|
La situation de l’hôpital d’Argentan, vue par la CGT : « On n’est pas les pires, mais il manque quelques médecins »... |
1
Muriel Duval travaille dans la fonction publique hospitalière depuis vingt ans. Et depuis 2012 à l’hôpital d’Argentan, où elle est désormais responsable syndicale CGT. © Ouest-France
En marge du mouvement national de grève qui a réuni 70 personnes à Argentan (Orne) ce mardi 2 décembre 2025, Muriel Duval, responsable de la section CGT à l’hôpital Fernand-Léger, évoque la situation de l’établissement.
En marge du mouvement national de grève qui a réuni 70 personnes à Argentan (Orne) ce mardi 2 décembre 2025, Muriel Duval, responsable de la section CGT à l’hôpital Fernand-Léger, a évoqué la situation de l’établissement.
Entretien avec Muriel Duval, 60 ans, responsable CGT à l’hôpital d’Argentan.
« En France, l’hôpital public est à bout de souffle » avez-vous alerté lors du mouvement national, mardi. Qu’en est-il de l’hôpital local ?
Dans l’Orne, il y a pire… Il suffit de regarder la situation de nos collègues d’Alençon. On nous a néanmoins annoncé une dégradation de la situation budgétaire, car nous n’avons plus certaines aides de l’État que nous avions précédemment reçues dans le cadre du Ségur de la Santé. Des budgets ont donc été revus à la baisse. Et on nous a demandés en CSE des idées pour essayer d’améliorer la situation.
Par exemple ?
Dans le service gastro-entérologie, on n’a pas accès à ce qu’il faudrait comme salle de bloc opératoire pour faire des examens sous anesthésie. Ce qui fait qu’on a une liste d’attente phénoménale : actuellement on en est à mai voire juin 2026. Ceci dit, dans la région, plein d’hôpitaux n’ont pas ou plus de service gastro, ce qui fait qu’on a des patients de Flers, d’Alençon, de Falaise, de L’Aigle, et même des environs de Caen et de l’Eure.
Comment cela s’explique-t-il ?
C’est qu’à Argentan, nous avons trois médecins en gastro, la quatrième devrait bientôt revenir. Mais ça ne suffit même pas, car la majorité des patients souhaitent être endormis pour leurs examens, ce qui explique ces longs délais. Dans le cadre d’un partenariat avec les hôpitaux de Flers et d’Alençon, il y a un an nous avons ouvert un plateau hépatobiliaire qui permet de réaliser des examens jusqu’alors faits qu’à Caen. Alors ça draine du monde… mais ça rallonge les délais.
Que manque-t-il pour que ça aille mieux à l’hôpital Fernand-Léger ?
On n’est pas les pires, loin s’en faut. On a notamment une direction qui est à l’écoute, c’est important. Mais il manque quelques médecins, notamment deux en pneumologie, en cardiologie. En ophtalmologie, les délais sont encore longs : certes des médecins sont arrivés mais certains ne restent pas, il y a du turn-over.