
Les habitants devaient les emballer dans un sac en tissu, permettant leur respiration, et les apporter dans les antennes de la FWC, où l’on se chargerait de les zigouiller « humainement », rapporte le Miami Herald. La région n’avait pas connu ce niveau de froid depuis des années. On en profite pour éliminer cette espèce invasive du paysage »,
expliquait Shanon Knowles, porte-parole de la FWC.
Il a échappé à ses maîtres et à tout contrôle
C’est que l’iguane est devenu une plaie du sud de la Floride. Introduit comme animal de compagnie dans les années 1960, il a échappé à ses maîtres et à tout contrôle : plus d’un million d’individus boulottent le nickerbean, un arbuste appelé « z’yeux de chatte » aux Antilles. C’est l’habitat du papillon bleu de Miami, espèce très menacée.
Selon le journal, 5 195 iguanes givrés ont été livrés à la FWC. Mais les habitants en ont liquidé beaucoup plus. Le Washington Post rapporte le témoignage de Ryan Izquierdo, 27 ans, qui a transformé des iguanes en appâts pour la pêche et en garniture de pizzas, le gros lézard portant aussi le surnom de « poulet des arbres ».
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