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Mohamed Amra est arrivé cette nuit à la prison de Condé-sur-Sarthe pour y être incarcéré... |
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La prison de Condé-sur-Sarthe a accueilli Mohamed Amra cette nuit. © Ouest-France
Le narcotrafiquant en cavale depuis la fusillade mortelle au péage d’Incarville (Eure), arrêté en Roumanie samedi, est arrivé à la prison de haute sécurité d’Alençon-Condé-sur-Sarthe (Orne) à 2 h 10 dans la nuit de mardi 25 à mercredi 26 février 2025. Mohamed Amra sera placé à l’isolement.
Vu de la voie publique, l’hélicoptère transportant l’homme le plus recherché de France s’est résumé à deux lumières vertes et rouges et au bruit de ses pales. Le narcotrafiquant Mohamed Amra est arrivé à la prison d’Alençon-Condé-sur-Sarthe (Orne) pour y être incarcéré, à 2 h 10 dans la nuit de mardi 25 à mercredi 26 février 2025. L’appareil s’est visiblement posé dans l’enceinte du centre pénitentiaire, à l’abri des regards et à distance des quelques journalistes présents.
Les équipes pénitentiaires étaient mobilisées depuis le soir pour l’arrivée de ce détenu très particulier. « Une grosse partie des effectifs est restée sur place cette nuit en plus des équipes de nuit », confirme une source proche du dossier. C’est le GIGN (Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale) qui a déposé le détenu, avant de repartir à 2 h 30.
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Mohamed Amra était en cavale depuis le 14 mai 2024 après son évasion lors d’un transfert pénitentiaire. Deux surveillants pénitentiaires avaient trouvé la mort lors d’une sanglante fusillade au péage d’Incarville (Eure). Il a été interpellé samedi 22 février à Bucarest, en Roumanie et a été remis à la France ce mardi 25 février 2025. Un vaste coup de filet a dans le même temps permis l’interpellation d’environ vingt-cinq personnes, en France, en Espagne et au Maroc. Vingt-deux sont toujours en garde à vue.
Mis en examen mardi soir
Mohamed Amra est arrivé en France ce mardi 25 février dans la soirée, avant d’être présenté aux magistrats instructeurs de la Junalco (Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée) puis à un juge des libertés et de la détention, au tribunal de Paris. Le parquet de Paris précise à l’AFP que l’homme a « gardé le silence devant le juge d’instruction ».
Il a été mis en examen pour meurtres, tentative de meurtres, évasion, vol et recel de vol, le tout en bande organisée, ainsi que pour association de malfaiteurs, puis le magistrat a décidé de son placement en détention provisoire. Il sera mis à l’isolement à la prison de haute sécurité.
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Condé pourrait accueillir 100 narcotrafiquants
Quelques heures avant son retour en France, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, avait demandé que celui que l’on surnomme La Mouche soit mis à l’isolement et incarcéré dans une prison « de très haute sécurité ».
Des prisons avec un tel profil, il n’y en a pas cent en France. Deux affichent des niveaux de sécurité très élevés : celle de Vendin-le-Vieil, dans le Nord, et sa jumelle d’Alençon-Condé-sur-Sarthe, dans l’Orne, visitée il y a une semaine par ce même ministre alors qu’il doit décider quel établissement pénitentiaire va accueillir les 100 plus gros narcotrafiquants de France, d’ici le 31 juillet 2025.
Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a, lui, assuré sur X que Mohamed Amra serait « incarcéré sous haute surveillance. Il devra répondre de ses actes. Aucun narco-criminel ne sera en sécurité, où qu’il se cache ! »
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Grâce à la mobilisation totale des services du ministère de l’Intérieur, notamment des enquêteurs, et à une coopération internationale efficace, Mohamed Amra est de retour en France et incarcéré sous haute surveillance. Il devra répondre de ses actes. Aucun narco-criminel ne sera…
— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) February 25, 2025
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Un établissement taillé pour un public difficile
L’établissement d’Alençon-Condé, qui a accueilli ses premiers détenus en janvier 2013, est taillé pour un public difficile. Le centre pénitentiaire compte trois quartiers de quatre niveaux chacun, avec dix-sept cellules par niveau, soit 249 places. Toutes individuelles. Les murs d’enceinte qui enserrent les bâtiments sont hauts de 8 à 12 mètres, alors qu’ils font ailleurs plutôt 6 m. Tout est sectorisé, les promenades sont échelonnées pour que les détenus des différents niveaux ne se croisent pas.
Le personnel sait ce que c’est que d’encadrer des publics difficiles. Les murs ont déjà accueilli plusieurs détenus tristement célèbres : Youssouf Fofana, Tony Meilhon ou encore Redoine Faïd, pour ne citer qu’eux. La prison compte aussi un quartier de prise en charge de la radicalisation.
Source : Maville.com