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La polémique. Les trois arbres du centre bourg de Ciral bientôt déplacés... |
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Les sophoras plantés dans le bourg de Ciral (Orne), en 2015, par l’ancienne municipalité en passe d’être déplacés par la municipalité élue en 2020. © Ouest-France
Les explications de Martine Voltier, maire de Ciral (Orne) depuis 2020, ne convainquent pas le collectif de citoyens à l’origine de la pétition pour le maintien des sophoras plantés en 2015 par l’ancienne municipalité.
Les sophoras, plantés par des élèves du village en 2015 dans le bourg de Ciral (Orne), continuent de semer le trouble dans la commune. En novembre 2020, un premier arbre a été arraché pour laisser la place à un sapin de Noël, illuminé le soir pour agrémenter le centre du village. Ce qui n’a pas du tout été du goût de citoyens qui se sont regroupés en collectif pour protester.
Dans un premier temps, ils ont rappelé que ces arbres ont été plantés en 2015 par le paysagiste du bourg, grâce à des financements publics, avec les enfants de l’école de la commune, dans le cadre de leur projet d’école en lien avec la cop21 de 2015 : quatre arbres pour les quatre éléments. Le choix des arbres avait été réfléchi et fait en fonction de ses qualités mellifères.
La pétition recueille 236 signatures
La pétition a recueilli 236 signatures que le collectif a remises à Martine Voltier, maire depuis les dernières élections. L’élue a tenu à répondre à ses concitoyens par le biais du journal municipal distribué en janvier : « Le sophora japonica peut atteindre vingt à vingt-cinq mètres de hauteur et une envergure de dix à quinze mètres. Il s’avère que cette essence fait courir à court terme des risques aux bâtiments et à toutes les surfaces minéralisées de son environnement proche ».
Ce à quoi le collectif répond : « Un coffrage cubique de 1,5 m de profondeur a été installé en 2015. Il permet d’éviter un déploiement horizontal des racines et donc de détruire le bitume ou les réseaux. Pour ce qui est de l’emprise, ces arbres comme tous les autres se taillent et pas à la pelleteuse… Il suffit de les tailler tous les ans ou tous les deux ans, selon une information recueillie auprès d’un paysagiste ».
« Un lieu plus propice »
La mairie précise : « Le développement des arbres nuirait à la diffusion de la lumière, du réverbère, voir endommagerait son électrification ». Et la mairie ajoute : « Il faut donc prévoir de déplacer les autres sophoras vers un lieu plus propice ».
Le collectif a recueilli les avis de professionnels (Aire & Geo, cabinet d’aménagement, Chapron Travaux public et LM paysage) qui ont réalisé les travaux d’aménagement du bourg, en 2015, et tient à préciser : « Nous rappelons que le premier déplacement a conduit à la mort de l’arbre en l’abîmant à sa base lors de l’arrachage et en le laissant à l’air libre racine à nu. Nous sommes donc inquiets si la mairie envisage de les déplacer. À ce stade de croissance, l’issue ne peut être que la mort ».
En tout état de cause, ces arbres n’ont pas fini de faire parler d’eux.