|
Le ministre de la Justice demande le retour à l’isolement du braqueur multirécidiviste Rédoine Faïd... |
1
Le garde des Sceaux demande le maintien de Rédoine Faïd en isolement. © Benoit PEYRUCQ / AFP
Après douze ans d’isolement, Rédoine Faïd, emprisonné dans la nouvelle prison de Condé-sur-Sarthe (Orne), était sorti d’isolement le 6 octobre 2025. Le garde des Sceaux a demandé ce mercredi 26 novembre 2025 à ce qu’il y soit à nouveau placé.
« Le roi de la belle » pourrait bientôt être de retour en isolement. Depuis le 21 août 2025, Rédoine Faïd est incarcéré au centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe (Orne), qui vient d’ouvrir son premier quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO).
Ce détenu particulièrement signalé (DPS) purgeait déjà des peines pour des braquages, dont l’un avait coûté la vie à une policière municipale, et pour une précédente évasion de la prison de Lille-Sequedin en 2013. En octobre 2023, « le roi de la belle » a été condamné à 14 ans de réclusion criminelle pour son évasion par hélicoptère de la prison de Réau (Seine-et-Marne) le 1er juillet 2018.
« Une détérioration de son état de santé physique et psychique »
Âgé de 53 ans, Rédoine Faïd a demandé la levée du régime d’isolement, qu’il subit depuis cinq ans qui entraînerait une  détérioration de son état de santé physique et psychique causée par un isolement sensoriel et social ».
Lundi 6 octobre 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Caen (Calvados) avait levé la mesure d’isolement du braqueur multirécidiviste, suspendant ainsi l’exécution de la décision du 3 septembre 2025, par laquelle Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, prolongeait son placement à l’isolement de trois mois.
Le ministre de la Justice souhaite le maintien de l’isolement
Mais le ministre de la Justice est revenu devant le Conseil d’État, ce mercredi 26 novembre 2025, pour demander l’annulation de cette ordonnance. Le rapporteur public a estimé que les conditions  inhumainesÂ
dénoncées par Rédoine Faïd, notamment le manque de lumière et les parloirs derrière un hygiaphone, dataient de son incarcération à prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), mais ne sont pas en vigueur pas à Condé-sur-Sarthe, où il séjourne désormais.
Si  deux rapports (en juillet 2025) ont fait état d’une dégradation de son état de santé et de la prise d’un médicament antidépresseur,
note le rapporteur, il n’y a pas de tableau dépressif avéré ».
Il insiste sur les motivations de la demande de maintien en isolement. Selon lui, il faut considérer « la dangerosité, la vulnérabilité de la personne détenue, mais aussi la sécurité de l’établissement et de ses agents
 ».
Lire aussi : EN IMAGES. Voici où seront incarcérés les détenus narcotrafiquants à la prison de Condé-sur-Sarthe
Puis il précise les conditions de l’isolement, qui n’est pas  une mesure disciplinaire. La personne est seule en cellule, conserve ses droits à la visite, d’écriture, d’exercice du culte mais ne peut participer aux promenades collectives et activités sauf autorisation donnée par le chef de l’établissement pénitentiaire qui organise dans la mesure du possible une heure quotidienne de promenade à l’air libre et la possibilité de consulter le médecin deux fois par semaine.Â
Le rapporteur public demande donc l’annulation de l’ordonnance, en tant qu’elle suspend la mesure d’isolement et le rejet de la demande de Rédoine Faïd. Le Conseil d’État rendra sa décision dans les prochaines semaines.