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La Gaule alençonnaise à la pêche aux déchets... |
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Répondant à l’appel de la gaule alençonnaise, une douzaine de personnes ont nettoyé les berges de la Sarthe, samedi 23 septembre 2023, à Alençon. © Ouest-France
Une douzaine de membres de l’association de pêche d’Alençon (Orne) sont partis, samedi 23 septembre 2023 au matin, à l’assaut des déchets abandonnés sur les berges de la Sarthe. Au menu : surtout du plastique et des cannettes.
« Allez vas-y ! Envoie le café », commande avec un sourire Samuel, gérant de société âgé de 43 ans, en s’approchant d’une petite table de camping dépliée sur laquelle trônent deux sacs en papier gonflés de viennoiseries. Juste à côté, près du générateur qui crachote tant bien que mal pour alimenter la cafetière électrique, une demi-douzaine de poubelles vides attendent sagement. « Demain, je me lève à 4 heures. Je vais à une compétition de pêche au coup de l’autre côté de Flers », détaille le voisin de Samuel.
Il est un peu plus de 8 h du matin, ce samedi 23 septembre, sur le parking situé en contrebas du parc de la Providence, à Alençon. Il fait un peu frais sur les bords de Sarthe en ce premier jour d’automne.

Le niveau de la rivière étant monté à cause des pluies de ces derniers jours, l’exercice peut s’avérer un brin périlleux. Ouest-France
« J’espère que l’eau ne va pas être trop froide. Vous avez vu comment elle est montée en quelques jours », s’inquiète Joaquim Pintassilgo, président de la Gaule alençonnaise à l’origine d’une opération qui consiste à collecter les déchets qui se trouvent sur les rives du cours d’eau. Cela faisait près de 8 ans que l’association n’avait pas pris cette initiative. La mission que s’apprête à mener la douzaine de personnes réunies au bord de la rivière va donc s’avérer plus difficile que prévu car la météo de ces derniers jours est venue jouer les troubles fêtes.
« C’est un peu désolant »
« Normalement, le cours d’eau devait rester bas jusqu’au 15 octobre. C’est une décision qui avait été prise pour permettre aux riverains de la rivière de faire des travaux sur leurs murs ou leurs clôtures. Mais la pluie a fait remonter l’eau d’au moins un mètre. Ça va être plus difficile », constate le président.
Cela ne va pourtant pas empêcher le petit groupe d’arpenter les berges pendant un peu plus de deux heures pour en retirer les déchets qui s’y trouvent. « L’idée, c’est de se retrouver ensemble pour un moment convivial et d’enlever le maximum d’ordures, détaille Cyril, 42 ans. Je trouve que c’est de plus en plus sale. Quand on aime la rivière et qu’on voit ça, c’est un peu désolant. »
« Moi c’est carpe, lui c’est carnassier »
Alexandre, 13 ans, et son copain Louka, d’un an son aîné, sont venus se joindre au groupe. « On s’est dit que c’était bien de nettoyer nos coins de pêche. Moi je suis plutôt pêcheur de carpe. Lui, c’est davantage les carnassiers », précise le plus jeune.
En bottes et waders (tenue de pêcheur étanche qui monte jusqu’à la poitrine), le petit groupe s’élance à l’assaut de la rivière. Tablette numérique, pied de parasol et ordures en tout genre remplissent progressivement les poubelles qui seront ensuite vidées dans un container mis à leur disposition par la ville. « Il n’y a pas pire que les mégots et le polystyrène », pointe Joaquim Pintassilgo.

Les canettes de boisson et les morceaux de plastiques constituent la majorité des déchets récoltés. Ouest-France
Il est 11 h 30. C’est l’heure du bilan. Plusieurs dizaines de kilos de déchets ont été collectées. Le plastique et les cannettes forment le plus gros de la troupe. On y trouve également quelques pneus, un vieux fusil rouillé, quatre portables, des morceaux de voitures, un hublot de fenêtre de toit, des couvertures, des bouts de métaux en tout genre. « C’est dommage qu’on soit si peu nombreux. Et que la rivière soit à ce niveau sinon on aurait davantage de déchets », conclut le président qui réfléchit déjà à organiser une deuxième matinée de nettoyage avant que la rivière ne reprenne son niveau habituel. Avis aux amateurs !